L’histoire
: un marionnettiste surdoué mais sans revenus est recruté par
une société dont je n’arrive pas à qualifier l’activité. Dans
ses bureaux, il découvre un passage secret qui amène directement
dans l’esprit de John Malkovitch. Essayez de deviner la suite
… Raté. Essayez encore … Raté derechef. Inutile de finasser
: c’est le meilleur film américain que j’ai vu depuis un bon
moment. D’abord, un grand coup de chapeau aux scénaristes :
il fallait l’inventer, cette histoire ! Et puis, il fallait
oser la proposer aux studios, aux acteurs, etc. Le film qu’on
aurait aimé écrire. L’idée en elle-même est suffisamment originale
pour justifier le film mais cela ne leur a pas suffi : il a
fallu qu’ils nous étonnent et qu’ils nous fassent rire ou nous
émeuvent à chaque scène. Rien n’est gratuit, rien n’est en trop
mais pas un personnage, pas une scène qui ne soit complètement
loufoque et admirablement joué. Enorme coup de chapeau à Malko
(pas SAS, l’autre). Il ne joue jamais deux fois le même rôle,
toujours là où on ne l’attend pas, vraiment un grand bonhomme.
Film égocentrique ? Je ne crois pas mais cela n’engage que moi.
Ce n’est pas l’acteur Malkovitch qui est filmé ici, c’est l’homme.
Et pas en position flatteuse : l’homme est envahi, manipulé
et enfin libéré (mais il n’y est pour rien). Pas égocentrique,
non, juste une grande performance d’acteur. Les autres sont
très bons aussi. Cerise sur le gâteau : les séquences de marionnettes
sont magnifiques. Bravo sans réserve à tous ceux qui ont participé
à ce bon moment. Merci et revenez quand vous voudrez, il y aura
toujours un couvert pour vous.