Archives pour la catégorie L’Europe

Après le référendum écossais et les élections de 2015 quel avenir pour le Royaume-Uni

La maison de l’Europe de Seine-Maritime organise une conférence sur le thème « Après le référendum écossais et avant les élections de 2015, quel avenir pour le Royaume-Uni« .

Cette confémde_76rence sera animée par James SPENCE, Directeur Honoraire de la Commission Européenne et professeur à Sciences PO et se tiendra le mardi 9 décembre dans les salons de la Mairie de Sainte-Adresse (1 rue Albert Dubosc).

Venez nombreux.

sortie de l’euro : un saut sans parachute !

euroUn récent sondage indiquait que plus de 85% des français ne font pas confiance au gouvernement pour rétablir la situation économique du pays.
Effectivement le gouvernement apparaît tétanisé par l’ampleur de la crise et prisonnier du discours économique, démagogique, du candidat Hollande et de la gauche avant 2012.
Il fait des annonces, dont certaines vont dans le bon sens, mais aucune mesure économique concrète n’est appliquée depuis 2 ans et 6 mois.
Le débat politique devient surréaliste quand des députés frondeurs demandent le changement d’une politique qui n’est qu’annoncée sans être jamais appliquée !

Face à ce désarroi des français, à l’incapacité du gouvernement, l’extrême droite comme l’extrême gauche, jouant sur la nostalgie des français, prônent la sortie de l’Euro et le retour au Franc. Il me semble que cette idée fait son chemin dans l’opinion.
Pour mieux réfuter cette idée, je me fais l’écho de ce très bon article du journal le Monde de Gérard FONOUNI, professeur d’économie, qui étudie les avantages et inconvénients d’une sortie de l’Euro.

Morceaux choisis :

Les inconvénients de l’Euro

« L’euro a ceci de particulier qu’il ne fonctionne bien que lorsque la conjoncture économique est bonne. Inversement il se fissure dès que des difficultés économiques surviennent, faute d’ajustement mutuel entre les Etats de la zone euro ».

« Le fonctionnement de la zone euro tel qu’il a été pensé à la suite du traité de Maastricht a atteint ses limites : un taux de change unique pour tous, n’est possible que si les situations économiques des membres de la zone euro sont identiques. »

« dès l’instant où l’hétérogénéité de départ n’a pas été corrigée, il n’a jamais été possible de mettre en œuvre des politiques monétaires expansives en cas de ralentissement de l’activité économique, ni à l’inverse, de freiner l’activité économique dans des situations de surchauffe. »

« A défaut de pouvoir utiliser le levier monétaire à leur guise pour dévaluer leur monnaie, les Etats membres de la zone euro sont contraints de recourir à des dévaluations sociales pour améliorer leur compétitivité. De telles restrictions sociales ne font qu’aggraver les inégalités et ne font que freiner davantage la demande intérieure des Etats en question.
Elles retardent d’autant la reprise économique et accentuent la montée du chômage. L‘euro a donc une part de responsabilité tant dans la faiblesse des remèdes utilisés pour lutter contre la crise actuelle que dans la mise en œuvre de politiques de rigueur. »

——-

Les conséquences d’un retour au Franc

Dévaluation immédiate ….. et successive du franc

« Sortir de l’euro provoquerait une dévaluation immédiate du franc, ce qui renchérirait le prix de tous les biens importés, ces biens qui représentent aujourd’hui plus du tiers du produit intérieur brut (PIB). »

Renchérissement des biens importés - effondrement de la consommation - explosion du chômage

« Cela provoquerait ainsi un appauvrissement généralisé, notamment des plus modestes et la consommation s’effondrerait durablement. A défaut de consommation intérieure, les entreprises licencieraient en masse, le chômage exploserait et les inégalités sociales se creuseraient. En outre, ce retour du franc dévaloriserait considérablement l’épargne des agents économiques. »

Ruine des épargnants - chute de l’investissement dans les entreprises

« Cette ruine des épargnants pénaliserait sévèrement les investissements et les entreprises asphyxiées par le crédit crunch fermeraient en masse. Face à ce risque économique généralisé, il serait illusoire de croire que la relance des exportations pourrait sauver notre économie. La baisse des tarifs des exportations liée à la dévaluation du franc serait doublement annulée par le renchérissement du coût des matières premieres importées et par l’inflation vertigineuse à laquelle notre économie devrait faire face. »

