Du centre au projet d�mocrate.
Dans un article de la revue politique Commentaire, fondé par Raymond
ARON, François BAYROU défini les 4 principes sur lesquels se construira
le projet Démocrate, j'ai tenté de faire un résumé
de cet article que je vous livre ci-dessous.
Une conviction
Fran�ois
BAYROU consid�re que le projet politique n�o-conservateur et le projet arch�o-socialiste
sont vou�s � l'�chec tandis que seul le projet D�mocrate r�pond aux attentes
de la soci�t�.
C'est possible !
Fran�ois BAYROU consid�re que cette option d�mocrate peut s'imposer en France
m�me sans changement institutionnel gr�ce � la pr��minence de l'�lection pr�sidentielle
et � la concomitance imm�diate des �lections l�gislatives. " Si un pr�sident
d�mocrate avait en effet �t� �lu, une vague orange se serait impos�e aux �lections
l�gislatives, une majorit� nouvelle serait sortie des urnes et l'impossible
d'hier se serait � l'instant r�v�l� possible. "
du " centre " au projet d�mocrate.
"il faut sortir de la seule d�signation g�ographique (le centre) et nommer
ce projet, non pas en r�f�rence � ses concurrents de droite et de gauche, mais
lui donner son v�ritable nom, d�mocratie, lui rendre ses racines dans la grande
famille d�mocrate qui va n�cessairement s'organiser dans le monde en concurrence
avec les n�o-conservateurs et avec l'internationale socialiste. "
Une Droite décomplexée
" cette confrontation est d'autant plus rude, d'autant plus marqu�e et d'autant
plus n�cessaire que la " droite " a chang� de nature au cours de la derni�re
s�quence.
Nicolas SARKOZY a conduit � son terme le projet de " d�complexer " une certaine
droite fran�aise en lui proposant un m�tissage in�dit entre n�o-bonapartisme,
pour le mode de gouvernement et n�o-conservatisme, pour le projet de soci�t�."
Les 4 piliers du projet d�mocrate :
A) Exigence civique :
Il s'agir de refuser une " intervention �pisodique, signature de ch�que en
blanc � des gouvernants dont le seul engagement est de revenir devant le suffrage
universel � intervalle r�guliers " et de promouvoir " une politique de v�rit�,
d'�ducation civique g�n�rale, d'information et de formation, destin�e � porter
le citoyen au niveau d'un d�cideur.
"Cette exigence d'information du citoyen est sous-tendues par 2 imp�ratifs :
- Imp�ratif d'efficacit� : " en
d�mocratie t�l�visuelle, comme nous sommes, les grandes �volutions de la soci�t�
ne peuvent �tre que consenties. Cela vient en particulier de ce que la manifestation
massive, le refus des citoyens, les incidents qui les accompagnent, ne sont
pas supportables d�s l'instant qu'ils se trouvent photographi�s et film�s.
Si le pays, massivement, n'accepte pas une r�forme, il a tous les moyens de
lui opposer son v�to. " or ce consentement de l'opinion ne peut �tre acquis
que par une maturation conduisant � une adh�sion ou au moins � une abstention
bienveillante des citoyens. En d�mocratie repr�sentative, ce consentement
ne peut se construire que sur la confiance des citoyens � l'�gard des gouvernants
".
- Imp�ratif de transparence : La
confiance ne peut s'obtenir durablement si les gouvernants ne font pas partager
de mani�re transparente leurs raisons, tenants et aboutissants aux citoyens
attentifs �."
"c'est ainsi que seront � terme durement jug�s par les citoyens les pouvoirs
dont la conqu�te a �t� fond�e sur la multiplication de promesses intenables,
que la r�alit� sera venue cruellement d�mentir�. "
Internet : outil de cette exigence.
Gr�ce � Internet "la grande aspiration de l'humanit� � l'information
ne sera plus jamais born�e�.. " " Ces citoyens aux yeux ouverts ne se laisseront
priver d'information sur aucun des grands choix qui gouvernent leur vie.
B) S�paration des pouvoirs
Profondeur et justesse de l'id�e lib�rale de s�paration du pouvoir en son sein,
qui garantit le citoyen contre toute mainmise.
Parmi les soci�t�s contemporaines qui se r�clament de la d�mocratie la France
est celle o� l'id�e de s�paration des pouvoirs est le moins respect�e :
- M�pris pour le principe de juste repr�sentation des citoyens : seuls
les mouvements d'opinion majoritaires sont repr�sent�s au parlement.
- Suj�tion de la repr�sentation nationale par rapport � l'ex�cutif
: le droit du citoyen � voir en son nom organiser le d�bat, assurer le contr�le
de l'action publique sont abandonn�s d�s l'instant que leur exercice ne correspond
pas aux int�r�ts ou aux pr�f�rences de la majorit� ou de l'opposition officielles.
