Voici mon argumentation :


1/ Je suis d’accord sur le principe pollueur / payeur. Je suis en effet favorable à ce que les Etats se chargent de démanteler eux -même leurs navires de guerre, et notamment le Clemenceau dans le cas de la France. Mais ce n’est pas le démantèlement de quelques navires de guerre français qui garantira la viabilité d'une filière de déconstruction de navires. C’est pourquoi je pense qu’il est vain, voire contre-productif que Le Havre se positionne en structure d’accueil de cette filière.

2/ Le vrai combat c’est de faire appliquer le principe pollueur / payeur à l’échelle européenne et surtout mondial, à l’ensemble des Etats (flotte de guerre) et, surtout, à l’ensemble des armateurs (flotte commerciale).

3/ Néanmoins les pays à bas coûts de salaire resteront très nettement plus compétitifs, même si ils respectent des normes sociales imposées, car le travail de base du démantèlement reste un travail peu qualifié de ferrailleur. Doit-on privilégier l'établissement au Havre d'une activité génératrice d'une faible valeur ajoutée ? Je ne le crois pas.

4/ D'autant que ce n’est pas l’intérêt du Havre d’initier une activité qui n’est pas rentable et qui demande des subventions. Par expérience, les havrais savent combien des emplois subventionnés sont précaires.

5/ Une étude qualitative et non quantitative de l’emploi au Havre montre que le secteur industriel rencontre des difficultés de recrutement. Les Havrais cherchent des emplois dans le secteur tertiaire.

6/ En revanche Le Havre a un fort potentiel de créations d'emplois qualifiés et non subventionnés dans le secteur logistique et portuaire. C'est dans cette voie qu'il faut s'engager.