Climat de défiance économique et rétablissement des barrières protectionnistes

Les dévaluations successives ….. »créeraient un climat de défiance nocif pour les échanges et pour la croissance économique. Ils conduiraient rapidement au rétablissement de barrières protectionnistes entre les Etats européens ayant quitté la zone euro. »

Alourdissement de la dette - augmentation des taux d’intérêt - fuite des capitaux

« L’instabilité monétaire provoquée par la sortie de l’euro, alourdirait la dette extérieure qui est libellée en euros, et qui et de fait, n’attirerait plus les investisseurs. La crainte d’une accélération de l’inflation ferait monter les taux d’intérêt et renchérirait le coût de la dette publique. »

« La fuite des capitaux deviendrait inévitable, l’investissement s’effondrerait et la perte de confiance dans la monnaie obligerait à des augmentations drastiques des taux d’intérêt qui empêcheraient tout retour rapide de la croissance. »

—-

« Pourtant si quitter l’euro est une voie périlleuse pour notre économie, y rester en l’état est aussi dangereux. L’euro souffre d’un déficit « d’Europe » et d’une absence de gouvernance économique collective. Une monnaie unique, suppose de franchir les étapes de l’intégration fiscale, budgétaire et sociale. » « Ces étapes ont toujours été repoussées pour finalement ne jamais se réaliser et ce alors même, qu’elles permettraient de renforcer l’homogénéité des pays européens et de les rapprocher. Cela n’est jamais allé au-delà des mots. La crise a révélé cet inachèvement. »

Il est donc urgent de relancer le processus d’intégration européen.

Résultats de l’Election Européenne sur la ville du Havre du 25 mai 2014

  • europe_drapeauParticipation : 33,23% (35500 voix)
  • Abstention : 66,74

Résultats :

  • Front National : 24,03% (8530 voix)
  • UMP : 17,65% (6264)
  • PS : 10,47% (3716)
  • Front de Gauche : 10,01% (3554)
  • Ecologie-les verts : 9,51% (3375)
  • UDI-Modem : 8,58% (3046)

Les Résultats de l’Election Européenne sur la ville du Havre le 7 juin 2009.

Participation : 32,36 %

Abstention : 67,64 %

UMP : 21,84 %

Europe – Ecologie : 17,66 %

PS : 12,94 %

FRONT DE GAUCHE (PCF) : 10,62%

Front National : 8,26 %

MoDem : 7,83 %

NPA : 5,60 %

Debout la République : 4,30 %

Pas plus de 10% à 20% de la législation nationale dictée par l’Europe

200338071-001La vieille rengaine des eurosceptiques (« 80 % de la législation nationale est dictée par l’Europe  » ) sous-entendant que les gouvernements et les députés nationaux ne font que transcrire dans le droit national des directives européennes décidées par des technocrates bruxellois… C’est faux.
Catherine Chatignoux & Renaud Honoré dans leur excellent livre intitulé « L’Europe au banc des accusés » expliquent d’où vient cette rumeur et évalue l’impact réel du droit européen sur l’activité législative nationale. :

« Au commencement de cette « rumeur d’Orléans» à la sauce bruxelloise, il y a une déclaration. Nous sommes en 1987, et ce qui est alors la CEE est en train de bâtir à marche forcée son marché unique à coups de dizaines de directives. Cette frénésie législative donne des ailes à Jacques Delors qui affirme devant l’Université de Louvain que « dans dix ans, 80 % de la législation économique, peut-être aussi fiscale et sociale, sera d’origine communautaire ». Il ne s’agit que d’un pronostic, sur une partie du domaine législatif, mais qu’importe. Ces nuances disparaissent rapidement. »

Trois études ont tenté d’apprécier l’impact réel du droit européen sur l’activité législative nationale.