- Influence sur la justice par tous les jeux de nominations, de carri�re,
de r�compenses, de mise en r�seau de l'autorit� judiciaire : le doute se glisse
dans l'esprit public d�s qu'il s'agit de la justice.
- Intimit� entre l'Etat et le monde de l'�conomie.
- Mouvement de concentration dans les m�dias� d�pendant de groupes industriels
li�s � l'Etat o� simplement connivents avec eux.
En r�alit� il ne s'agit pas simplement accomplir la
s�paration des pouvoirs d�finie au XVIIIe si�cle mais d'en inventer une autre
�..distinguant�.. le politique, l'�conomique et le m�diatique.
Propositions :
- R�forme de la loi �lectorale (une part de proportionnelle) pour une repr�sentation
parlementaire plus pr�cise du vote des fran�ais et pour plus d'ind�pendance
par rapport � l'Ex�cutif.
- Restaurer le parlement dans ses droits �l�mentaires, le 1er d'entre eux
�tant de d�cider lui-m�me de son ordre du jour.
- Une organisation de la justice qui garantisse son ind�pendance, y compris
mat�rielle.
- Inscription dans la constitution du principe de pluralisme, notamment dans
le monde des m�dias, qui les s�parera des groupes entreprenant commerce avec
l'Etat et imposera une limite aux concentrations abusives.
C) Une conception différente de l'Etat.
L'Etat thaumaturge :
"la soci�t� fran�aise a un probl�me avec son Etat. La France s'est construite
autour de son Etat. Et en retour elle a donn� � son Etat des pr�rogatives, des
comp�tences, des privil�ges plus importants qu'aucun autre pays non totalitaire
au monde "�.. " Ce recours universel � un Etat thaumaturge a st�rilis� en partie
la soci�t� fran�aise "�. emp�chant " les autres recours possibles de se constituer
".
" c'est ainsi que les r�seaux naturels de la vie d'une soci�t� �quilibr�e, les
entreprises, les coop�ratives, les mutuelles, les fondations, les associations,
les universit�s se sont peu ou mal construits. Tout le pays s'est branch� sur
l'Etat, ainsi :
- Les collectivit�s locales d�pendant de jour en jour davantage des dotations
de l'�tat.
- Les entreprises redevables des compensations de charges pour les 35h
- Les familles d�pendant de l'allocation de rentr�e scolaire
- Les salari�s du priv� sous forme de prime pour l'emploi. Ce recours universel
� l'Etat est un frein consid�rable � l'�quilibre d'une soci�t�.
La drogue centralisatrice :
Dans un monde o� la n�cessit� de l'adaptation est une condition de survie,
la pertinence des choix qui permettent l'adaptation, la justesse de ces choix,
leur rapidit�, �. ne peuvent pas s'accommoder de cette obsession centralisatrice.
Les d�cisions � prendre �. d�pendent d'un tel nombre de facteurs que le recours
� un d�cideur unique et universel est � la fois un anachronisme et une entreprise
de st�rilisation.
" Le projet d�mocrate est porteur d'une red�finition de l'Etat " dont la d�centralisation
des d�cisions est au centre.
D) La mondialisation : Inégalité croissante
Les biens sup�rieurs :
" ce qui a triomph�, � la surface de la plan�te, c'est non pas le lib�ralisme
stricto sensu mais le principe d'in�galit� croissante ". " L'in�galit� croissante
a �t� accept�e et choisie �. � partir du succ�s �conomique am�ricain ". " Il
est vrai que ce moteur a �t�, dans l'ordre mat�riel, infiniment puissant, �..
interdisant progressivement toute redistribution par l'effacement des fronti�res,
notamment fiscales, proscrivant cette redistribution�� puisque rien n'est plus
facile aux riches que de changer de pays,�.. qui leur garantiront de continuer
ind�finiment � accro�tre leur patrimoine�" �.
" Quand la r�ussite personnelle se mesure seulement � l'aune de la r�ussite
mat�rielle et financi�re, la soci�t� a chang� de nature.
Pour dire vrai, elle n'est plus soci�t�, association, vie en compagnonnage,
elle devient collection de solitudes et de comp�titions individuelles. " �.
" car, dans la hi�rarchie des valeurs d�mocratiques, les valeurs mat�rielles
sont consid�r�es comme n�cessaires, mais les valeurs naturelles, intellectuelles,
culturelles, morales, spirituelles doivent �tre consid�r�es comme sup�rieures
: cette distinction entre biens n�cessaires et biens sup�rieurs forment un projet
de soci�t� qui diff�rencie le projet d�mocratique des autres projets. "
" Parmi ces biens sup�rieurs, il faut d�sormais inscrire en 1er ligne la d�fense
de la vie, de son cadre climatique�. "
F�d�rer l'Europe, pour le Monde :
" resaissir le volant ", voila bien la question civique.
