dimanche 27 mai 2007
Caf� citoyen sur l'�conomie : Invit� Didier CORPET
Par Marc Migraine,
dimanche 27 mai 2007 à 11:04
Economie
Didier CORPET : Invité du café citoyen du mercredi 23 mai 2007 dans le cadre de la campagne législative de Marc MIGRAINE et Josepha RETOUT dans la 7ème circonscription en présence de Florent Saint-Martin et Bruno Bequet candidats dans la 8ème circonscription. Les notes d'introduction de Marc Migraine sont situées à la fin de ce compte rendu
Didier
CORPET anime deux entreprises havraises qu'il a repris, associ� avec
leurs dirigeants, il y a 5 ans, membre �lu de la chambre de commerce et d'industrie
du Havre et Pr�sident des Entrepreneurs et Dirigeants Chr�tiens de Normandie,
il s�int�resse notamment aux questions de la formation et de la reprise d'entreprise.
En introduction didier CORPET indique qu'il y a un d�calage entre ce
que ressent l'entreprise dans son quotidien et l'image des difficult�s de l'�conomie
ressenties par l'opinion. Par exemple les entreprises des pays aux co�ts salariaux
faibles ne sont pas en concurence avec les soci�t�s que dirige M. CORPET.
le co�t du travail en France est un faux probl�me pour lui car les vrais
concurrents sont des entreprises europ�ennes ou am�ricaines aux m�mes co�ts
salariaux.
M. CORPET indique que plut�t discuter sans fin du partage du "g�teau" existant il faudrait mieux d�abord le faire grandir. Ce � g�teau � correspond � la valeur ajout� du travail surtout marchand, c�est ce que produisent les entreprises et notamment les PME. Avec une croissance mondiale de 4 � 5% par an il n'y a aucune raison pour que la France n'en profite pas, et qu�ainsi elle puisse mieux r�partir ensuite les fruits de cette croissance.
Cette croissance est possible sous 2 conditions :
A) S'enrichir en acceptant les lois du marché.
Pour cela il faut 3 éléments principaux :
- La consommation : R�pondre positivement � la volont� des habitants de s'enrichir en augmentant leur pouvoir d�achat. S'enrichir car la vie co�te plus cher aujourd'hui qu'hier. Les fran�ais ont des besoins de communication, de d�placement ou de logement qui leur co�tent aujourd�hui plus cher qu�hier. Par exemple les t�l�phones portables, les ordinateurs, les ipods, l�nternet provoquent des d�penses qui n'existaient pas il y a 20 ans.
- Les entreprises : Soutenir les entreprises pour qu�elles soient mieux pr�sentes dans le march� global, valoriser la mondialisation au lieu de la d�nigrer, aider les entreprises � exporter et � innover. Faire en sorte que l�image de l�entreprise soit valoris�e parce que c�est elle qui cr�e la richesse dont tous ont besoin.
- Les investissements : faire agir en commun les acteurs publics et priv�s pour favoriser les investissements qui soutiennent la croissance pr�sente et pr�parent celle de demain, les investissements sont autant incorporels par la formation par exemple que corporels par les infrastructures telles que Port 2000 ici au Havre.
B) Avoir des entreprises compétitives :
Didier CORPET insiste beaucoup sur le besoin d'un meilleur dialogue social
au sein des entreprises :
D'un c�t� il faut des bons employeurs qui savent gagner de l�argent en adaptant
leurs entreprises � leurs march�s tout en �tant respectueux de leurs salari�s
et en r�mun�rant correctement les efforts des salari�s.
De l'autre c�t� il faut des salari�s qui apportent leur travail, leur savoir-faire
et leurs id�es innovantes et qui ont l�envie que l'entreprise r�ussisse sans
arri�res pens�es d�un autre age.
Didier
CORPET est partisan d'apporter une formation sur le dialogue social aux
entrepreneurs, aux cadres et aux syndicalistes. Il sugg�re la cr�ation d'un
"dipl�me" de patron qui pourrait �tre d�livr� aux repreneurs et aux cr�ateurs
d'entreprises par exemple. En effet les employeurs et les cadres ont une image
tr�s n�gative du syndicalisme parce que celui-ci est trop souvent motiv�
par de int�r�ts personnels, politiques ou corporatistes.