  1. « Yves Bertoncini, le directeur du think tank « Notre Europe », s’y est essayé dès 2009.
    Verdict : on est « sans doute globalement plus proche de 20 % que de 80 %, avec en outre de fortes variations selon les secteurs».
  2. En janvier 2010, la fondation Terra Nova rééditait l’exercice sous la plume de Matthias Fekl et de Thomas Platt, en se concentrant sur la période allant de 1999 à 2008. « L’impact réel du droit européen sur l’activité législative nationale se chiffre autour de 10 % », est-il écrit, tout en ajoutant que « une loi sur quatre comporte au moins une mesure – parfois marginale – d’origine européenne ». Ce n’est qu’une moyenne, et le chiffre serait beaucoup plus élevé dans des domaines où l’Union a des compétences fortes comme l’agriculture, les transports, l’économique ou l’environnement. Mais même pour l’agriculture, secteur le plus européanisé, on ne dépasserait pas 60 %.
  3. Enfin l’étude la plus complète est venue d’un livre paru en 2012, qui s’est intéressé à huit pays de l’UE (ainsi que la Suisse) sur la période 1986-2008. Là encore, on aboutit à une échelle de 10 % à 30 %, pas plus.

Malgré les importants transferts de souveraineté concédés pour construire l’Union depuis près de soixante ans, les législateurs nationaux n’ont « pas baissé pavillon, et restent aux manettes dans bien des domaines. »

Plaidoyer de la sénatrice Catherine Morin-de-Sailly en faveur de l’Europe

Mes amis ,

200338071-001A quelques jours du scrutin européen, je voulais vous sensibiliser à l’importance de cette échéance :

L’Europe telle que nous la connaissons, l’Europe de la paix, peut paraître une évidence et pourtant elle est aujourd’hui décriée par certains qui voudraient en faire le bouc émissaire de l’échec de nos propres politiques nationales depuis 30 ans. Alors que d’autres grands pays Européens comme l’Allemagne ont su se réformer, réduire leur dette, nous avons échoue. Il faut balayer aussi devant notre porte.
Il ne s’agit pas pour autant de gommer la réalité et occulter les lacunes et dysfonctionnements de l’Union. Traitons-les car ils ne sont pas une raison pour tout abandonner au milieu du chemin, après tant d’années de construction. Donnons-nous au contraire les moyens d’un second élan.
J’estime que nous devons plutôt nous battre pour convaincre de l’évidence qu’il existe une communauté de destin entre les peuples européens mais aussi de la nécessité d’ en avoir la maîtrise. Seuls, nous sommes condamnés à la marginalisation. Dans ce siècle qui est le notre, nous sommes plus que jamais destinés à l’unité.
Mais, comment restaurer le consensus européen, garantir la paix, ramener la prospérité et faire enfin accoucher l’Europe de son véritable potentiel ?
L’approfondissement est plus que jamais indispensable un approfondissement pour plus d’emploi, plus de protection, plus de démocratie.
Le chantier le plus urgent de l’Europe est de combler le fossé démocratique qui l’éloigne depuis trop longtemps de ses citoyens.
Il ne faut pas, en tous les cas, l’oublier: l’Europe est une chance et une nécessité.
Une chance car c’est un modèle de civilisation unique au monde, une opportunité de mieux-être social sans pareil, et un espace précieux de paix et de liberté. C’est le seul lieu où des pays différents, autrefois ennemis, ont accepté de mettre en commun leurs forces et leurs lois pour construire un avenir commun.
L’Europe est également une nécessité. Une nécessité car le monde est plongé dans une compétition violente, universelle, qui exige que se rapprochent et que s’unissent les pays qui ne sont pas assez puissants pour se mesurer aux mastodontes de la planète. L’union, c’est la force.
Face à la montée des populismes, à la politique du repli sur soi, face à ceux qui cherchent à isoler la France en remettant en cause notre avenir qui ne peut être qu’européen, nous avons décidé de rassembler « les Européens ».
Les cinq années qui viennent doivent permettre d’effacer les disparités qui nous fragilisent et donner aux citoyens européens la possibilité de faire entendre et respecter leur voix par les dirigeants qui prennent les décisions en leur nom.
Cette approche, positive et non-sectaire, est aussi une proposition pour notre pays. Je pense que la France a besoin d’une volonté nouvelle, d’une politique courageuse qui dise la vérité sur tous les sujets, qui porte le renouvellement, et qui assume son destin européen. Et pour cela, il faut élire des députés européens compétents, engagés et déterminés.
Pour la région Nord-Ouest, l’équipe est conduite par Dominique Riquet, ancien maire de Valenciennes proche de Jean Louis Borloo, reconnu depuis des années pour son travail remarquable au sein du Parlement européen et son engagement sans faille pour la France et l’Europe de demain. Cette équipe est composée d’hommes et de femmes sont tous légitimes pour mener ce combat, engagés dans la vie politique ou issue de la société civile dans un esprit de renouvellement. Marine Caron, 4eme sur cette liste est une jeune rouennaise formidable, engagée et prometteuse,
Dominique Riquet et la liste « Les Européens » sont les seuls à incarner, sans ambiguïté et dans la clarté, le destin européen de notre pays.
Pour toutes ces raisons, le 25 mai je vous invite à accorder votre soutien à la liste de Dominique Riquet «UDI- MODEM Les Européens »