" Devant des mouvements immenses qui habitent l'univers, Etats g�ants, peupl�s
de centaines de millions d'habitants pour les uns, de milliards pour les autres,
hyperpuissances politiques av�r�es ou en cours d'av�nement, des Etats Unis �
la Chine, puissances financi�res, puissances m�diatiques, puissances d'influence,
lobbies d�clar�s ou implicites, organisations criminelles pour qui le blanchiment
d'argent est la condition m�me de leur existence, le jeu politique dans une
nation d'importance moyenne court le double risque de l'impuissance et de la
gesticulation.
Faute de moyens d'action v�ritable, il semble n'exister que deux voies :
- l'alignement, plus ou moins volontaire, sur le mod�le dominant ou
- le faire semblant.
Pour les citoyens qui ne se r�signent ni � l'un ni � l'autre l'urgence est
de construire les instruments d'une action politique capable d'imposer et non
de subir l'ordre du monde. " �. " si l'on veut sortir des pratiques de dumping
fiscal, il faut un instrument politique capable d'imposer des r�gles de fiscalit�
sur un grand ensemble politique et non plus seulement Etat par Etat.
" De m�me, l'urgence devrait �tre depuis longtemps au refus des pratiques de
pseudo-Etats off shore��� " seule une entente des acteurs politiques de 1er
plan pourra prendre les d�cisions simples�..qui forceront ces " pays " � respecter
un minimun de r�gles de droit universelles. " " de m�me toute r�flexion sur
la politique de change entre grandes zones mon�taires de la plan�te impose que
si�gent autour de la table des d�cideurs politiques de poids comparables, autonomes
dans leurs d�cisions et non d�pendants les uns des autres. "
" Pour les �tats moyens, �. comme la France, la capacit� � peser sur l'issue
de ces grandes questions dont d�pend pourtant notre avenir national nous
impose de construire une puissance politique internationale en nous f�d�rant,
pour l'action sur l'essentiel, avec nos homologues europ�ens. " Un politique
profonde et s�rieuse de f�d�ration des nations moyennes permettra seule la construction
d'un monde �quilibr�, o� les grands enjeux politiques pourront enfin �tre abord�s
par le concert des nations.
Cet imp�ratif concerne l'Europe aujourd'hui : mais l'europe n'est, �., qu'un
pr�curseur. L'Am�rique du Sud, l'Afrique, le Sud-Est asiatique seront t�t ou
tard � leur tour concern�s par cette n�cessit� sans laquelle la loi des puissants
ne conna�tra pas de borne.
Conclusion : Contrastes
"A l'�nonc� de ces 4 discriminants, on prend la mesure du caract�re original,
coh�rent et inassimilable du projet d�mocrate."
" Le projet d�mocrate est en contraste et en opposition avec le projet n�o-bonapartiste
et n�o-conservateur sur plusieurs plans. Le n�oconservatisme consid�re l'opinion
comme une masse � s�duire, en mobilisant le cynisme des spins doctors, et tous
ses z�lateurs applaudissent lorsqu'on a r�ussi � mobiliser les r�flexes qui
la mettent en mouvement."
"Le mouvement d�mocratique la regarde comme un lieu de conscience en qui
il convient d'investir de la confiance et de l'�ducation."
"Le n�o-conservatisme regarde les imp�ratifs �conomiques et financiers
comme premiers, consid�rant qu'il y a, dans le monde, des affaires � faire et
que ces int�r�ts priment sur toute autre consid�ration" (" la Libye a de
gros besoins et les moyens de se les payer ", Nicolas SARKOZY).
Le projet d�mocrate est en contraste et en opposition avec le projet socialiste.
C'est vrai d'abord sur la place de l'Etat et l'assimilation de l'Etat � la fonction
publique. Pendant la r�cente campagne de S�gol�ne Royal, ce ne furent pas moins
de 5 services publics nouveaux qui furent appel�s � �tre cr��s. Le projet socialiste
semble consid�rer comme un bienfait l'augmentation sans limite du nombre des
fonctionnaires. � de la m�me inspiration la volont� d'intervention de l'Etat
dans les d�cisions de gestion interne des entreprises (cr�ation de taxes de
p�nalisation en cas de licenciement, ou de recours au CDD). �..
Devons-nous renoncer � d�fendre notre projet, le d�grader au rang de variante
de l'un ou de l'autre des 2 projets concurrents, ou devons-nous le d�fendre,
le pr�ciser, le promouvoir dans le d�bat d�mocratique, le proposer au peuple
citoyen ? la r�ponse ne souffre pas d'h�sitation, d�s lors que nous consid�rons
que nous ne sommes pas n�s pour subir le monde mais pour le fa�onner, pour l'ordonner
et pour le changer.
résumé écrit par Marc Migraine
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