Valérie Fourneyron, députée maire de Rouen : "Nous portons tous cet envie de réfléchir sur les enjeux autour de notre fleuve. Nos traits d'union sont la mer, le fleuve et le rail. Ce sont les traits sur lesquels nous devons nous appuyer pour construire nos bassins de vie".

Philippe Duron, député maire de Caen : "L'enjeu majeur est de penser le territoire à la bonne échelle. La réflexion a été conduite par l'Etat il y a 40 ans déjà. Mais les choses sont en train de bouger, notamment grâce à la réalité géographique aidée par l'homme qui a jeté le pont de Normandie entre les deux rives. Ces deux rives se recomposent. Mais le bassin dépasse la vallée de la Seine : là est sa force pour demain. Ainsi l'hinterland du Havre doit-il aller... de Dieppe à Nantes ! [...] Dépassons nos concurrences entre villes normandes qui nous ont freinés dans le passé."

Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris : "Que Paris soit présent à ce colloque est un événement. Notre travail ici consiste à repérer les contradictions et ce qui peut être mis en commun. La Seine constitue une trame bleue et verte considérable. Nous allons tenter de déterminer aujourd'hui les axes très concrets d'intervention. [...] Il faudra du temps et des efforts pour que l'appropriation citoyenne soit effective. Mais il n'est pas dit qu'Anvers et Rotterdam doivent demeurer les ports d'approvisionnement pour l'Europe."

Edouard Philippe, adjoint au maire du Havre : " Ce que l'on va évoquer est prêt dans l'esprit des gens qui vivent cet "axe Seine" plus simplement que ce que l'on peut imaginer."

Comment procéder ?

Edouard Philippe, adjoint au maire du Havre : "La méthode qui repose sur un projet est la bonne méthode. Au fur et à mesure où l'on lance des projets, le dynamisme se crée et entraine tout. Evitons de commencer par nous poser des questions de structures qui ne passionnent... que les élus."

Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris : "Travaillons ensemble, à l'image du Comité interportuaire qui vient d'être créé par les trois ports."

Valérie Fourneyron, députée maire de Rouen : "Nous avons besoin de nous doter d'outils de projets collectifs et non pas de cadres trop formalisés. laissons vivre l'ensemble des acteurs."

 

A quoi jugerons-nous que ce colloque aura été une réussite ?

Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris : "Le fait d'être là est un premier succès".

Edouard Philippe, adjoint au maire du Havre : "Si l'on arrive à écrire ce sur quoi nous sommes d'accord, alors nous aurons avancé".

 

2eme table ronde : Les grands enjeux économiques et internationaux

Laurent Castaing, directeur du GPMH : "Aujourd'hui, nous bricolons nos échanges entre Le Havre, Rouen et Paris. [...].Le potentiel que Le Havre et Rouen proposent aux armateurs est insuffisant : il faut travailler sur l'amélioration de la liaison avec Paris. Et ne pas limiter nos ambitions à Paris : il faut offrir du volume ! [...] La décision, hier centralisée, ne vient plus d'en haut. Ceux qui décident in fine sont toujours nos clients. ce qui représente un changement car on a longtemps pensé qu'il nous suffisait de créer des hectares..."

Christian Duhaut, dirigeant d'Eurotrans : "Aujourd'hui, le gateway d'Ile de France est Anvers... L'enjeu est de faire arriver les marchandises par bateau du Havre et non plus par camion de Belgique. Une organisation technique est déjà en place dans les ports du Nord depuis les années 1980. Notre différence avec ces ports ne sera pas facile à rattraper...[...] On arrive dans le monde du conscient. Il faut apprendre à associer le public au privé, comme en Hollande et en Belgique."

Antoine Grumbach, architecte urbaniste : "C'est un événement considérable que les trois ports de Paris , Rouen et Le Havre commencent à travailler ensemble. Il faut réfléchir culturellement et économiquement. Finissons-en avec la séparation : ne parlons plus des ports sans parler des routes, du fer, ... et de tout élément autour du transport, de l'économie et de la gouvernance. [...] Il faut se préparer à la mutation des paysages pour créer des zones qui généreront de la valeur. Ces zones logistiques sont indispensables [...] Pensons aussi les ports comme lieux de loisirs, de tourisme. Le port du Havre est un exemple extraordinaire à vendre mondialement ! Il se développe économiquement et développe aussi sa vertu écologique."

 

Pourquoi ce retard des ports français ?

Philippe Deiss, directeur du GPMR : "Le volet social est un boulet pour nos ports. Ajoutons les problèmes de desserte : un port ne se développe que si ses dessertes se développent. Oui au camion pour le dernier km mais pensons aussi fer et fleuve ! Aujourd'hui le fluvial reprend droit de cité tant vis à vis des industries que des élus et de la population".

Hervé Martel, directeur du GPMP : "Nos infrastructures ont du retard mais Port 2000 représente un coup d'avance par rapport à Anvers et Rotterdam. [...] Quant au transport du conteneur sur la Seine, il date de moins de 15 ans. En 2010, nous disposerons de 5 terminaux et en 2013 de six terminaux."

Il y a urgence...

