Jeux de mains ?
Jai sous les yeux un article de «Time
Magazine», édition du 10 avril 2000 (je sais, je
sais, cela date un peu mais je lavais découpé
exprès pour vous en parler et puis je lai perdu!).
Donc, à la page 29, se trouve un article qui rend compte
des recherches menées par deux grandes universités
américaines (Berkeley et Rutgers University).
Et quest-ce quelles ont donc cherché ces universités?
Eh bien elles ont cherché sil y a un rapport entre
la taille relative des doigts et des traits de caractères.
Là où ça devient intéressant, cest
que non seulement elles ont cherché mais elles ont trouvé!
Je vous traduis les dernières phrases de larticle:
«chez les hommes, les index très courts ne veulent
pas dire quils sont homos ou hétéros, dit
létude, cela signifie quils ont probablement
de nombreux grands frères. (
) Les femmes avec un
long index sont, elles, plus fertiles. Qui plus est, les hommes
possédant de longs annulaires tendent à être
de meilleurs joueurs de football et de meilleurs musiciens, en
même temps quils sont plus dépressifs et virils.»
Ils sont quand même épatants ces Américains,
vous ne trouvez pas! Quest-ce quon attend pour faire
une étude similaire sur la population du Havre ou sur les
internautes fidèles au Havre.com? Comment donc pouvons-nous
vivre dans un tel obscurantisme? Cest vrai quoi. Prenez
votre serviteur: jai beau regarder mes doigts, je ne leur
trouve rien de bien remarquable. Et comme je ne suis ni footballeur
ni musicien, que je nai pas de grand frère, que je
ne suis que faiblement dépressif et que je ne sais pas
trop comment ces études mesurent le concept de virilité,
jai peur de passer à côté de ce grand
pas en avant de la science contemporaine.
Rendez-vous compte, cest quand même formidable de
pouvoir savoir quun enfant au berceau sera viril ou pas,
footballeur ou billardeux, végétarien ou prix Nobel,
laîné de beaucoup de frères ou ancien
combattant, sympathique ou chroniqueur sur «Auhavre.com».
Et tout ça en ne regardant que les doigts. Vous imaginez
la révolution pour les entretiens de recrutement: «bonjour
Madame, non, votre nom ne mintéresse pas, montrez-moi
seulement votre main. Extra! Et les agences matrimoniales! Vive
la science! Et lorientation scolaire: «tiens, ma fille
a un annulaire court: elle sera donc chirurgienne, et hop là!»
Jadore ces grandes études ultra-sérieuses
et américaines. Peut-être quon fait les mêmes
de ce côté-ci de la Seine mais je nen entends
jamais parler, et vous? Je suis fasciné par ce besoin de
se connaître, de décrypter la moindre parcelle du
moi qui a échappé au psychanalyste!
Tout cela donne des études comme celle-ci ou comme dautres
qui, après avoir étudié quelques milliers
de cas pendant plusieurs années, découvrent avec
stupéfaction et, par exemple, exposent doctement que: il
y a plus dobèses aux Etats-Unis quen Ethiopie,
les sauteurs à lélastique ont une espérance
de vie plus courte que les autres,
les mangeurs de buf ont plus de chances que les autres dattraper
la maladie dite «de la vache folle», après
la pluie vient le beau temps, les Américains sont de grands
enfants qui se prennent au sérieux et je les adore.
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