Les 5 problèmes de notre école :

  • L'illétrisme. Depuis 10 ans la situation ne cesse de s'agraver : 12% des élèves sont anaphalbetes à l'entrée en 6ème et 20% sont quasiment illétrés cad capable de déchiffrer un texte sans le comprendre.Soit 30% environ exclu de facto de la lecture. Ses enfants sont en situation d'échec garantie à l'entrée en 6ème.
  • Incapacité du système éducatif à remédier à l'échec scolaire : 80% des enfants qui n'apprennent pas à lire au Cours Préparatoire n'apprennent jamais à lire."C'est au niveau du cp qu'il faut faire porter l'effort".
  • Violences à l'école : 50 000 incidents graves dans nos lycées chaque année. A titre d'exemple. 40 armes à feu ont été saisies dans nos lycées et collèges en 2007.
  • 160 000 éleves sortent du système éducatif sans qualification ni diplôme.
  • Crise des vocations :
    • Baisse importante des effectifs en sciences (biologie, physique, chimie).
    • Il existe également une crise des vocations pour l'enseignement surtout pour l'enseignement secondaire (SVT).

les 3 illusions pédagogiques des années 70 à l'origine des 5 problèmes ci-dessus.

  • 1er illusion : la pédagogie de la créativité : L'idée repose sur le fait que "l'enfant ne maitrise vraiment les savoirs que si il les a construit lui-même". C'est une pédagogie basée sur la spontanéité de l'enfant, son inventivité, sa créativité, son imaginaire. "Cette idée n'est pas idiote mais fausse".
    "L'essentiel de l'Education (parent-enfant) et de l'Enseignement (professeur-éleve) est d'abord et avant tout la transmission d'un patrimoine, d'un héritage". " apprendre les bonnes régles de base " ne relève pas de la créativité.
    L'idéologie de la spontanéité transmet aux enfants une certaine arrogance et une fausse créativité tandis qu'accueillir un héritage patrimonial développe une attitude plus humble.

  • 2ème illusion : la pédagogie de la motivation : L'idée ici est la suivante : " il ne faut plus ennuyé les enfants " il faut d'abord les motiver. C'est une pédagogie ludique, pédagogie par le jeu. Là encore une bonne intention et une belle idée qui sont malheureusement fausses car selon Luc FERRY le travail précède la motivation et non l'inverse.
    Quelque soit le domaine d'étude il ne devient interessant qu'après un certain travail, or "je ne sais pas faire travailler les enfants sans contrainte". "Si on commence par une pédagogie du jeu l'élève bute quand il faudra travailler". Luc FERRY s'interroge : " Qu'est-ce-qu'un grand prof ? " quelqu'un qui vous met au travail (qqu'un de pragmatisme). "Mettre le ludique d'abord c'est l'échec quand on commence à travailler".

  • 3ème illusion : le jeunisme. "Nous n'avons cessé de valoriser la jeunesse au détriment de l'âge adulte". "C'est le Syndrome de Peter PAN qui refuse de grandir". "Il faut accepter son âge, c'est la sagesse". …. "On est rien de grand à 10 ans, on est adorable mais on est un grand rien-du-tout.
    L'entrée dans le monde des adultes, est plus riche, plus profond, plus intense que le monde de l'enfance. Le jeunisme considère que " grandir est une catastrophe ". Le "Ticket d'entrée dans l'age adulte c'est le travail".

D'après Luc FERRY les solutions pour lutter contre l'échec scolaire sont :

  • Revaloriser l'enseignement technique en créant quelques grandes écoles techniques, des classes en alternance dès l'âge de 14 ans.
  • Dédoubler les classes de Cours Préparatoires (CP) car c'est là que "tout se joue"
  • Ouvrir le monde de l'entreprise aux enseignants en leur faisant faire un stage de 15 jours dans les entreprises.
  • Ouvrir les classes aux parents des enfants en difficultés, et pourquoi pas créer une "école des parents "

Le coupable ? : la société de consommation / son complice ? : le chef d'entreprise (petite provoc à l'auditoire composé de responsables économiques)

Pour Luc FERRY, les difficultés scolaires ne sont pas un problème uniquement français mais touchent l'ensemble des pays occidentaux.
La société de consommation (et son complice : le chef d'entreprise) porte une grande responsabilité dans la crise de l'école.
Pour luc FERRY, L'univers capitaliste n'est pas un univers moral. La vie ne peut se résumer à une compétion féroce où "si vous n'avancez pas, si vous n'inovez pas vous êtes morts".
"C'est le benchmarking. "L'ouverture sur le grand large, la compétition est partout, mais cela change le sens de l'histoire". "Si je n'avance pas je tombe comme en bicyclette".
La finalité de ce monde a totalement disparu et cet univers détruit l'école.
Pour la société de consommation il faut casser ce qui freine la consommation.
Ainsi "Plus il y a des valeurs morales, spirituelles fortes moins vous consommez" par conséquent "le chef d'entreprise pour vendre ses produits doit lutter contre ces valeurs morales". C'este une "logique qui déconstruit les valeurs traditionnelles". Il nous faut réapprendre, à prendre de la distance avec la société de la consommation.

concernant les mesures gouvernementales Luc FERRY n'est pas tendre avec les mesures prises par son successeur, Xavier DARCOS : Luc FERRY n'aurait "jamais baisser les effectifs de l'éducation nationale" et il considère que la pédagogie du soutien scolaire mise en place actuellement est vouée à l'échec car "ce n'est pas avec 2h de soutien scolaire par semaine que vous aider efficacement un enfant en grande difficulté scolaire".

D'autre part en répondant aux questions il a indiqué qu'il était en faveur de plus d'autonomie aux établissements scolaires et qu'il était opposé à la suppression de la carte scolaire.

Pour votre information vous trouverez sur ce lien une reflexion personnelle écrite il y a 2 ans intitulée : les réformes de l'éducation nationale vue du Havre.

ainsi qu'un compte rendu d'une visite que j'avais fait dans un centre d'apprentissage au Havre.