Laurent Castaing, directeur du GPMH : "Sur le conteneur, il y a urgence. Si on n'est pas prêts aujourd'hui, nous allons passer à coté de la redistribution des cartes. Il y a aussi urgence sur le ferroviaire, sur le fret comme sur les passagers pour attirer nos clients. Nous jugerons nos résultats obtenus aux chiffres de l'emploi et des volumes traités... "

 

3eme table ronde : les mobilités voyageurs et fret

Laurent Beauvais, président du Conseil régional de Basse Normandie : "Le y (le tracé proposé de la future ligne grande vitesse) est devenu pour moi la plus belle lettre de l'alphabet".

Alain Le Vern, président du Conseil régional de Haute Normandie : " le colloque sera réussi s'il débouche sur un calendrier précis. Le mois de mai doit être celui du mois du calendrier. Nous avons besoin de sortir des promesses effectuées et des projets jamais réalisés "

Guillaume Pepy, président de la Sncf : "Il y a une dette vis à vis des utilisateurs quotidiens des lignes ferroviaires en Normandie. Il faut la réparer. Grace au développement du TGV, beaucoup de villes se sont rapprochées... sauf celles qui n'en ont pas bénéficié et qui s'en sont éloigné... La question a déjà été sur la table, notre génération n'a pas le droit d'échouer. Ce sera long et coûtera de l'argent mais on accrochera les deux régions.[...] L'accroche de ce réseau au niveau européen est indispensable ; ce serait une erreur historique de ne pas le faire."

Jean Pierre Duport, président du comité de pilotage de la ligne nouvelle grande vitesse Paris Normandie : "Mes convictions : le projet ne se réalisera que s'il y a une volonté politique forte des trois régions sur l'ensemble des tranches à réaliser. Vous devez travailler là dessus. Vous devez créer un lobbying politique, comme les élus de l'Est de la France ont su le faire pour la première ligne TGV... Le Comité de pilotage fera le maximum."

Jean Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile de France : "Les trois régions sont d'accord sur les solutions retenues."

Jean- Christophe Victor, concepteur de l'émission Le dessous des cartes (Arte) : "Qu'est ce qui bloque ? Des rivalités de villes, de personnes ? Ce que la géographie nous dicte ? Peut-on en sortir ? La Chine et la Corée nous disent oui. L'écart avec eux est important, il sera difficile à rattraper. Mais est-ce notre avenir ? Nous plaçons-nous sur le même terrain que la Chine ou le Brésil ? Ou préférons-nous développer l'économie de la connaissance et le secteur tertiaire ? [...] La fonte des glaces génère l'ouverture d'un nouveau détroit ouvert en 2020. Il permettra de joindre Rotterdam à Tokyo en 15 400 km, au lieu des 24 000 et 21 200 actuels sur les routes maritimes existantes... L'échéance est proche, 10 ans. Tout doit donc être pris en compte pour avancer..."

Témoignage de Jacques Attali : "Il n'y aura pas de grand Paris sans l'accord de s trois maires. Sans lui, Le Havre restera un petit port, Rouen disparaîtra comme une petite ville de province et Paris continuera de descendre dans le classement mondial..." Un accord des trois maires sur le fer, le fleuve, etc est fondamental pour l'avenir de notre pays"

Conclusions

Antoine Rufenacht, maire du Havre : "Deux choses m'ont frappé dans cette journée. En premier lieu l'importance des enjeux et l'ambition du projet : l'enjeu est l'avenir de notre pays, il s'agit de permettre à la France de rester dans la compétition mondiale ; nous travaillons là pour nos enfants et petits enfants. En second lieu, l'urgence : nous avons pris du retard, partout dans le monde les investissements sont considérables. L'urgence justifie donc des décisions rapides et probablement des procédures un peu exceptionnelles. [...] Autre particularité de ce colloque : l'acte politique fondateur qu'il a permis de poser. Le travail en commun des trois villes est le début d'un rassemblement, le signe d'une solidarité forte entre nous. Ce colloque est une manière de répondre "chiche ?" à l'Etat qui doit si c'est une priorité, en tirer les conséquences. [...] Nous ne sommes pas d'accord sur tout mais nous nous retrouvons sur l'essentiel. Ne dénaturons pas cette opportunité historique."

Laurent Fabius, président de la communauté d'agglomération de Rouen : "La Seine est à la fois notre lieu et notre lien. Nos atouts sont notre tissu économique de tout premier plan, notre patrimoine, notre richesse culturelle. Nos erreurs seraient de considérer la Seine comme une autoroute, ou comme un trait de crayon sur un croquis, ou encore d'oublier l'une des deux Normandie...[...] Notre avenir dépend de notre volonté d'agir ensemble dans une démarche concertée. [...] Il faut passer des déclarations d'intention à l'action. Monsieur le Préfet, l'Etat doit nous appuyer par des moyens massifs et des procédures d'urgence. [...] Nous souhaitons que cette fois soit la bonne."

Bertrand Delanoë, maire de Paris : "Le moment que nous vivons est sans précédent. Paris s'engage à vos côtés et ma présence ici en est la preuve. Les enjeux sont nombreux : le développement économique et écologique, l'aménagement du territoire, la culture, l'en jeu démocratique également : quand les élus de droite et de gauche sont d'accord, l'Etat n'est pas obligé de nous donner tord. [...] Ces aventures là, on ne sait pas si elles seront couronnées de succès ; mais il y a un chemin passionnant à emprunter, qui comporte des défis mais j'ai l'intention de le faire avec vous et avec enthousiasme. "

Signature à 17 h d'une déclaration finale par A Rufenacht, L Fabius et B Delanoë (voir le site parisrouenlehavre.fr )

declaration_finale_colloque.pdf