 

Pourquoi l’Europe apparaît si complexe au citoyen européen ?

200338071-001Des explications intéressantes issues du livre de «Catherine Chatignoux & Renaud Honoré intitulé « L’Europe au banc des accusés. » à propos de la complexité européenne.

  • Les Constats : « L’Europe tend à être de moins en moins lisible, y compris pour ceux qui la connaissent bien. »« Bruxelles est devenu le royaume du globbish (cet anglais passe-partout au vocabulaire limité) et des acronymes. »
  • Complexe mais pas absurde : « Mais la complexité n’est pas forcément le signe d’un système antidémocratique. Prenons la procédure législative européenne. Celle-ci n’a pas la lumineuse simplicité du système français de la Ve République, où le grand chef décide de tout. « Le triangle institutionnel européen est un tantinet plus alambiqué. La Commission européenne fait une proposition législative, dont s’emparent à la fois le Parlement européen et le Conseil, où siègent les Etats. Conseil comme Parlement amendent alors le texte, avant de négocier ensemble une version finale qui satisfera tout le monde.
    Pour résumer, cela discute tout le temps, c’est long et tortueux, et il faut souvent deux ans pour qu’un projet aboutisse. Mais ce système n’est pas absurde.
  • Une démocratie de négociation et de compromis « La démocratie nationale est une démocratie de confrontations, tandis que la démocratie européenne est une démocratie de négociations », résume Jean-Louis Bourlanges, l’ancien eurodéputé UDF. » «Le citoyen européen ou la volonté générale européenne, ça n’existe pas. C’est pourquoi il faut proposer des solutions acceptables par tout le monde. » JL Bourlanges. «Un compromis, ça aboutit nécessairement à une solution plus compliquée, c’est moins lisible que d’avoir raison tout seul. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de clivage politique, mais raconter ça au niveau national n’est « pas toujours évident », raconte Pervenche Berès, l’eurodéputée socialiste. »
  • La simplicité n’a pas toutes les vertus : « Beaucoup en France n’y voient qu’une démocratie dégradée, une sorte d’ersatz privé des rapports de force qui font le sel des joutes politiques. De fait, l’aspect tortueux du système, le manque de légitimité dont souffrent toutes les institutions n’en font pas un modèle parfait, loin de là. Mais le système français, où les droits du Parlement sont réduits à peu de chose, n’est-il pas critiquable, lui aussi ? La simplicité n’a pas toutes les vertus. »

L’Europe doit-elle négocier un accord de libre-échange avec les Etats-Unis ?

200338071-001Dans leur dernier ouvrage « L’Europe au banc des accusés », Catherine CHATIGNOUX et Renaud HONORE expliquent les raisons, les avantages et les risques d’un accord de libre-échange avec les USA.

