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François Herdé

 
Les critiques cinématographique
de françois herdé

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Just married (ou presque) - Kennedy et moi - Accords et d�saccords
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Toys Story 2 - Company man - Mission impossible 2
Eyes wide shut - Ordinary decent criminals - ô Brother
Space cowboys - Charlie et ses droles de dames - Escrocs mais pas trop!

Accords et d�saccords
(sans fausse note pour autant)

L�histoire : la vie d�Emmet Ray, guitariste de jazz g�nial des ann�es 30, film�e comme un documentaire qui alterne les documents d�archives et les commentaires de personnes autoris�es (j�aime beaucoup cette expression, pas vous ?). Le Woody Allen annuel est sorti. Et c�est un bon cru. Plut�t de la famille de � Alice �, � Tout le monde dit � I love you � �, ou � Broadway Danny Rose � que de � Manhattan �, � Une autre femme � ou � Crimes et D�lits � (mes pr�f�r�s). Mais, ne boudons pas notre plaisir car le p�re Woody s�est donn� du mal c�t� sc�nario : cela fait longtemps qu�il ne nous a pas pondu un film dans lequel il n�est pas question de psychanalyse et dont le h�ros ne sait pas ce qu�exprimer ses sentiments veut dire. Ce personnage � totalement fictif, bien s�r - est m�me tellement oppos� aux � classiques � alleniens (au point qu�il aime une femme muette !) que je me demande si Allen ne se pose pas, de temps en temps, la question du bien-fond� de la consigne socratique : connais-toi toi-m�me � Toujours est-il qu�il profite de cette libert� nouvelle pour nous faire �couter un peu du jazz qu�il aime, nous faire aimer un personnage odieux, nous faire r�fl�chir � ce qu�est la cr�ation et, comme toujours, nous faire rire. Les d�cors, l��clairage chaud et ouat�, le jeu des acteurs, tout concourt � ce que ce personnage outrancier qui vivait � une �poque violente, nous apparaisse d�une grande douceur. En particulier, Emmet Ray ressemble physiquement � Chaplin avec qui il a en commun ce beau regard surpris et bon. Et pourtant, cette myopie, qui sauve toujours Charlot, va emp�cher le musicien de reconna�tre la douceur dans le regard des autres et le faire passer � c�t� du grand amour. Sean Penn est magistral en musicien habit� qui croit n�aimer rien en dehors de sa guitare, regarder passer les trains et tirer au revolver sur des rats. Il est odieux en Emmet Ray, musicien vaniteux et alcoolo, pitoyable en s�ducteur de bas �tage et risible en maquereau na�f ou en enfant g�t� dont le r�ve de d�crocher la lune finit dans les flammes, tout comme l�enfance de Citizen Kane. Il para�t qu�il faut s��merveiller de ce que Sean Penn aurait appris � jouer de la guitare en 6 mois. Moi, je pr�f�re m��merveiller de ce que Woody Allen parvienne, ann�e apr�s ann�e, � nous faire plaisir en nous racontant une nouvelle histoire.


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