Le lin : production locale
Clin d'œil sur une découverte
"On
me niche en terre, on me sort de l'eau, on me met dans l'eau,
on me brûle les os, on met sèche.
On me frappe.
Je sers à table le monde respectable.
Je suis avec lui au berceau, et je le mène au tombeau".
Quelle peut-être cette récolte étrange dont les graines sont semées
à la mi-mars et dont la plante pousse en cent jours ?
Quelle peut-être cette culture récoltée pour moitié de la production
française dans le pays de Caux ?
Quelle peut-être cette fleur qui parsème de sa couleur azur comme
un feu d'artifice des étendues de vert ?
Quelle est donc cette plante domestiquée par l'homme depuis l'Antiquité
avec laquelle est fabriquée un fil utilisé comme textile ?
C'est le lin.
C'est
le lin qui existe en plus de cent espèces mais dont la fleur bleue
reste la plus connue.
C'est le lin qui se récolte en juin dans notre campagne normande.
C'est le lin que nos agriculteurs s'appliquent à ne pas couper
mais à expirer du sol, racines comprises, afin de conserver toute
la longueur des fibres précieuses.
C'est le lin qui sera conditionné en rubans soyeux aux reflets
verts ou dorés pour être par la suite blanchit. Et c'est son aspect
chiffonné qui depuis les années 70 séduit les plus grands créateurs
de haute couture.
L'homme
a trouvé une utilité à chaque partie de cette plante : les anas
– déchets de paille – servent à la fabrication des panneaux agglomérés.
La paillette, utilisée en horticulture, retient l'humidité de
la terre.
Les graisses améliorent l'alimentation du bétail. L'huile enrichit
les peintures et les savons.
Alors, promeneurs de la Seine Maritime, en juin
prochain, n'oubliez pas de regarder les champs qui parsèment votredépartement
de cette culture si riche et si prisée par les boutiques parisiennes.
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