L'état actuel de dégradation de l'estuaire de la Seine résulte
grosso modo de l'interaction de deux phénomènes majeurs, liés
comme partout ailleurs au développement économique. D'une part,
la mise en place d'aménagements portuaires et la chenalisation
progressive du système ont conduit à :
- la migration vers l'aval et la déstructuration du complexe
bouchon vaseux - crème de vase-vasières latérales,
- un morcellement de l'estuaire aboutissant à une compartimentation
des écosystèmes. 
Ceci a entraîné une artificialisation très poussée du système
et une perte extrêmement importante en surface estuarienne.
Ces aménagements ont en fait largement contribué à l'accélération
du comblement estuarien qui se fait déjà naturellement et
a conduit à une résorption drastique des sites biologiquement
utiles. D'autre part, l'accroissement des populations humaines
comme celles de l'agglomération parisienne dans le bassin versant
de la Seine, l'évolution de l'agriculture et le développement
de l'industrie sont à l'origine d'un grand accroissement
des flux de contaminants arrivant à Poses (limite amont
de l'estuaire dynamique). Ces contaminants font de l'estuaire
de la Seine l'un des plus pollués d'Europe. La reduction de
la surface estuarienne et la diminution du volume oscillant,
c'est-à-dire du volume d'eau qui entre et sort de l'estuaire
à chaque marée, ont par ailleurs entraîné une chasse progressive
vers l'aval du bouchon vaseux qui se trouve actuellement
centré entre le pont de Tancarville et l'arrivée de l'estuaire
en mer (engainement). Ceci a conduit à un envasement progressif
de l'embouchure, envasement que l'on retrouve dans les faibles
profondeurs de la partie est du littoral du Calvados.