J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre de «Catherine Chatignoux & Renaud Honoré. « L’Europe au banc des accusés. » Je vous invite à lire ce livre passionnant.
Les auteurs reprennent les critiques habituellement entendues concernant l’Europe et répondent par une argumentation claire permettant la compréhension de décisions européennes pas toujours facile à interpréter vue de France.
Dans ce billet je reprends des extraits du 7ième chapitre : L’Europe ne protège pas contre la mondialisation.
« Bruxelles pêche-t-elle par « naïveté » dans le commerce international ? »
Pour les auteurs l‘Europe est moins naïve que divisée dans le domaine du commerce international : voici quelques explications.
- Tarifs douaniers : « Les droits moyens européens sur les importations étaient ainsi de 5,5 % en 2012, contre 4,6 % au Japon et même 3,4 % aux Etats-Unis. En revanche, il faut ajouter que la situation est tout autre pour la Chine (9,6 %) et surtout l’Inde (13,7 %), qui impose des tarifs parmi les plus élevés au monde. »
- Poids politique : « ….Les Etats-Unis discutent avec la Corée du Sud, ils parlent forcément à un moment de sécurité et de la Corée du Nord, et cela leur permet d’obtenir des concessions que nous ne pouvons pas avoir »…. L’Europe politique fait défaut !
- Part de marché mondiale : « L’Europe, en quinze ans, aurait ainsi réussi à stabiliser sa part de marché mondiale à environ 20 % (19,4 % en 2009 contre 20,7 % en 1995)40. Dans le même temps, ce sont les Etats Unis qui auront perdu gros (de 18,3 % à 12,5 %), ainsi que le Japon (8 % contre 14,2 % auparavant), face à la montée du géant chinois (passé de 6,3 % à 17,1 %). »
- Des différences majeures entre pays européens : « Mais ces chiffres recoupent des réalités bien différentes. Quoi de commun entre une Allemagne qui n’a cessé de grignoter le gâteau des exportations mondiales, et une France qui a dégringolé ? »
- Des différences majeures entre secteurs économiques : « les secteurs ne sont pas égaux devant la mondialisation. C’est sans doute là que les critiques contre l’Europe sont les plus aiguës. L’intérêt général communautaire est difficile à trouver. Sacrifier l’agriculture irlandaise pour exporter plus de voitures allemandes vers un pays tiers, est-ce l’intérêt général ? »
Le mot de la fin : « ce qui caractérise le plus l’Europe en matière commerciale : elle est moins naïve que divisée sur tous ces sujets. L’affrontement avec la Chine en offre une parfaite illustration. »