Je partage les analyses et les actions entreprises par le gouvernement depuis les tragédies du bataclan et des terrasses du 11ème arrondissement de Paris vendredi 13 novembre.
J’ai toutefois, été, particulièrement, sensible à 2 propos exprimés cette semaine par :
- Latifa Ibn Ziaten, lauréate, cette semaine, du prix de la fondation Chirac pour son action en faveur des jeunes issus de l’immigration. Elle a expliqué au Président de la République les ravages que constitue la déscolarisation des jeunes issus (ou non) de l’immigration.
Ce décrochage scolaire nourrit le désœuvrement, le désespoir et la délinquance et dont le remède n’est toujours pas apporté est une tâche sombre sur le blason de la France. C’est incompréhensible qu’aucune solution ne soit apportée à ce grave problème qui participe au « terreau » dénoncé samedi par le ministre de l’économie.
- Emmanuel Macron, samedi 21 novembre, expliquait, lors d’une intervention en conclusion de l’université du groupe social-démocrate baptisé « Les Gracques », que la société française devait assumer une « part de responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le djihadisme a pu prospérer. voir verbatim ci-dessous.
J’écoutais, hier, une émission de radio où les intervenants évoquaient l’échec de la politique de la ville en France depuis 30 ans. Cette opinion partagée par bon nombre de nos concitoyens n’est qu’en partie exacte. Au Havre, la politique de la ville a été une réussite, il suffit de se promener dans les quartiers Nord-Ouest ou dans le quartier de l’Eure pour s’en persuader.
Alors pourquoi ce décalage ? Parce qu’améliorer l’urbanisme n’est pas la seule réponse à l’intégration des habitants des quartiers défavorisés. Cette intégration demande une réforme de l’Education Nationale (pour éviter le décrochage scolaire) et du Code du Travail pour permettre aux employeurs de donner une chance aux jeunes qui ne sortent pas du moule scolaire français.
Pour des raisons idéologiques la France ne souhaite pas faire ces réformes.
Les voix d’Emmanuel Macron et de Latifa Ibn Ziaten ont en commun d’être pragmatiques loin des préjugés et des vieilles rangaines surannées de l’égalitarisme républicain que les faits contre-disent tous les jours. Je souhaiterais qu’ils soient plus souvent entendus par nos gouvernants.
voici quelques verbatims du discours d’Emmanuel Macron en conclusion de l’université du groupe social-démocrate baptisé « les Gracques ».
« Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s’installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n’y prenons pas garde, il les divisera plus encore », a-t-il prévenu.
« Nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité sociale ».
« Je ne suis pas en train de dire que tous ces éléments sont la cause première du djihadisme. C’est la folie des hommes, et l’esprit totalitaire et manipulateur de quelques-uns. Mais il y a un terreau, ce terreau est notre responsabilité. »
« Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s’installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n’y prenons pas garde, il les divisera plus encore », a-t-il prévenu.
M. Macron a lié les réformes qu’il a récemment défendues à la nécessité de« changer cette société en l’ouvrant ».
« Je pense que ce sont des fermetures dans notre économie, dans notre société, les pertes d’opportunité, les plafonds de verre qui sont mis, les corporatismes qui se sont construits qui à la fois se nourrissent de la frustration sur le plan individuel et créent de l’inefficacité sur le plan économique »