  • Pourquoi un accord commercial avec les USA ? « Stimuler les échanges commerciaux est l’un des rares leviers dont nous disposons pour soutenir la croissance économique sans grever les finances publiques », confirme la Commission européenne. Devant l’enlisement des négociations multilatérales à l’OMC, ces accords bilatéraux sont devenus du dernier chic : il y eut d’abord celui avec la Corée du Sud en 2011, puis avec le Canada, fin 2013. Tous bons pour la croissance, assurent leurs zélotes. » Rappelons qui dit croissance dit emploi.
  • Un gain de 120 milliards d’euros « L’Europe et Etats-Unis pèsent ensemble près de la moitié de la production mondiale et 30 % du commerce : ouvrir ces marchés et faciliter les investissements pourraient représenter, selon les calculs de la Commission, un gain annuel de 120 milliards d’euros pour l’union européenne. »
  • L’ouverture des marchés publics américains aux entreprises européennes dont les entreprises françaises très présente sur ce marché (veolia). « Certes, les négociations du Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) porteront bien d’abord sur l’élimination des droits de douane sur tous les produits échangés. Mais ces derniers sont en moyenne déjà très faibles (moins de 3 %), même si subsistent ici ou là des pics tarifaires, dans le »« textile par exemple, où pour se protéger des importations chinoises les Etats-Unis ont porté les droits jusqu’à 40 %.
    Les Européens veulent également forcer la discussion sur les marchés publics américains, très fermés, contrairement aux marchés européens, « ouverts à 90 % », selon Bercy.
    « Nous voudrions transformer le Buy American Act qui réserve les marchés publics dans l’énergie, le ferroviaire, l’aéronautique, aux entreprises américaines ou installées aux Etats-Unis, en un Buy Transatlantic Act qui traiterait à égalité les offres des entreprises des deux continents ».
  • Le risque : « il y a bien un risque non négligeable pointé par de nombreux opposants à l’accord : les « standards » américains dans les domaines alimentaire, social et environnemental étant généralement plus faibles que ceux pratiqués en Europe, l’harmonisation des règles ou leur reconnaissance mutuelle risque de rabaisser le niveau de protection des citoyens européens. »
  • L’engagement de la commission européenne : « Nous n’allons pas éliminer toutes les barrières non tarifaires. Nous le ferons quand ce sera possible sans jamais renier nos valeurs ni abaisser le niveau de protection », a assuré le commissaire au Commerce, le Belge Karel De Gucht41. »

 

« L’Europe est-elle désarmée face à la Chine ? »

200338071-001Cette anecdote intéressante puisée dans le livre de «Catherine Chatignoux & Renaud Honoré. « L’Europe au banc des accusés. »

En mai 2013, Bruxelles annonce des importantes – mais provisoires – taxes douanières sur l’importation de panneaux solaires chinois, puis l’ouverture imminente d’une procédure contre deux joyaux technologiques chinois, les équipementiers télécoms Huawei et ZTE. Chaque fois, les mêmes soupçons que ces entreprises vendent à perte et bénéficient de subventions publiques. »

Cette épreuve de force avec Pékin a échoué et « Bruxelles a préféré résoudre son conflit sur le solaire par une solution négociée avec Pékin, sans droits de douane dissuasifs. Tout le contraire des Etats-Unis qui avaient, eux, imposé des taxes importantes sur le même cas».

Quels sont les raisons de cet échec :

  • Désaveux des états membres. « Dans ce genre de bataille commerciale, Bruxelles a l’initiative, mais elle doit ensuite obtenir l’assentiment des Etats. Sur les panneaux solaires, elle a été complètement lâchée par ses troupes : » or « sur 27 Etats membres, 18 ont voté en mai 2013 contre les fortes taxes douanières que proposait Bruxelles ! « L’intérêt commun tend à disparaître. Nous avons maintenant vingt-huit Etats membres qui ont chacun leur projet et qui se fichent de ce qui se passe chez les voisins », regrette, amer, un ancien haut responsable de la direction générale du Commerce à la Commission. Les panneaux solaires chinois ne sont, en l’espèce, pas un cas isolé. »
  • Refus des entreprises européennes de collaborer : « …..Il y a d’abord les entreprises européennes elles-mêmes, qui n’ont pas forcément beaucoup d’allant pour aller guerroyer contre la Chine ou un autre pays émergent. Leur collaboration est pourtant très souvent indispensable pour constituer un dossier crédible et étayé devant l’OMC contre les pratiques anticoncurrentielles d’entreprises de pays tiers. Mais tout cela prend du temps et demande de l’énergie. Et puis, est-ce que cela vaut vraiment la peine d’irriter Pékin en ouvrant un front commercial, alors qu’il y a tant de business à faire en Chine.»

