Les polluants actuellement réglementés et faisant l'objet d'un suivi (cliquez-ici) :

Le dioxye de Soufre : S02

Les émissions de SO2 sont en majorité dues au secteur industriel (92%), et en particulier au raffinage du pétrole(Total, ExxonMobil et Shell) ainsi qu'à la centrale thermique EDF du Havre. Ces 4 entreprises emmettent à elles seules près de 85% du total haut normand. En ajoutant quelques entreprises de pétro-chimie, on dépasse rapidement les 90%. Le transport maritime et fluvial représente 3% des émissions régionales.La part des transports (diesel) est minime surtout depuis la suppression progressive du soufre dans les carburants.

Le dioxyde de soufre est un gaz irritant, notamment pour l’appareil respiratoire. Associé à des particules, il peut déclencher une gêne respiratoire chez les personnes sensibles, ou réalisant des efforts physiques intenses. Selon son association avec d'autres polluants et les concentrations atteintes il peut déclencher des crises d'asthmes, augmenter les symptômes respiratoires aigus chez l’adulte (toux, gène respiratoire), altérer les fonctions respiratoires chez l’enfant (baisse de la capacité respiratoire, excès de toux ou de crise d’asthme).

Dans l'environnement, le dioxyde de soufre se transforme principalement en acide sulfurique qui, en se déposant, contribue à l'acidification (pluies acides) et à l'appauvrissement des milieux naturels, et à la détérioration des matériaux (pierre, métaux…).

Depuis 30 ans, les émissions de SO2 sont en forte baisse du fait de la modernisation des installations de combustion et des mesures prises par les industriels

Les oxydes d'azotes : NO et NO2

La présence de ce polluant est principalement liée à la combustion et la circulation automobile. Dans la région, les émissions sont imputables à l’automobile (environ 38 %) et à l’industrie (environ 35 %), mais la part de l’industrie est parfois largement majoritaire, comme sur Le Havre où elle rejette environ 80 % des NOx : la centrale thermique et les raffineries sont les plus gros émetteurs ponctuels (cliquez-ici)

Le monoxyde d’azote passe dans les alvéoles pulmonaires, se dissout dans le sang où il limite la fixation de l’oxygène sur l’hémoglobine. Les organes sont alors moins bien oxygénés. C'est également un irritant respiratoire : il pénètre dans les voies respiratoires profondes où il fragilise la muqueuse pulmonaire face aux agressions infectieuses, notamment chez les enfants. Les études expérimentales et épidémiologiques semblent suggérer une relation entre l’asthme et l’exposition au NO2 aux concentrations habituelles rencontrées. Le dioxyde d’azote est surtout un indicateur de sources de pollution complexe et constitue par ailleurs l’un des principaux précurseurs de la pollution photochimique par l’ozone.

Sur l plan environnemental, le dioxyde d'azote, en présence d'eau, se transforme en acide nitrique qui retombe au sol ou sur la végétation. Il contribue ainsi, avec d'autres polluants, à l'acidification des milieux.

On observe une baisse globale du NO2 mais une augmentation à proximité automobile, notamment au Havre sur le capteur du cours de la République. Contrairement au SO2, aucune tendance significative n'est observée pour le NO2 : on observe des pics de concentrations bijournaliers qui correspondent aux heures d'affluence du trafic.

Ozone : 03

C'est une pollution photo-chimique. Dans la stratosphère l'ozone joue le rôle d'un film anti UV, protecteur de la vie sur terre. Le "trou d'ozone" est une disparition partielle de ce filtre, liée à l'effet "destructeur d'ozone" de certains polluants . Au sol, ce gaz agressif résulte de la transformation de certains polluants primaires (tels que le N02 ou les hydrocarbures) sous l'action du rayonnement solaire. Les mécanismes réactionnels sont complexes et les plus fortes concentrations d'O3 apparaissent l'été, en périphérie des zones émettrices des polluants primaires, puis peuvent être transportées sur de grandes distances.

