Jean-Luc
PINSON, Directeur du D�veloppement au CEFAC (Centre d'Etudes et de
Formation des Assistants Techniques du Commerce) était l'invité
de la CCI du Havre mercredi 12 novembre 2008.
Devant une 50 de commerçants, Jean-Luc PINSON a pr�senté les enjeux
concurrentiels du commerce, exposé les tendances du développement
du commerce de proximité en France et définit le rôle des
association de commerçants : véritable "club
des rez de chaussées".
J'ai découpé en chapitres l'intervention de Jean-Luc PINSON :
Le consommateur nouveau est arrivé
:
La
nouvelle donne de la consommation : "Le diabolo de la consommation"
:
- Le moyen de gamme est lamin�. De
50%, il y a 10 ans, sa part est passée � 10% aujourd'hui.
Le consommateur ne veut plus d'un produit moyen. Soit il veut un beau
produit et il n'hésite pas à choisir du haut de gamme, soit
il ne porte pas d'intérêt à un bien et il achète
du bas de gamme.
- Le haut de gamme se développe
pour les raisons citées ci-dessus et c'est un secteur où
les produits francais sont dominants (70% du marché mondial).
- Le bas de gamme a le vent en poupe et
se divise en 3 :
- Bas de gamme d'adaptation.
- Le Hard Discount : "Vend l'image du moins cher".
Le hard discount vend du delta, de la diff�rence.
Vous achetez le même produit moins cher.
Un boulevard s'ouvre devant le Hard Discount avec la loi LME qui retire
toutes "formalités" aux implantations de surfaces
commerciales < à 1000 m2.
- Low cost : c'est du bas de gamme qui continue à faire
réver. Exemple les billets d'avion low cost ou les voyages
à prix cassé.
- Le commerce par internet. Le chiffre
d'affaire de la vente par internet (le B to C : business to consummer) ne
représente qu'1,5% du commerce de d�tail, même si sa progression
est de 50% par an. Internet n'a pas d'impact significatif
sur les ventes du commerce de proximité.
En revanche Internet modifie le niveau de connaissance
des consommateurs.
Désormais le consommateur est trés renseigné il sait
"ou �a se vend et combien cela coute et prend des conseils auprés
de personnes qui ont déjà acheté le produit".
Le commerce de proximité doit s'emparer du web de proximit� en tissant
un lien avec son consommateur.
Les boutiques peuvent être le lieu de récupération d'un
achat fait par internet. Le consommateur, par son passage dans la boutique
peut en profiter pour faire un autre achat sur place.
- Les abonnements : Une partie de plus
en plus importante des dépenses des ménages est figée
par des abonnements.
Ainsi le pouvoir d'achat n'est plus aussi volatil et disponible pour le commerce
de détails qu'auparavant.
Pour mémoire "le taux d'endettement des français est de
68% du revenu brut tandis que le taux d'�pargne est de 15%".
Le rôle des commerçants et notamment des associations de commerçants
est de proposer un "abonnement au centre-ville".
JL PINSON a cité l'exemple d'un plombier dans une ville en France qui
propose ses services de dépannage et d'entretien sous forme d'un abonnement
mensuel.
Les
tendances démographiques :
- Augmentation du nombre des plus de 60 ans
: 12 millions en 2000, 20 millions en 2010 et 32 millions en 2020.
Or les personnes �g�es ont un pouvoir d'achat important et le plus fort
revenu disponible.
A partir de 50 ans "on ne s'�clate plus � pousser un caddie dans un hyper".
Les séniors sont "les plus fid�les, les plus fortun�s et ceux
qui sont les plus attach�s au centre ville". "Le couple avec
enfants part � la campagne puis revient sur le centre ville en appartement
avec vue sur le dispensaire".
- Diminution du nombre d'habitant par logement.
1/3 des ménages des centre-villes est compos� d'une seule personne
(la 1/2 à Paris). Ces personnes vivant seules constituent la clientèle
de centre ville. Pour information la croissance d�mographique annuelle
est de + 0,6% tandis que la croissance annuelle du nombre des m�nages
: +1,3%.
- Les Familles recompos�es ont une consommation
diff�rente (quantit� et lieu d'achat) selon la composition
momentan�e de la famille.
Il faut des hypermarchés quand tous les enfants de la famille recomposée
sont là et le commerce de proximité lors de la semaine ou
du week-end sans enfant. Aujourd'hui il faut
tous les formats de la distribution pour fid�liser une client�le.
- Le poids de la périphérie
des villes. Aujourd'hui 2/3 des français habitent
en périphérie des villes, c'est pourquoi le 2/3 du chiffre
d'affaire du commerce se fait en périphérie.
Le nouveau paysage des rues commerçantes
:
- La présence de plus en plus importante de prestataires
de services dans les rues commerçantes s'explique par la
part prédominante des services (60%) par rapport aux biens (40%) dans
la consommation des français. Ces prestataires de service doivent apprendre
à utiliser leurs vitrines et à animer nos rues. Ils ont toute
leur place dans les associations de commerçants véritable "club
des rez de chaussées".
- Les marques : Un centre ville est souvent
li� aux marques. Or, d'après JL PINSON, les marques ne sont plus aussi
attentives aux consommateurs européens qu'auparavant à cause
de l'émergence des marchés trés interessants des pays
émergents. L'intérêt strat�giques r�els des marques se
tourne parfois plus vers les marchés asiatiques qu'européens.
