Visite au Camp Action Climate du Havre
Par Marc Migraine le dimanche 1 août 2010, 20:44 - Environnement - Santé - Lien permanent
Poussé par l'envie de découvrir ce CAC dont le sigle est si trompeur, je me rends mardi 27 juillet vers 19h au Camp Action Climate installé du 22 juillet au 1er aout sur un terrain surplombant la zone industrielle du Havre où sont réunis 200 à 300 militants altermondialistes.
En arrivant je vois JP LECOQ, Député-Maire
de GONFREVILLE en grande discussion avec "l'hotesse d'accueil" à
l'entrée du camp.
Vu de loin il semble ne pas être autoriser à
entrer. Ne prenant pas le risque d'être refoulé à
l'entrée, je décide d'appliquer un des principes du CAC, la
désobéissance civile, et je traverse le champ directement
vers les tentes du camp courcircuittant l'entrée et son comité
d'accueil.
Je me promène entre les tentes et
je visite une exposition sur la révolution des indiens mexicains sous
un chapiteau, l'ambiance est sympathique,
ça papotte en épluchant les légumes du diner (le camp est
végétarien voire végétalien). Je passe devant la
grande éolienne du camp, les toilettes écologiques, les douches
à prendre à deux (mais attention un adulte et un enfant comme
l'indique le dessin peint sur le drap recouvrant la zone douche).
Malheureusement je rate le vélectrogène
pour recharger portables et ordinateurs. ça m'aurait amuser de le voir.
Je finis par être alpaguer par une
militante qui réalise rapidemment à ma coupe de cheveux que je
ne suis pas un militant de la cause. Découvrant que je ne suis pas non
plus un ouvrier (un "pot ouvrier" était organisé ce
soir où tous les ouvriers de la région sont invités) elle
crie "médiation-médiation".
Je poursuis mon chemin comme si de rien n'était jusqu'à ce que
rappliquent 2 autres militants : La discussion s'engage. Je me présente
comme un Havrais souhaitant mieux connaître la démarche du camp.
Persuader qu'ils ont à faire à un journaliste, je suis curieusement
considéré comme un suspect et on me décline mes
non-droits : pas le droit d'être ici, de prendre des photos
(les photos sont en téléchargement sur leur site), de rencontrer
des militants en dehors des heures définies etc....
Nous échangeons tout de même quelques mots.
Pour eux le panorama qui s'ouvre devant nous représente tout
ce qu'ils détestent : 1) la Raffinerie Total 2) le carrefour
de la Brèque et ses voitures polluantes, 3) les grues de Port 2000 symbole
de la Mondialisation 4) la ville du Havre et ses immeubles "inhumains"
en béton. Une "honte" que notre ville soit classée au
patrimoine de l'UNESCO.
Ils militent pour a) un changement de société
b) un autre mode politique, que la démocratie "dictature de la majorité",
fondé sur la recherche du consensus,
et c) un autre mode de développement économique
que le capitalisme. Pas question de continuer notre façon de vivre en
remplaçant l'énergie fossile par une énergie verte.
Je suis gentiment accompagné vers la sortie. L'occasion de constater
qu'aucun ouvrier n'est présent au
"Pot ouvrier".
En partant je ne résiste pas à la tentation de prendre 3 photos. Ce sont probablement les seules photos sauvages, non contrôlées par le CAC.
La démarche du CAC ressemble à un remake de mai soixante-huit avec la tentative échouée d'impliquer la classe ouvrière mais sans la libération des moeurs. Il ressort de ma visite une impression d'utopie rigoriste, de rigidité, de trop de sérieux. Bref ils sont chiants !
C'est dommage car dans le fond je pense qu'ils ont raison d'alerter l'opinion
sur le réchauffement climatique, de susciter une prise de conscience
sur l'épuisement prochain de l'Energie et son corrolaire (une forte augmentation
de son prix) afin que nos concitoyens prennent des dispositions adéquates
et que nos responsables économiques anticipent la reconversion dans 1/2
siécle de la filière énergétique havraise.
D'une certaine façon ils participent à la politique de notre municipalité
qui, avec le tramway, apportera à nos concitoyens, un moyen de transport,
propre, efficace, moderne, confortable et bon marché.
Toutefois et comme je le proposais dans un billet précédent le CAC aurait pu s'engager, dans le débat public, en faveur de la mise en place du champ d'éoliennes off shore, en Seine-Maritime, au large du Tréport dont le projet depuis 2002 ne cesse de prendre du retard.....
La contestation est tellement plus facile et ............plus consensuelle !

Commentaires
Bravo pour votre visite, cela prouve votre ouverture d'esprit. Malheureusement vous n'êtes pas tombé sur les militants les plus ouverts.
Vos remarques sont judicieuses et il est vrai que la contestation est toujours plus facile. Le caractère international du CAC fait qu'ils ne s'intéressent pas à nos problèmes locaux (je le déplore également). Ils ont malgré tout tenté de participer aux débats, malheureusement truqués et unilatéraux comme le sont certains conseils municipaux et faussement écolos comme le sont certains "jolis" projet de notre belle ville. Je parle en connaissance de cause puisque j'étais présent à la "présentation" de l'agenda 21 !
En tout cas, encore bravo pour votre ouverture d'esprit et votre anti-sectarisme pourtant généralisé chez beaucoup de vos collègues...
La démocratie selon les écolos ...... Ceci étant en ce qui concerne les éoliennes en mer celà fait comme dans le marais avec les chasseurs , essayer d'imposer par la force sans concertation : pourquoi s'acharner à les installer sur les zones les plus poissoneuses alors que les pècheurs eux mème on proposer de les installer dans des zones ou ils ne vont pas , ce serra tellement simple de dire que les pècheurs sont des destructeurs lorsqu'il n'y aurra plus de poisson !!!!!
Je résume: Pas de pétrole, pas de béton, il faut polluer le moins possible.
Comment sont-il venu jusqu'au Havre ??? En voiture (voir les photos), en train ??? C'est polluant tout ca ! Je me parle pas des pétards qu'ils doivent fumer à longueur de journée !
Les construction en béton leur pose problème ??? Je ne vois pas ou est le rapport ??? Heureusement que toutes nos villes ne sont pas construites en bois, sinon il n'y aurait plus beaucoup de forêt dans le monde.
sans parlé du plastique de leur s chapiteau ,,, bouhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
lol
biensur qu il utilise le système et notre système a besoin de contestataire pour avancer , limiter la casse, mais de la a éjecter les gens sur un territoire ou a propori ils n ont aucun droit ( a moins que la propriété leur pose aussi problème)
Ils n'ont pas trouver mieux que d'aller bloquer Téréos sous pretexte que les agros carburants provoquent la déforestation et des déplacements de populations ..... Mais voilà cette usine ne travaille qu'avec du blé francais et majoritairement normand , je ne savait pas que le pays de Caux et le Vexin souffrait de déforestation et d'exode massive ..... De plus s'est souvent du ble de mauvaise qualité agronomique ( récolté en fin de saison après de fortes pluie ,etc ) qui ne conviendrait plus à l'alimentation humaine et puis les résidus de l'usine servent à fabriquer des aliments pour le bétail économisant ainsi de couteuses importations de soja du Bresil qui eux contribuent réellement à la déforestation mais bon ce n'est pas la premiére fois que les écolos travestissent la réalitée avec la complicitée de certains médias !
Sur le principe, si un élu vient les voir, il doit être reçu. Pitoyable de leur part d'autant plus que ce fait m'est confirmé par d'autre biais.