Compte rendu du caf� citoyen organis� par l'UDF - MoDem en juin 2007 dont le
th�me �tait :
le social pourquoi faire ?
Jean-Marc DURAND est pr�sident de l'UCJG
(foyer de jeunes travailleurs) et il est directeur de l'Association des Femmes
et Familles en Difficult�s (AFFD).
Cette derni�re association g�re, entre autres, 2 centres d'h�bergements (le
SAUF et le CARFED) pour les femmes et les familles en difficult�s.
Le SAUF est un centre d'h�bergement d'urgence
pour un mois maximum et le CARFED est un
centre d'h�bergement de plus longue dur�e. Le but de ces centres est que les
femmes avec ou sans enfants retrouvent un logement, des droits, une formation
ou un emploi, une stabilit� familiale.
Pour Jean-Marc DURAND le processus d'exclusion est progressif.
La famille se disloque par l'effet du ch�mage, de l'alcoolisme et de la violence
conjugale. L'inactivit� d�voile, parfois, des pathologies psychiatriques de
type psychose. Ainsi la d�tresse humaine pousse � des violences incontr�l�es
proche de l'acte de folie gratuite.
Le r�le des travailleurs sociaux est d'aider les personnes en difficult�s �
retrouver le chemin de l'insertion. Ils permettent �galement d'�viter que le
syst�me social explose.
L'assistanat est un terme qui se rapporte � la notion
de handicap.
Peut-on vraiment consid�rer un handicap social qui consisterait � l'impossibilit�
d'acc�der � vivre du fruit de son travail ?
La r�alit� du travail s'impose � tous et les ch�meurs se sentent les premiers
concern�s car ils re�oivent des indemnit�s de ch�mage en contrepartie d'une
recherche active d'emploi.
Les subventions agricoles sont une autre forme d'assistanat.
Pour Jean-Marc DURAND, les travailleurs sociaux ne travaillent plus dans l'assistanat.
L'assistanat n'est plus le mot qui convient. D'autant plus que des directives
europ�ennes substituent � l'assistanat la notion de politique sociale d'assistance.
Il s'agit de l'harmonisation de la politique sociale europ�enne telle qu'elle
�tait propos�e dans le projet de constitution europ�enne refus� par la France
et la Hollande.
Ce projet d'assistance minimum reposait sur 2 piliers :
- Revenu minimum de survie d'au moins
400 �.remise au travail d'une dur�e d'au plus 70 heures/mois. Ce revenu n'�tant
pas d�ductible du revenu minimum de survie
- Le tutorat se traduisant pour la France
par la r�union de l'ANPE, des ASSEDIC et des diff�rents organismes de formation.
Un tuteur unique pour chaque ch�meur avec comp�tence pour la recherche d'emploi,
l'indemnit� ch�mage, le volet activit� du Revenu Minimum d'Activit� et les
formations. La gestion de tous ces param�tres sera facilit�e s'il y a un seul
responsable.
Pour Jean-Marc DURAND l'exclusion a 2 causes principales :
- L'Echec scolaire :
- Le ch�mage li� � la reconversion de l'industrie.
Jean-Marc DURAND rappelle que le seuil de pauvret� est estim� en France � 600
euros et � propos de la mise en place des r�formes il consid�re que la marge
budg�taire pour conduire des r�formes est de l'ordre de 8 � 9%%, le reste du
budget (91 � 92 %) est reconduit d'une ann�e sur l'autre et correspond au train
de vie de l'�tat.
Loi opposable aux logements :
Cette loi a �t� dict�e, dans l'�motion, � chaud essentiellement pour faire
dispara�tre les tentes de SDF situ�es � Paris le long du canal Saint-Martin.
Cette loi r�pond � un probl�me pos� � Paris mais pas au Havre. En effet si au
havre les centres d'h�bergement sont ouverts dans la journ�e il n'en va pas
de m�me � Paris o� ces centres sont ferm�s et les personnes h�berg�es sont pri�es
de s'en aller le matin et de revenir le soir. Or bon nombre d'entres elles -
au gr� de leur rencontre ou ne voulant pas faire la queue - ne reviennent pas
le soir.
