Lancé en 2001, le premier livre électronique - le "Cyboot" de Cytale - était un appareil de moins d'1 kg capable de stocker 1 million de livres au prix de 900 €. Un vrai flop pourtant. Trop cher ? Trop tôt ? Trop "informatique" ? Qu'importe, les ingénieurs, qui n'ont pas dit leur dernier mot, sont retournés à leurs chères études : depuis deux ans, d'autres modèles (les plus au point sont le Kindle et le SonyReader) sont prometteurs pour deux raisons principales :

  1. Confortables : l'écran est enfin au point. Leur "encre électronique" (e-link), nouvelle technique d'affichage, change la donne, la lecture devient moins fatigante que sur les écrans d'ordinateur et téléphones portables.
    Plus proche du "rendu papier", l'eBook présente des caractères qui semblent imprimés sur les pages.
  2. Moins cher : on en trouve d'excellents à partir de 250 €. Inéluctablement, les prix vont baisser, sans doute sous la barre psychologique des 100€.

Cerises sur le gâteau : les eBooks sont désormais :

  • peu gourmands : les écrans dits "bistables" bénéficient d'une autonomie qui peut atteindre plusieurs semaines !
  • accueillants : ils peuvent réunir une bibliothèque de milliers d'ouvrages, dont de nombreux gratuits.
  • bien plus qu'un livre : dans certains cas, l'eBook propose aussi un dictionnaire intégré, permet de prendre des notes, de surligner les passages pour les retrouver facilement et offre même une connexion au réseau. Il ne manquerait à l'eBook que l'odeur du papier...

Tout est dit ou presque ? La suite de l'histoire de l'eBook n'est plus qu'une affaire d'intégration de technologies existantes, de mise à disposition de contenus et de production en masse afin d'abaisser les coûts pour le consommateur final..... à moins que l'ipad d'apple ou l'équivalent de google le rend obsolète avant même sa diffusion en masse.

Et pourtant, l'eBook peine à trouver sa place...L'eBook voit la vie qu'en noir et blanc. Et seulement en noir et blanc (à l'exception de quelques produits très marginaux) car le papier électronique en couleur est une technologie balbutiante. Par ailleurs, le papier électronique a un temps de latence très long ; sans compter le phénomène de rémanence (l'image précédente reste partiellement visible) au changement de page ; impossible (sauf exception) d'y lire des BD (l'écran demeure trop petit) et des magazines. Enfin, il manque de logiciels sociaux dédiés et surtout, l'offre n'est pas assez claire ni étoffée en matière de contenus.

Le contenu, parlons-en ! Le "e-lecteur" peut acheter ses livres électroniques.
Il peut aussi trouver des livres gratuits grâce à des sites qui mettent à disposition des chefs d'œuvre du domaine public directement transférables sur les liseuses (www.ebooksgratuits.com par exemple). Mais ces contenus demeurent limités en nombre et très anglo-saxons. Des perspectives existent bel et bien : l'arrivée massive de l'édition scolaire (pourquoi pas demain des manuels de maths sur e-book, mettant ainsi fin aux achats de livres scolaires hors de prix ? ) pourrait changer la donne. Idem du côté des livres professionnels : manuels d'utilisation, encyclopédies spécialisées et livres techniques devraient trouver dans l'eBook un support idéal car léger (par rapport aux 12 volumes ou aux manuels de 800 pages !) et facile à mettre à jour.

Où en est-on en France ? Le marché des liseuses est embryonnaire mais progresse lentement grâce, notamment, au SonyReader disponible depuis 2008. Apple (et son nouvel iPad) se charge sans doute de faire le reste... Le premier distributeur est une filiale d'Amazon ; lequel Amazon domine le marché des revendeurs en détenant dans le monde 60% de part de marché.
Selon le magazine Challenges, la FNAC aurait vendu 40 000 livrels en France depuis novembre 2008. L'éditeur français qui aurait fait le plus gros chiffre d'affaire sur le eBook est le groupe Eyrolles. La bibliothèque universitaire d'Angers et la médiathèque d'Issy les Moulineaux proposent en prêt des liseuses chargées de textes.

Auteurs et éditeurs font de la résistance. L'arrivée du eBook va radicalement transformer le secteur de l'édition, tout comme l'arrivée de l'imprimerie l'a par le passé métamorphosé en passant du moine copiste aux encyclopédistes.
La question est de savoir si cette transformation sera subie ou initiée par le monde de l'édition. Le monde de la musique en sait quelque chose... La technologie est un écosystème, les gagnants sont ceux qui s'y insèrent harmonieusement.
A noter, côté auteurs : il va devenir facile de basculer dans l'auto-édition et la relation directe avec leurs lecteurs.

L'eBook à l'étranger Aux USA, l'habitude de lire sur une tablette électronique est installée : on parle de 3 millions de liseuses vendues en 2009, un chiffre qui doublerait chaque année ! Outre Atlantique, le Kindle s'est fait une place au soleil. l'iPad est prometteur. Quant aux fichiers de licences électroniques (dominé par Amazon), ils génèrent déjà 113 millions de dollars de chiffre d'affaire. Les romans d'amour semblent les genres les plus vendus... A noter la présence sur le marché américain du Nook, lancé en décembre 2009, qui dispose de deux écrans, l'un à papier électronique pour lire, l'autre en couleur et tactile. Au Japon, Fujitsu a commercialisé le livre électronique en couleurs.

Et la planète, dans tout cela ? Le papier, l'encre, le transport ont un coût pour la planète. La pollution liée à la fabrication d'un eBook s'amortit en quelques livres. Un argument dont le poids ira grandissant dans les années à venir. Pour lire l'article sur l'informatique verte cliquez ici

Apple sort une tablette intitulée "ipad" qui serait commercialisée en France à partir de fin mars (pour voir la démo de l'ipad cliquez ici). De son côté google en association avec le Tawaïnais HTC propose également une tablette (pour plus d'info. cliquez ici)