Dans
le monde multipolaire qui se prépare l'Europe constitue un pôle au même titre
que les USA, la Chine, l'Inde, et d'autres demain.
Pour que ce pôle ait un sens politique il doit parler d'une seule voix et représenter
une communauté relativement homogène d'hommes et de femmes.
L'intégration de la turquie change la nature de l'union européenne, nous aurions
préféré que la France s'élève dès aujourd'hui pour indiquer à la turquie qu'elle
était la bienvenue dans un partenariat privilégié à vocation économique avec
l'union européenne. A l'exemple des relations que tissent les USA avec le Mexique.
Jean-Louis Bourlanges Député Européen, apporte une argumentation très approfondie
dans une interview paru dans le figaro du 28 décembre et dont vous trouvez les
éléments importants ci-dessous.
A
propos de la turquie : l'intégration de la turquie constitue une rupture
fondamentale dans l'histoire de la construction européenne. Elle sonne le glas
des 2 ambitions qui sont depuis 50 ans la base de l'entreprise : 1) l'affirmation
politique d'une unité de civilisation 2) la mise en place d'une capacité commune
d'action à caractère fédéral. L'union devient un simple carrefour de civilisations.
Quelles sont les origines de l'europe ? L'europe est une création du
haut moyen âge. Elle est née de la conjonction de 3 phénomènes : la chute de
l'empire romain donnant naissance à un système politique éclaté entre plusieurs
état indépendants 2) une révolution religieuse : le triomphe du christianisme
3) la conquète turco-musulmane qui a fixé le territoire européen en en retranchant
définitivement la rive sud de la méditérannée.
Qu'est-ce-que
l'identité culturelle européenne ? Une communauté politique particulière
fondée sur des valeurs communes mais aussi sur une histoire, une culture, une
manière d'être, de penser et d'agir communes. Avec la Turquie, l'hétérogénéité
culturelle, économique et sociale de la future union lui interdira de devenir
une véritable communauté politique solidaire et démocratiquement organisée et
en transformera les institutions - comission et parlement compris en autant
de rivalités nationales et à la confrontation des états.
A propos de la religion chrétienne et de l'Europe. Le politiquement
correct confine ici au déni de réalité. Il est abérrant de nier…. que chaque
religion n'est pas cantonnées au for intérieur de la conscience individuelle
mais qu'elle joue un rôle central ….dans la représentation que les hommes se
font d'eux-même, de leurs rapports aux autres et de leur relation à la politique.
Il y a une volonté de diaboliser cet aspect de l'europe. Pourquoi ? Parce que
les chefs d'état européens étaient dans l'ensemble acquis à l'idée de transformer
l'UE en un simple club inter-gouvernemental, un club qui n'a nul besoin pour
exister d'incarner une communauté européenne homogène et solidaire. Ensuite
parce que le rève multiculturaliste, l'idée que l'UE est faite pour accueillir
l'autre, le différent et non le semblable, pour rejeter les déterminismes hérités
de l'histoire et de la géographie a tout emporté sur son passage.
A
propos de la dynamique européenne : Le problème fondamental de l'union européenne
n'est pas celui de son extension insuffisante mais celui de son manque de cohésion
politique. L'europe a toutes les ressources pour faire jeu égal avec les USA,
et seule son défaut d'intégration politique et institutionnelle lui interdit
de jouer un rôle majeur au XXIème siecle.
Pourquoi l'union européenne est relativement populaire en France : La
droite avait choisi l'Europe par fidélité à une histoire et à une
culture par reconnaissance d'une identité de civilisation qui prolongeait et
élargissait une identité nationale devenue trop étroite. La gauche avait
voulu l'Europe à la fois par amour de la paix et par souci de voir une puissance
publique européenne encadrer le développement économique et social du continent.
Sera-il possible de dissocier la question turque du débat sur le
traité constitutionnel ? la bonne blague ! comme s'il était
possible de dissocier la détermination du contrat de mariage du choix
des époux. Fonctionnellement les 2 questions sont liées, car nombre
de français qui étaient au départ favorables à l'idée
d'une constitution européenne avant de faire franchir à l'union
une étape supplémentaire sur la voie de l'intégration.
A
propos du référendum sur l'adhésion turque décidé
par le chef de l'état : L'idée de renvoyer à 10 ans
une décision qu'on peut prendre aujourd'hui est profondément malsaine.
Imagine-t-on dans quel état seront la France, l'Europe et la Turquie
après une décennie de brouillards et de frustrations, de chantages
diplomatiques et de mobilisations populaires ?
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de Marc Migraine : conseiller municipal du Havre
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