Les sources principales sont la circulation automobile et l'industrie. Cette pollution se retrouve aussi bien en ville que dans les campagnes

L'O3 est un gaz agressif qui pénètre facilement jusqu'aux voies respiratoires les plus fines. Il provoque toux, altération pulmonaire ainsi que des irritations oculaires. Ses effets sont très variables selon les individus.

L'O3 a un effet néfaste sur la végétation (sur le rendement des cultures par exemple) et sur certains matériaux (caoutchouc...). Il contribue à l'effet de serre et aux pluies acides.

Particules en suspension, Poussières : PS, PM10

Liées à l'activité humaine, ces poussières suspendues dans l'air résultent en particulier de la combustion (la centrale thermique du havre est le plus gros émetteur : 16% du total haut normand), des procédés de production (chantiers de BTP, carrières, travail du bois, ensilage…) ou de l'usure et de l'érosion de matériaux divers. Ces poussières, très fines, peuvent également véhiculer d'autres polluants comme des métaux lourds et des hydrocarbures.

Les effets sur la santé Selon leur taille (granulométrie), les particules pénètrent plus ou moins profondément dans l'arbre pulmonaire. Les particules les plus fines peuvent, à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires inférieures et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes.rôle des poussières en suspension a été montré dans le cas de certaines atteintes fonctionnelles respiratoires, des affections respiratoires chroniques (notamment la bronchite chronique obstructive), le déclenchement de crises d’asthme, l’altération du débit ventilatoire et la hausse du nombre de décès pour cause cardio-vasculaire ou respiratoire.

Les effets de salissure des bâtiments et des monuments sont les atteintes à l'environnement les plus évidentes.

Benzène

Les évaporations de COV (Composés Organiques Volatils) des bacs de stockage des raffineries de pétrole sont à l'origine des densités d'émission les plus importantes. Viennent ensuite les émissions des transports routiers qui sont réparties plus largement dans l'espace contrairement aux émissions industrielles qui restent "localisées".

Leurs effets sur la santé sont nombreux : ils vont d’une certaine gène olfactive à des effets mutagènes et cancérigènes (benzène, dichlorobenzène, mono et dichlorotoluène, acétaldéhyde, acroléine, formaldéhyde…), toxiques (hydrocarbures halogénés, aldéhydes, terpènes…), en passant par des irritations diverses et une diminution de la capacité respiratoire (aldéhydes…).

Mesuré depuis 1997, ses teneurs ont tendance à diminuer grâce à l'amélioration de la composition des essences

Monoxyde de Carbone : CO

Le CO est principalement émis par le transport routier (70%) puis par le secteur résidentiel et tertiaire (26%), via le chauffage urbain essentiellement. Le secteur industriel ne représente que 2,2% du total des émissions régionales. Les émissions les plus importantes sont donc concentrées autour des principaux axes routiers, ainsi que dans les grandes agglomérations.

C'est un gaz inodore, incolore et inflammable. Le CO se fixe à la place de l'oxygène sur l'hémoglobine du sang, conduisant à un manque d'oxygénation de l'organisme (cœur, cerveau…). Les premiers symptômes sont des maux de tête et des vertiges. Ces symptômes s'aggravent avec l'augmentation de la concentration de CO (nausée, vomissements...) et peuvent, en cas d'exposition prolongée, aller jusqu'au coma et à la mort.

Le CO participe aux mécanismes de formation de l'ozone troposphérique. Dans l'atmosphère, il se transforme en dioxyde de carbone CO2 et contribue à l'effet de serre.

Les concentrations ont tendance à baisser, conséquence, notamment de l'introduction des pots catalytiques

 

Autres substances

D'autres substances font l'objet de directives européennes plus récentes (12/2004) et concernent plus particulièrement les métaux toxiques :arsenic, cadmium, mercure, nickel et les hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Métaux toxiques

Ce sont les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l'environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn), etc.

Les métaux toxiques proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères...et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). La généralisation de l'essence sans plomb a considérablement fait diminuer les concentrations de ce polluant.

Ils s'accumulent dans l'organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ou autres...

Les métaux toxiques contaminent les sols et les aliments. Ils s'accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques. Certains lichens ou mousses sont couramment utilisés pour surveiller les métaux dans l'environnement et servent de "bio-indicateurs".