Il faut casser les rigidit�s et les protections abusives du syndicalisme trop souvent coup� des r�alit�s du monde du travail. Nombre d��lus du personnel et de d�l�gu�s syndicaux ne mettent plus les pieds dans leurs entreprises depuis des ann�es et cherchent � �tre �lus pour se prot�ger eux-m�mes davantage plut�t que pour aider les autres salari�s, ils deviennent ainsi non repr�sentatifs en r�alit�.
La France a besoin de "missionnaires" pour changer les réticences des syndicalistes et des employeurs les uns envers les autres.
Concernant la flexibilit� de l'emploi,
didier CORPET, indique que le march� du travail est tr�s contrast� : pour 50%
des salari�s il n'y a aucune ou tr�s peu de flexibilit� tandis que la flexibilit�
p�se tres fortement sur les 50% restants (les < de 35 ans ou > de 55 ans) qui
sont dans une situation tr�s pr�caire.
Ceci ne lui parait normal. L�ennui c�est que les syndicalistes qui comptent
aujourd�hui en France sont tous ou presque issus de la cat�gorie des privil�gi�s
de la s�curit� et sont enti�rement d�cal�s par rapport � la r�alit� de
la pr�carit� des autres. Ils d�fendent ainsi des rigidit�s qui font que la
pr�carit� des � autres � s�accro�t.
Il est clair que dans ce � jeu � vicieux les entreprises participent en faisant
peser toute la flexibilit� sur ceux qui ne sont pas prot�g�s : Quand une entreprise
importante doit r�duire la voilure que peut-elle faire ? Elle r�duit le nombre
d�int�rimaires et la sous-traitance mais elle ne touche pas aux salari�s
� de plein droit � au risque d�une gr�ve imm�diate !
Concernant les tracas administratifs
: didier CORPET est favorable � une simplification des demandes de subventions.
En fait il consid�re qu'il serait mieux de diminuer voir de supprimer
toutes les subventions aux entreprises en �change d'une diminution de l'imposition
et des charges des soci�t�s.
Il est anomal que les entreprises (notamment les grandes) profitent du d�dale
et de la compl�xit� des modes d�obtention des subventions et deviennent ainsi
souvent des "machines � tricher". C�est amoral et idiot : Combien d�heures sont
ainsi perdues dans l�administration et dans les entreprises ?
En terminant son intervention Didier CORPET indique que les contr�les fiscaux,
de l�URSSAF, ou de la DRIRE ne le g�nent pas en ce sens que les r�gles doivent
�tre respect�es et que les contr�les sont logiques.
Mais encore faudrait il que les r�gles soient bien les m�mes pour tous et qu�elles
soient �tablies en concertation et en bonne intelligence sans accumulations
intempestives et contradictions nuisibles.
Les tracas insupportables par les entreprises ne proviennent pas de l�existence
des r�gles mais de leurs complexit�s et des abus de pouvoirs de certaines
administrations qui en r�sultent.
Le lib�ralisme dans lequel doivent s�inscrire nos entreprises pour r�ussir n�est pas du tout sauvage pourvu que les r�gles qui le contr�lent soient claires et simples et s�appliquent � tous.
L'assistance composé d'une trentaine de personnes s'est beaucoup interessée au besoin de rénover le dialogue social.
Notes de Marc MIGRAINE en introduction du café citoyen sur l'économie le mercredi 23 mai 2007 :
Mes
Principes :
- je suis favorable au syst�me lib�ral temp�r� par la d�mocratie.
- je ne vois que 2 moyens d'enrichir un pays et d'avoir de la croissance et
ainsi permettre de redistribuer des moyens vers les plus démunis :
- travailler plus (jeunes - s�niors)
- ou travailler mieux (gain de productivit�).
Quel est l'Etat de l'économie française ?
- La situation �conomique difficile de la France :
- croissance moins forte que les pays de la zone
EURO
- d�ficit du commerce ext�rieur depuis 2004 : la France n'est pas
capable de produire autant qu'elle consomme.