Par conséquent, ce n’est pas Bruxelles qui a manqué de volonté mais les états membres qui sont trop divisés. Il faut plus d’Europe pour surmonter les divisions entre états-membres.

L’Europe moins naïve que divisée dans ses échanges commerciaux

200338071-001J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre de «Catherine Chatignoux & Renaud Honoré. « L’Europe au banc des accusés. » Je vous invite à lire ce livre passionnant.
Les auteurs reprennent les critiques habituellement entendues concernant l’Europe et répondent par une argumentation claire permettant la compréhension de décisions européennes pas toujours facile à interpréter vue de France.
Dans ce billet je reprends des extraits du 7ième chapitre : L’Europe ne protège pas contre la mondialisation.

« Bruxelles pêche-t-elle par « naïveté » dans le commerce international ? »

Pour les auteurs l‘Europe est moins naïve que divisée dans le domaine du commerce international : voici quelques explications.

  • Tarifs douaniers : « Les droits moyens européens sur les importations étaient ainsi de 5,5 % en 2012, contre 4,6 % au Japon et même 3,4 % aux Etats-Unis. En revanche, il faut ajouter que la situation est tout autre pour la Chine (9,6 %) et surtout l’Inde (13,7 %), qui impose des tarifs parmi les plus élevés au monde. »
  • Poids politique : « ….Les Etats-Unis discutent avec la Corée du Sud, ils parlent forcément à un moment de sécurité et de la Corée du Nord, et cela leur permet d’obtenir des concessions que nous ne pouvons pas avoir »…. L’Europe politique fait défaut !
  • Part de marché mondiale : « L’Europe, en quinze ans, aurait ainsi réussi à stabiliser sa part de marché mondiale à environ 20 % (19,4 % en 2009 contre 20,7 % en 1995)40. Dans le même temps, ce sont les Etats Unis qui auront perdu gros (de 18,3 % à 12,5 %), ainsi que le Japon (8 % contre 14,2 % auparavant), face à la montée du géant chinois (passé de 6,3 % à 17,1 %). »
  • Des différences majeures entre pays européens : « Mais ces chiffres recoupent des réalités bien différentes. Quoi de commun entre une Allemagne qui n’a cessé de grignoter le gâteau des exportations mondiales, et une France qui a dégringolé ? »
  • Des différences majeures entre secteurs économiques : « les secteurs ne sont pas égaux devant la mondialisation. C’est sans doute là que les critiques contre l’Europe sont les plus aiguës. L’intérêt général communautaire est difficile à trouver. Sacrifier l’agriculture irlandaise pour exporter plus de voitures allemandes vers un pays tiers, est-ce l’intérêt général ? »

Le mot de la fin : « ce qui caractérise le plus l’Europe en matière commerciale : elle est moins naïve que divisée sur tous ces sujets. L’affrontement avec la Chine en offre une parfaite illustration. »

Réunion UDI-Modem avec Dominique Riquet et Hervé Morin

udi_reveil_bSamedi 10 mai 14h30, espace Sarah Bernhardt, 43 rue d’ignauval à Saint Adresse Dominique Riquet, tête de liste Nord-Ouest aux élections européennes du 25 mai, et Hervé Morin, président du Conseil National de l’UDI animent une réunion publique sur le thème de la jeunesse européenne.

cette réunion est organisée par Marine Caron (n04 liste européenne et présidente des jeunes UDI de Seine-Maritime) et Charles Savy (président des jeunes UDI de l’Eure), en présence de Catherine Morin Desailly, sénatrice de Seine-Maritime et présidente de l’UDI 76, de Hervé Maurey, sénateur-maire de Bernay, et de François-Xavier Priollaud, Conseiller Régional-Maire de Louvier et a l’invitation de Hubert Dejean de la Bâtie, conseiller régional-Maire de Sainte Adresse.