A l'origine de ce plan, une nette baisse de la consommation de produits pétroliers en France (estimée à environ 10% entre 2000 et 2014) et notamment de l'essence dont la consommation est passée de 15 MT en 1995 à 10 MT en 2007 (prévision de 5-6 MT en 2020). Cette tendance affecte tout particulièrement la raffinerie de Normandie dont la production d'essence est aujourd'hui excédentaire, le marché américain, débouché traditionnel, étant lui aussi en train de s'essouffler.

Un Comité Central d'Entreprise (CCE) est prévu le 10 mars prochain pour la présentation d'une stratégie qui devrait s'appliquer entre 2011 et 2013. Un investissement de 800 millions d'euros est prévu pour corriger la situation, réaménager la raffinerie et rééquilibrer la production au profit du diesel et en diminuant les quantités de fioul lourd.

Dans ce contexte de baisse globale de la consommation, Total dispose d'un certains nombre d'arguments pour justifier sa stratégie, et tout particulièrement les 800 millions d'euros investis qui auront des repercussions importantes sur l'emploi. Mais, comment expliquer, notamment aux pouvoirs publics, qu'une entreprise qui fait 14 milliards d'euros de bénéfices en 2008 va fortement diminuer son activité sur sa plus grosse raffinerie et supprimer 200 postes ?