En arrivant je vois JP LECOQ, Député-Maire de GONFREVILLE en grande discussion avec "l'hotesse d'accueil" à l'entrée du camp.
Vu de loin il semble ne pas être autoriser à entrer. Ne prenant pas le risque d'être refoulé à l'entrée, je décide d'appliquer un des principes du CAC, la désobéissance civile, et je traverse le champ directement vers les tentes du camp courcircuittant l'entrée et son comité d'accueil.

Je me promène entre les tentes et je visite une exposition sur la révolution des indiens mexicains sous un chapiteau, l'ambiance est sympathique, ça papotte en épluchant les légumes du diner (le camp est végétarien voire végétalien). Je passe devant la grande éolienne du camp, les toilettes écologiques, les douches à prendre à deux (mais attention un adulte et un enfant comme l'indique le dessin peint sur le drap recouvrant la zone douche).
Malheureusement je rate le vélectrogène pour recharger portables et ordinateurs. ça m'aurait amuser de le voir.

Je finis par être alpaguer par une militante qui réalise rapidemment à ma coupe de cheveux que je ne suis pas un militant de la cause. Découvrant que je ne suis pas non plus un ouvrier (un "pot ouvrier" était organisé ce soir où tous les ouvriers de la région sont invités) elle crie "médiation-médiation".
Je poursuis mon chemin comme si de rien n'était jusqu'à ce que rappliquent 2 autres militants : La discussion s'engage. Je me présente comme un Havrais souhaitant mieux connaître la démarche du camp.
Persuader qu'ils ont à faire à un journaliste, je suis curieusement considéré comme un suspect et on me décline mes non-droits : pas le droit d'être ici, de prendre des photos (les photos sont en téléchargement sur leur site), de rencontrer des militants en dehors des heures définies etc....

Nous échangeons tout de même quelques mots.
Pour eux le panorama qui s'ouvre devant nous représente tout ce qu'ils détestent : 1) la Raffinerie Total 2) le carrefour de la Brèque et ses voitures polluantes, 3) les grues de Port 2000 symbole de la Mondialisation 4) la ville du Havre et ses immeubles "inhumains" en béton. Une "honte" que notre ville soit classée au patrimoine de l'UNESCO.
Ils militent pour a) un changement de société b) un autre mode politique, que la démocratie "dictature de la majorité", fondé sur la recherche du consensus, et c) un autre mode de développement économique que le capitalisme. Pas question de continuer notre façon de vivre en remplaçant l'énergie fossile par une énergie verte.
Je suis gentiment accompagné vers la sortie. L'occasion de constater qu'aucun ouvrier n'est présent au "Pot ouvrier".

En partant je ne résiste pas à la tentation de prendre 3 photos. Ce sont probablement les seules photos sauvages, non contrôlées par le CAC.

La démarche du CAC ressemble à un remake de mai soixante-huit avec la tentative échouée d'impliquer la classe ouvrière mais sans la libération des moeurs. Il ressort de ma visite une impression d'utopie rigoriste, de rigidité, de trop de sérieux. Bref ils sont chiants !

C'est dommage car dans le fond je pense qu'ils ont raison d'alerter l'opinion sur le réchauffement climatique, de susciter une prise de conscience sur l'épuisement prochain de l'Energie et son corrolaire (une forte augmentation de son prix) afin que nos concitoyens prennent des dispositions adéquates et que nos responsables économiques anticipent la reconversion dans 1/2 siécle de la filière énergétique havraise.
D'une certaine façon ils participent à la politique de notre municipalité qui, avec le tramway, apportera à nos concitoyens, un moyen de transport, propre, efficace, moderne, confortable et bon marché.

Toutefois et comme je le proposais dans un billet précédent le CAC aurait pu s'engager, dans le débat public, en faveur de la mise en place du champ d'éoliennes off shore, en Seine-Maritime, au large du Tréport dont le projet depuis 2002 ne cesse de prendre du retard.....

La contestation est tellement plus facile et ............plus consensuelle !