En Belgique, sur le front du maritime, l'union fait la force et tous en profitent. Pour preuve, les prévisions de (bons) résultats des ports annoncés fin octobre par la Banque nationale de Belgique : du mieux en matière d'emploi direct (+ 0,9%) mais aussi en terme de valeur ajoutée, malgré la régression de l'économie mondiale. Selon le Llyod (édition du 23 octobre 2009), ces résultats seraient largement attribuables "aux excellentes prestations du cluster maritime" (*) qui représente une valeur ajoutée directe de 4,87 mia.d'€ (+22%) et près de 40 000 équivalent temps plein.

Qu'en est-il en France en général, et en Normandie en particulier ?

Le cluster maritime créé par l’Institut Français de la Mer n'a pas l'efficacité du cluster belge mais ne reste pas les bras croisés. Sans doute la réforme portuaire, l'une des premières entreprise par le gouvernement Sakozy, est-elle notamment le fruit de travaux engagés par les membres du cluster qui, à l'occasion de la campagne électorale, n'avaient pas manqué d'interroger les candidtats sur la nécessité d'engager des réformes. Je me souviens avoir été interrogé par des membres havrais de ce cluster au moment de la campagne législative de 2007 où j'étais candidat.

En Normandie, l'on peut aussi se réjouir de la récente création du tout premier Conseil de coordination interportuaire installé fin octobre par Dominique Bussereau sur l'axe Seine et réunissant les ports de Paris, Rouen et Le Havre. "Nous allons faire travailler les ports ensemble et mettre en commun ce qui peut l'être" a déclaré le secrétaire d'Etat aux Transports qui sait que ces trois ports forment un "ensemble portuaire cohérent parmi les plus importants d'Europe." Pas question de fusion. Rien que des rapprochements concrets tels que la mutualisation de moyens techniques, informatiques et administratifs ainsi qu'une harmonisation des politiques commerciales, pour parler d'une seule voix face à la concurrence.

Le cluster maritime, le nouveau Conseil de coordination inteportuaire sont de bons atouts pour "le fait maritime français" qui, à lui seul, représente 317.500 emplois directs, 2 % du PNB, et des entreprises qui sont parmi les toutes premières mondiales dans une dizaine de métiers différents... Pour peu que tous tirent dans le même sens.

(*) groupe d'influence rassemblant des entreprises et fédérations professionnelles du monde maritime, dont la mission est de développer des synergies entre les secteurs d'activité liés à la mer.