Cette anecdote intéressante puisée dans le livre de «Catherine Chatignoux & Renaud Honoré. « L’Europe au banc des accusés. »
En mai 2013, Bruxelles annonce des importantes – mais provisoires – taxes douanières sur l’importation de panneaux solaires chinois, puis l’ouverture imminente d’une procédure contre deux joyaux technologiques chinois, les équipementiers télécoms Huawei et ZTE. Chaque fois, les mêmes soupçons que ces entreprises vendent à perte et bénéficient de subventions publiques. »
Cette épreuve de force avec Pékin a échoué et « Bruxelles a préféré résoudre son conflit sur le solaire par une solution négociée avec Pékin, sans droits de douane dissuasifs. Tout le contraire des Etats-Unis qui avaient, eux, imposé des taxes importantes sur le même cas».
Quels sont les raisons de cet échec :
- Désaveux des états membres. « Dans ce genre de bataille commerciale, Bruxelles a l’initiative, mais elle doit ensuite obtenir l’assentiment des Etats. Sur les panneaux solaires, elle a été complètement lâchée par ses troupes : » or « sur 27 Etats membres, 18 ont voté en mai 2013 contre les fortes taxes douanières que proposait Bruxelles ! « L’intérêt commun tend à disparaître. Nous avons maintenant vingt-huit Etats membres qui ont chacun leur projet et qui se fichent de ce qui se passe chez les voisins », regrette, amer, un ancien haut responsable de la direction générale du Commerce à la Commission. Les panneaux solaires chinois ne sont, en l’espèce, pas un cas isolé. »
- Refus des entreprises européennes de collaborer : « …..Il y a d’abord les entreprises européennes elles-mêmes, qui n’ont pas forcément beaucoup d’allant pour aller guerroyer contre la Chine ou un autre pays émergent. Leur collaboration est pourtant très souvent indispensable pour constituer un dossier crédible et étayé devant l’OMC contre les pratiques anticoncurrentielles d’entreprises de pays tiers. Mais tout cela prend du temps et demande de l’énergie. Et puis, est-ce que cela vaut vraiment la peine d’irriter Pékin en ouvrant un front commercial, alors qu’il y a tant de business à faire en Chine.»
Par conséquent, ce n’est pas Bruxelles qui a manqué de volonté mais les états membres qui sont trop divisés. Il faut plus d’Europe pour surmonter les divisions entre états-membres.