L'industrie souffre d'une perte de comp�titivit� comme le souligne le point de conjoncture en mai 2007 de l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie : ses conclusions sont les suivantes :- Les entreprises françaises réalisent de moins bonnes performances à l'exportation que leurs voisins européens
- Elles souffrent de nombreux handicaps : dégradation de la compétitivité-coût, lourds prélévements fiscaux et sociaux, faible durée du travail
- Mais elles continuent d'investir et de distribuer du pouvoir d'achat à leurs salariés, malgré la forte dégradation de leurs résultats financiers.
- Taux de ch�mage �lev�.
- Baisse relative du pouvoir d'achat par rapport aux autres pays europ�ens : 6�me de l'OCDE en terme de PIB par habitant en 1980 nous sommes aujourd'hui 16�me.
- d�ficit du commerce ext�rieur depuis 2004 : la France n'est pas
capable de produire autant qu'elle consomme.
-
Faiblesse de la cr�ation d'emplois marchands :
- 85% des cr�ations nettes d'emplois au cours des 25 derni�res ann�es ont concern�s le secteur public cad qu'ils ont �t� financ�s par l'imp�t.
- Le nombre d'heures travaill�es par salari� est le plus faible de l'OCDE (m�me si leur productivit� est forte) :
la
non-participation au march� de l'emploi est importante : 30%
de la population active ne participe pas au march� de l'emploi : ch�meurs,
jeunes, pr�-retraites (taux d'emploi des plus de 55 ans 37.5%).
- Forte pr�carit� des jeunes (plus
de 80% des CDD concernent des jeunes de moins de 35 ans).
- Faible cr�ation d'emplois en faveur des travailleurs
peu qualifi�s.
La France cumule � la fois :- plus de jeunes travailleurs peu qualifi�s qu'un grand nombre de pays industrialis�s et
- un co�t du travail pour ce type d'emploi �lev� proportionnellement au salaire médian. (1/3 des salari�s en France sont r�mun�r� entre un et 1.2 SMIC).
La France ne peut continuer avec :
- de moins en moins de croissance et
- de plus en plus de d�penses sociales,
La France ne peut continuer car notre système se heurte à la quadrature du cercle : il faudrait à la fois moins d'imp�t pour stimuler l'initiative et plus d'imp�t pour financer l'enseignement sup�rieur, les infrastructures, la prise en charge des personnes �g�es, la justice�.
Les mesures que je préconise :
- Encourager les petites et moyennes entreprises
en leur réservant une part des marchés publics. La création
de 2 emplois sans charge pour toutes les entreprises était une proposition
particuliérement judicieuse de Francois Bayrou.
- Encourager le secteur économique hautement
qualifi� :
- En effet sur le march� des biens de qualit� moyenne, la comp�tition est perdue d'avance en raison des co�ts salariaux des pays �mergents.
- C'est sur le march� des biens innovants et de hautes technologies qu'un pays comme la France peut se d�velopper.
- Il existe des pays développés pour qui la mondialisation
est un avantage : elle permet de baisser les prix de certains biens d�sormais
importés tandis qu'elle ouvre des march�s immenses pour les produits
des entreprises nationales.
- R�former l'enseignement sup�rieur et
approfondir le lien entre l'enseignement sup�rieur et le monde �conomique.
- R�serve d'emploi : p�nurie de
main d'�uvre. Ainsi certains secteurs connaissent une situation de pénurie
au Havre : les métiers de l'artisanat, de l'hotellerie, de la restauration,
du transport routier, de la santé.
- Service public de l'emploi plus efficace et
plus exigeant.
- Schématiquement il y a 2 mod�les de traitement de l'emploi :
- Am�ricain : faibles indemnit�s ch�mage, politique de reclassement des ch�meurs peu active mais retour � l'emploi spontan�ment rapide.
- Nordique : fortes indemnit�s ch�mage, mais politique de reclassement tr�s active et efficace.
La France doit choisir entre ces 2 modèles.
- Schématiquement il y a 2 mod�les de traitement de l'emploi :
- Cr�er une diff�rence beaucoup plus grande entre les revenus du travail et les revenus de l'assistance.
- On considère communément qu'il y a 3 freins au développement
économique :
- le cout du travail,
- le manque de souplesse du march� du travail,
- la compl�xit� du droit du travail et les tracasseries administratives.
Est-ce-vrai ? et quelle est la part de chaque frein. voici la 1er question posée à notre invité Didier CORPET.
