• Par découragement selon le sociologue Didier LAPEYRONNIE : "les gens ne se sentent pas partie prenante de la société. Ils ont le sentiment de ne pas avoir d'existence politique. C'est une tendance longue, qui accompagne le mouvement de ghettoïsation".

  • Par rejet selon le Maire de MONTFERMEIL Xavier LEMOINE : "une partie de la population vit en autarcie par rapport au reste de la société. Ils considèrent que les institutions ne méritent pas qu'on s'y intéresse. Ils ont leur vie à eux, réglée par d'autres codes".......

  • Par indifférence négative selon le sociologue Jean-Yves DORMAGEN : "l'abstention dans les quartiers ne correspond pas à un calcul ou à une stratégie politique..... l'abstention n'est pas un acte protestataire.
    C'est plus profond : le jeu politique leur est largement étranger. Cela peut soulever un problème de légitimité pour les élus..... l'abstention est porteuse d'une logique censitaire, qui conduit à faire désigner les gouvernants par la partie de l'électorat la plus protégée et la plus âgée."

Un désintérêt et un manque de confiance dans le système électoral qui se lit aussi sur les listes d'électeurs : dans ces quartiers, les "non inscrits", par choix ou par ignorance, peuvent représenter 25% des électeurs potentiels, contre 10% sur le reste du territoire. Bilan : la coupure entre les habitants de quartiers rénovés et le monde politique ne fait que s'accuentuer.

Pourtant la puissance publique ne s'est pas désintéressé de ces quartiers. Avec les différents programmes de rénovation urbaine (GPV sous le gouvernement Lionel JOSPIN et ANRU sous les présidences de Jacques CHIRAC et Nicolas SARKOZY) ce sont plus de 40 milliards d'euros que la France consacrera, à la rénovation urbaine ! certains quartiers ont profité d'un lifting complet : les quartiers sud et nord du Havre en sont la preuve.

Au Havre l'abstention a atteint 70% dans ces quartiers soit 10% de mieux que la moyenne des quartiers équivalents des villes françaises.

Faut-il y voir un signe ?