De même dans le domaine de la création, des nouvelles tendances
il apparait de nouveaux poles d'innovation que les USA ou l'Europe.
Les conséquences de la crise
�conomique
La
durée de la crise économique actuelle est impossible à
prévoir. Elle pourrait durer 2 années.
- Dans ce contexte les commerçants doivent avoir " La
mentalit� des poilus de 14 " c'est à dire "maintenir
le front, Tenir et continuer � progresser".
- L'économie française tient beaucoup en cette période
de crise sur la consommation intérieure. Si elle diminue la crise s'aggrave
: le rôle des commerçants est trés important. Les commerçants
doivent "Garder et donner le moral" "Tout tient sur le commerce".
"Pas le droit de baisser les bras". "Vous devez donner le moral
aux gens. Le client doit remonter chez lui avec le
moral et ses courses".
- Coup de coeur : le client, en période
de crise, reste disponible à un achat "coup de coeur".
Ces achats sont en permanente progression et représente environ 12%
des achats des français. Le commerçant doit évaluer le
seuil de permissivité d'un achat coup de coeur de sa clientèle
il doit se dire chaque jour : "mon commerce doit être tentant".
- L'animation du commerce doit s'adapter au contexte national et mondial.
Cette animation est différente en période de crise qu'en période
de croissance.
- Une fois la crise
passée "le prix des mati�res 1er va augmenter (croissance d�mographique)
: Pas une mauvaise nouvelle pour le commerce de proximit�".
Les besoins du commerce de proximité
- Accessibilit� : le centre-ville doit
être accessible facilement : place de parking, transport en commun etc.
- Attractivit� : Le plus grand boulot
des associations de commerçants est dans l'attractivit�. Les associations
de commerçants doivent s'attacher à générer du
"passage" (du flux). "Il faut travailler de plus en plus avec
M. le Maire et les CCI pour dynamiser le centre-ville". "Si l'image
de la ville est bonne elle devient un foyer de pouvoir d'achat."
- Animation. Les associations de commerçants
n'ont plus vocation à être le comit� des fetes bis. L'animation
est une "reflexion strat�gique d'�vennements commerciaux".
Dynamiser le commerce de centre-ville
- générer du passage dans
les rues, les boutiques du centre-ville. "Le centre ville est un m�lange
d'enseignes et de commerçants pour qui on vient parce qu'on a envie
de les voir." "Le club du rdc
(nom donné aux assos de commerçants par le conférencier)
ne vit pas du stock mais du flux".
Le passage permet les achats et surtout l'achat "coup de coeur".
- Le commerçant doit combiner une compétence(verticale)
métier et une compétence
(horizontale) en animant un réseau.
- Les commerçants doivent être originaux. Le contre-exemple
de la rue du gros horloge à Rouen. Il y a 20 ans la rue
du gros horloge de Rouen était une des rues les plus dynamique de France.
Aujourd'hui elle a perdu son dynamisme, sa richesse car elle est devenue,
par des enseignes inadaptées, la copie des centres commerciaux de périphérie.
Questions / Réponses :
L'ouverture
du dimanche :
- En période de crise l'ouverture du dimanche
n'est pas opportunne car l'ouverture dominicale étalera
sur 7 jours le chiffre d'affaire de 6 jours avec des charges en plus pour
le commerçant. Actuellement nous ne sommes pas en crise de l'offre
mais en crise de la demande.
"Les clients ont moins d'argents que de temps".
- A long terme oui : L'ouverture dominicale va dans
le sens de l'histoire. Les clients demanderont une ouverture de
plus en plus large : "On nous demandera d'etre ouvert 24H/24H - 7J sur
7". "Les commerçants devront s'associer, coopérer,
pour tenir et s'adapter � ces horaires".
L'arrivée des Docks VAUBAN :
- Il ne faut pas d'opposition frontal.
Le choix du manager du centre commercial est trés important : "il
doit �tre un urbain et non un vitrificateur de la p�riph�rie qui cherche �
tuer".
- Il faut un contact, un management entre le centre commercial et les associations
de quartier. Il y a lieu de réfléchir à une strat�gie,
un code de bonne conduite pour éviter par exemple le sabotage des animations.
Au contraire "il faut des animations � inventer ensemble. Il faut mailler
le syst�me".
La CCI a fait part de sa volonté d'aider les commerçants et de
participer au développement de cette stratégie.
Le Havre et ses multiples centres :
- Les différents quartiers du Havre (et leurs associations de commerçants)
doivent avancer unis pour valoriser l'image du centre-ville à l'échelle
de l'agglomération.
- En revanche l'animation commerciale doit tenir compte de l'identité
commerciale de chaque quartier. Elle est nécessairement différente
d'un quartier à l'autre de la ville.
Les centre de marques :
- Un centre de marque ne fonctionne que si il a une légitimité
dans le territoire. Par exemple à TROYES, les centres de marques ont
une légitimité car c'est ou ce fut un lieu de fabrication. En
revanche les centres de marques sans cette légitimité ont plus
de difficultés. Pour plus d'information sur le village de marques prévu
au pied du pont de normandie cliquez
ici
Je tiens à remercier vivement la Chambre de
Commerces et d'Industries du Havre pour l'organisation de cette conférence
passionnante. Je pense que les commerçants de notre ville ont trouvé,
mercredi soir dernier, des clefs de compréhension et d'action pour dynamiser
leur commerce. C'est parce que cette conférence était de trés
bonne qualité que je me suis permis d'en écrire un compte rendu
sur mon blog.
|