J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’interview dans la presse normande d’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports. Il indique, non sans raison, que le canal Seine-Nord offrira une « belle opportunité » aux ports du Havre et de Rouen leur permettant de « renforcer leur compétitivité en leur donnant la possibilité d’attirer de nouveaux trafics maritimes à destination du cœur de l’Union Européenne« .
Si le gouvernement assumait cette politique vis à vis du Port du Havre et de Rouen, alors il agirait pour rendre les ports de l’axe seine plus compétitifs, certes par de nouvelles infrastructures, mais également en incitant à réduire les dépenses de fonctionnement des GPMH et GPMR, tout en introduisant de la concurrence dans les services portuaires. Ces 2 actions permettraient de réduire les frais portuaires, de gagner en compétitivité et de transformer effectivement le canal Seine-Nord en « belle opportunité » pour les ports de l’axe seine.
Il n’est pas trop tard pour agir dans ce sens et de faire des Ports de la Seine des Grands Ports Conquérants ne craignant ni la concurrence d’Anvers ni celle de Rotterdam.
Lu dans plusieurs journaux : Le premier Rapport Pauvros répondait à cette question : peut-on faire le canal, oui ou non. La réponse était « oui, mais reconfiguré ».
Le second rapport, remis ces jours-ci au ministre du transport, répond à une autre question « comment fait-on? ». Rémi Pauvros souhaite un projet participatif, qui associe l’État mais aussi les collectivités ; les plateformes multimodales seront d’initiative locale et mises en place avec des sociétés mixtes public-privé.
Pour compléter le financement, il propose l’introduction d’une eurovignette sur les poids lourds transitant sur les autoroutes du Nord et de Picardie ou un prélèvement sur les entrepôts «en bord à canal». L’avenir du canal reste toutefois conditionné à l’attribution de fonds européens, qui sera décidée fin juillet.
En Haute-Normandie, les élus et acteurs économiques locaux s’inquiètent d’une nouvelle concurrence pour les ports de l’Axe Seine avec la réalisation du canal Seine-Nord.
Alain Vidaliès estime qu’au contraire Rouen pourrait profiter d’une extension de son hinterland dans les céréales grâce à la future liaison. Concernant les infrastructures havraises, dont la réalisation pourraient être compromises par les financements attribués au canal selon les présidents des CCI du Havre et de Rouen, le ministre renvoie « la balle aux indicisions locales » (L’Antenne du 11/05).
Alain Vidaliès a accordé une interview à Paris-Normandie le 15/05 dans lequel il défend le projet face aux inquiétudes normandes ; le canal va créer de la valeur ajoutée pour les régions limitrophes et les acteurs portuaires doivent « saisir cette opportunité pour renforcer leur compétitivité ».
Concernant l’axe ferroviaire (fret) Le Havre-Amiens-Rouen défendu par les acteurs économiques locaux, le ministre rappelle que c’est l’amélioration de la desserte Le Havre-Paris qui est actuellement privilégiée et inscrite dans le Contrat de Plan interrégional Etat-Région (CPIER) Vallée de Seine.