Voici les éléments principaux du documentaire :

A) Les faits :

  • il s'agit d'actes individuels d'insoumission : mutilations volontaires, recul anticipé jusqu'aux lignes arrières, désertions.
  • les actes collectifs d'insoumission, quant à eux, se développent au printemps 1917 sous la forme de mutineries.
    Que ces actes soient individuels ou collectifs, certains de leurs auteurs auront la malchance d'être tirés au sort. Ils seront fusillés pour l'exemple devant l'ensemble de leur compagnie. Leurs familles subiront le déshonneur public.

B) Les chefs d'inculpations :

  • Abandon de poste en présence de l'ennemi.
  • Refus d'obéissance.

C) L'organisation de l'inculpation et la condamnation :

  • A la demande expresse de l'état major, le pouvoir politique donne, dès les premiers mois de la guerre, un blanc-seing à la justice militaire.
  • Les conseils de guerre réunissent 3 hauts gradés issus du même régiment. Les sentences sont précipitées et les condamnations expéditives ; l'objectif est avant tout de renforcer l'ardeur des troupes. "À peine soupçonnés, dénoncés sans aucune preuve tangible ni enquête sérieuse, certains soldats tirés au sort sont fusillés".

Le documentaire nous apprend également que :

  • sur 2 500 condamnations à mort prononcées , 550 Français ont été exécutés
  • la France n'est pas seule à avoir "fusillé des soldats pour l'exemple" : 750 soldats Italiens ont également été exécutés, 330 Britanniques, 48 Allemands ;
  • des réhabilitations ont eu lieu dès 1920 à la demande d'associations d'anciens combattants. Actuellement, 30% à 40% des fusillés ont été réhabilités. Le Président de la République, dans un discours du 11 novembre 2008, a envisagé une réhabilitation globale de l'ensemble des " fusillés pour l'exemple ".

Réflexion personnelle :

L'état major en 1914 a-t-il eu tort de sanctionner ses soldats ?
A l'armée, un refus d'obéissance est gravissime et une sanction pour le coupable, y compris la plus sévère, est nécessaire.
Je pense qu'au moment où le soldat monte à l'assaut, où il risque de mourir, au moment où la peur le tenaille, c'est l'obéissance aux ordres qui le pousse à se battre. Sans cette obéissance aux ordres, une armée se désintègre.
L'obéissance est la colonne vertébrale de toutes les armées du monde.
C'est pourquoi, j'accepte que des soldats soient sanctionnés pour refus d'obéissance ou abandon de poste.
Mais en 1914-1918, la justice militaire se caractérise par l'arbitraire : l'arbitraire des chefs d'inculpation / l'arbitraire dans le choix des condamnés / l'arbitraire dans la composition des conseils de guerre.

A la suite de la projection du documentaire, un débat a été animé par le réalisateur Alain MOREAU.

Dans ce débat sont apparues très vite des idées partisanes et il m'a semblé que la cause des fusillés risquait d'être instrumentalisée dans un débat politique.
Néanmoins, je suis prêt à m'engager en faveur de la réhabilitation des 4 soldats Havrais sous réserve :

  1. d'étudier leur dossier (je n'ai actuellement aucune information sur ces 4 soldats*)
  2. de respecter une totale neutralité politique (c'est au titre de Maire Adjoint du Havre que je soutiendrai cette cause) et je demanderai ce respect aux autres soutiens.

* Il s'agit de nos concitoyens : Marcel CHEMIN, Marcel LEBOUC, Adolphe LEFRANCOIS et Henri MILLE, condamnés et exécutés le 28 juin 1917.

Sources :

  • le documentaire "Fusillés pour l'exemple" d'Alain MOREAU, projeté le lundi 16 mars au studio.
  • l'article de la presse havraise du 27 février 2009.
  • le dossier de télédoc accessible en cliquant ici