La Seine creuse son lit pour attirer les plus gros navires
Par Marc Migraine le lundi 2 janvier 2012, 13:14 - Port et économie - Lien permanent
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près de 10 millions de tonnes de trafic par an : c'est l'un des objectifs du
Grand port maritime de Rouen qui vient d'obtenir par arrêté interpréfectoral
l'autorisation de lancer des travaux de dragage dans le chenal de la Seine.
Le port normand espère ainsi conforter sa place de
leader européen dans l'exportation de céréales. Le chantier, très
attendu, permettra d'accueillir des navires dont le tirant d'eau atteind 11,70
m. Les vraquiers de 43 à 58 000 TPL
pourront donc bientôt remonter la Seine jusqu'à Rouen.Les travaux de creusement de ces accès maritimes consisteront essentiellement à araser les points hauts du chenal. Parmi les étapes importantes figure la nouvelle zone d'évitage aménagée au niveau d'Hautot sur Seine : conçue en 1987, elle devient trop étroite et ne permet pas aux navires de nouvelle génération de faire demi-tour. "Aujourd'hui, ces navires doivent rebrousser chemin [...] à hauteur de la commune de Canteleu , ce qui conduit à des escales supplémentaires et des gènes pour l'exploitation des navires déjà à quai dans le port" lisait-on dans Paris-Normandie (éd. 20décembre 2011). La première tranche de travaux démarrera en janvier 2012 entre l'embouchure de la Seine et Port Jérôme : dès juin 2012, les navires d'un tirant d'eau de 11,70 m pourront naviguer sur cette partie du fleuve.
Au total, 17% de la surface du fleuve seront dragués entre Tancarville et Rouen, et 10% en aval de Tancarville. Côté environemental, le port de Rouen a prévu le stockage et la valorisation des sédiments ainsi générés.
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Commentaires
Quelle utilité, quand un port en aval, aussi grand que celui du Havre, a encore un tel potentiel d'augmentation de trafic ?
Pourquoi dépenser cet argent ? Pourquoi nuire à la nature ? Pourquoi risquer l'environnement des riverains ?
Parce que sans port a Rouen, il faut doubler l'A13 (2x6 voies, pleines de camions). Les infrastructures céréales sont a Rouen, et la plupart des flux ne sont pas compatibles (15% de trafic commun avec Le Havre). Creuser un chenal (moins d'un mètre en plus) ne traumatisera sans doute pas mère nature ...
Il est intéressant de noter qu'à ce sujet Mme Duflot, lors de son passage au Havre, s'est opposée au projet TGV. Comme il faudrait doubler la ligne pour faire réellement du fret ferroviaire, et que les écolos militent contre l'allongement du grand canal, la seule solution actuelle au Havre c'est la route... Pas très vert tout ça, mais c'est vrai qu'elle se présente a Paris, dans un arrondissement ou il y aura plein de pistes cyclables a n'en pas douter :-)
C'est donc a ca qu'il sert ce nouveau Pont de Rouen ? Attirer des bateaux plus grands pour justifier cet investissement inutile
on autorise le dragage de la seine ,et on rejete les boues polluées dans les champs! Et nous la lézarde les écolos refusent ,car la boue serait polluée , résultat nous avons les pieds dans l'eau merci les écolos , à croire que les écolos sont sudoyés par le port de Rouen !!! Par ailleurs le port de Rouen avait racheter les silos du Havre pour compléter les gros navires , a ma connaissance un ou deux bateaux on fait cette opération , un sûr puisque j'y était. Donc qu'on utilise les silos du havre pour les gros navires, et on fera des économies . Quant aux écolos allés trainer vos bottes du côté Rouen .
Effectivement, il n'y a pas de silos au Havre (c'est pour cela que le GPMH a vendu le portique au port de Dunkerque).
Effectivement, en amont de Rouen, l'A13 a 2x6voies. Et pour l'exportation, on a la même infrastructure autour de Dreux, pour toutes nos céréales de Beauce.
Effectivement, l'axe ferroviaire entre Rouen et Paris a une capacité nettement plus importante qu'entre Le Havre et Paris, et avec moins de trafic.
Quand un vraquier de 58000 TPL se sera échoué à Jumièges, on en reparlera.
Quant aux sédiments, demandez aux maires de la Côte Fleurie ce qu'ils en pensent.
Bref, on marche sur la tête et on en est fier.
Le silo du Havre servait a compléter les vraquiers chargés a Rouen limites en tirant d'eau, et il était approvisionné par train : 2 escales, et une grosse logistique pour quelques tonnes de blé, c'est pas franchement rentable.