Cette situation parisienne s'oppose � la situation havraise o� les personnes
vivant dans des centres d'h�bergements temporaires peuvent y rester la journ�e
et entamer avec les travailleurs sociaux leur r�insertion sociale.
Par une boutade Jean-Marc DURAND indique que ce droit opposable devient, dans
l'�tat actuel des choses, un " droit � rester dehors ". Pourquoi
? Parce qu'en l'absence de places de logements sociaux pour loger les personnes
h�berg�es dans les centres d'h�bergements provisoires comme le SAUF ou le CARFED
la rotation des personnes h�berg�es dispara�t.
Voici sch�matiquement la situation dans le centre
d'h�bergement d'urgence (SAUF) du Havre avant et apr�s la loi.
Situation avant la loi opposable au logement :
- Dur�e d'h�bergement limit�e statutairement � 1 mois.
- Places d'h�bergement r�guli�rement disponibles gr�ce � la dur�e de s�jour
limit�e � un mois et � la rotation que cela engendre.
- Accueil sans crit�res de s�lection de toutes les femmes car la dur�e limit�e
� 1 mois lib�rait des places et assurait une rotation des femmes h�berg�es.
- Un nombre non n�gligeable de femmes sortait du SAUF au bout d'un mois pour
habiter dans la famille ou chez des amis avant de retrouver un logement d�finitif.
Avec la loi opposable au logement ces solidarit�s familiales n'ont plus lieu
d'�tre.
Apr�s la loi opposable au logement (1er mai) :
- Dur�e d'h�bergement non limit� � un mois. Les femmes peuvent rester au SAUF
aussi longtemps qu'elles le veulent en exer�ant leur droit opposable au logement.
- Tr�s nette r�duction de la rotation des places d'h�bergements.
- Mise en place de crit�res de s�lection compte tenu du manque de places disponibles
: Les femmes avec enfants sont accueillies prioritairement et les femmes sans
enfant ne sont plus accueillies.
- D'autre part la loi interdit le logement pr�caire comme l'h�tellerie.
Certes, � Paris l'ouverture uniquement nocturne des centres d'h�bergement d'urgence
n'�tait pas satisfaisante car aucun travail s�rieux de r�insertion ne pouvait
�tre pratiqu� avec les travailleurs sociaux et beaucoup de ces personnes ne
revenaient pas le lendemain soir au centre et la loi pour Paris pouvait se justifier
mais ce n'est pas le cas au Havre.
Aujourd'hui Jean-Marc DURAND attend du nouveau gouvernement de traiter ce probl�me
en priorit� en adaptant la loi afin d'assurer de nouveau
une rotation dans les centres d'h�bergement provisoire par la cr�ation
de places dans les logements sociaux � moins que le gouvernement d�cide de revenir
� la situation ant�rieure qui convient bien � la probl�matique havraise.
� une question sur le r�le "destructeur d'emploi" du progr�s technique
comme les nouvelles caisses de supermarch�s sans caissi�re. Jean-Marc DURAND
r�pond que l'on ne peut pas s'opposer au progr�s technique sous peine d'aggraver
encore le ch�mage sur le long terme.
� propos des relations entre la puissance publique et des associations Jean-Marc
DURAND apporte les �l�ments suivants :
- Le social est sous-trait� par l'�tat aux associations. Le montant des subventions
de l'Etat aux association diminue au fil du temps.
- Le secteur associatif fait donc des efforts de productivit� et parfois doit
se r�soudre � pratiquer des licenciements �conomiques.
Jean-Marc DURAND pense que la France va manquer de main d'�uvre (non qualifi�e
et hautement qualifi�e) � partir du d�but des ann�es 2010 essentiellement pour
des raisons d�mographiques.
Il craint que ce manque de main d'�uvre se traduit par une p�nurie de personnes
peu qualifi�es compte tenu du faible int�r�t que portent nos concitoyens � ce
type d'emploi et par une p�nurie de main d'�uvre tr�s qualifi�e compte tenu
des difficult�s d'adaptation du syst�me de formation aux besoins du monde du
travail. Si nous ne parvenons pas � nous r�former nous aurons recours � l'immigration
aux 2 extr�mit�s de la qualification des emplois.
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