Un vraquier qui s'échoue, c'est pas ce qui me ferait le plus peur, comparativement a d'autres produits transportés. Maintenant la gestion du risque industriel ou technologique, c'est un autre sujet qui passionnerait sûrement les populations des pays dits "sous développés"... La décroissance est un thème cher aux écolos, a chacun de se faire une idée.
Le vraquier en question n'avait qu'à pas aller jusqu'à Rouen. Il aurait économisé une escale, du pétrole, des frais de pilotage.
Enfin, vous connaissez sans doute mieux que moi la logistique céréalière. Vous pouvez donc me dire si les céréales ne seront pas de plus en plus conteneurisées ?
Par ailleurs, vous m'avez l'air de bien les connaître, les pays sous-développés ...
In Fine vous êtes globalement semblable à un majoité de nos contemporains dans ce pays : le confort, le modernisme, l'argent ... ok, mais les emmerdes c'est pour les voisins. On peut déménager tout le port de Rouen aussi pour que Caudebec retrouve ce cachet médiéval de carte postale sans affreux cargos qui remontent la Seine.
Ce qui me navre en fait, c'est que si on compare Rouen et Anvers, ils ont à peu près les mêmes caractéristiques géographiques et la même histoire. Seulement les belges n'hésitent pas à investir dans le développement économique (ils creusent l'Escault à 17,5m quand on s'horrifie de passer de 10,7 à 11,7m, par exemple) quand en France on conteste chaque projet, surtout ceux d'intérêt commun, on emmerde les industriels parce qu'ils polluent, etc., etc.
On a donc Anvers, 2eme port européen et principal port français à l'import comme à l'export, qui nourrit sa population sans la soumettre à de quelconques catastrophes, environnement dénaturé ou dangereux pour ses riverains... alors oui, les sous développés c'est bientôt nous si on ne suit pas le mouvement.
Que l'on creuse le lit de la Seine, pourquoi pas, mais quelles retombées en matière de pollution, sachant que l'estuaire est un des plus pollué d'Europe, où seront déversés ces tonnes de vase et autres, je n'ose imaginer qu'elles le seront au large de nos côtes, parce que la coupe est pleine, nous n'avons plus le droit de pratiquer la pêche à pied, et pour combien d'années, alors comme semble le penser " in fine " nous finirons par être sous développés si nous ne suivons pas le mouvement, je lui répondrai, ne soyons pas non plus des moutons de panurges, s'attaquer à de pareilles travaux, mérite tout de même de prévoir un minimum de pollution , car il ne faudra pas venir pleurer lorsque la faune et la flore seront définitivement anéanties !
Le GMPR va donc entreprendre des dragages pour un coût de la même grandeur que l' écluse fluviale de Port 2000,projet abandonné car trop onéreux, qu'en est-il de la chatière ( votre post du 16/06/11?...);Malgré le nouvel esprit de coopération entre les trois ports de l'axe Seine celui de Rouen n'est sans doute pas prêt à se contenter de voir défiler sous ses ponts des barges de céréales au fil du fleuve... et pourtant la Seine ne va pas s'arrêter de charrier des alluvions....
Juste une remarque, mr Migraine : vous dites dans votre post "17% de la surface du fleuve sera draguée".
Le chenal de Rouen doit faire dans les 80 mètres de large en moyenne, je ne pense pas que le gpmr creuse plus que son chenal d'accès, ça fait déjà quelques tonnes en moins a déplacer.
L'estuaire de l'Escaut n'a pas grand chose à voir, géographiquement, avec la Seine et son estuaire en aval de Rouen.
Anvers a un potentiel de terminaux très vastes, que n'a pas Rouen.
Enfin, Anvers n'a pas un port à forte capacité en son aval.
Ce n'est donc pas tant pour le paysage sous mes fenêtre que pour de la simple logique d'investissements que je réagis.
Le port de Rouen a toujours été un port céréalier. Des entreprises en dépendent, des emplois y sont également rattachés.
Je veux bien entendre l'argument écologique mais je ne suis pas sûr vu l'état de l'emploi rouennais que nous puissions nous passer de ce port. La ville est suffisamment en difficulté tout de suite et encore plus que Le Havre.
Et, en effet, cela poserai d'énormes soucis de flux!
Bref, depuis le temps que ce projet est discuté, la décision étant prise, laissons les choses se faire. La réglementation existe sur le relargage de débit solide dans ces milieux naturels.
lu dans la presse havraise : Les travaux d'amélioration des accès du port de Rouen vont débuter aujourd'hui. la drague ''Breughel'' intervient à partir de ce jeudi dans le secteur compris entre l'embouchure de la Seine et Port-Jérôme.
Cette première phase de travaux de dragage doit durer un peu plus de trois mois et permettre en juin 2012 au GPMR d'accueillir des bateaux d'un tirant d'eau maximal de 11,70 mètres.