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- Une culture Underground bouillonante
Une culture Underground bouillonante
Par NATALIE CASTETZ
Les petites structures associatives fourmillent,
alors que la municipalité choisit de financer de gros équipements.
Le Havre, correspondance
Vu mon âge, les Anciens Combattants
me suffisaient.» Mais, il y a un an, André Fatras,
87 ans, ancien journaliste, président fondateur de la maison
de la culture du Havre en 1961, sest vu aussi confier le
portefeuille dadjoint à la la culture. Pour lui,
la politique culturelle de la municipalité est marquée
par «la préoccupation de donner le maximum doutils
aux gens pour quils puissent se cultiver». A lappui,
ces équipements entièrement neufs ou rénovés
apparus ici et là dans la ville pour un investissement
total de 172,5 millions de francs (26,3 millions deuros)
depuis 1995.
Plus
dévénement phare. Ainsi, les Docks Océane
(5 000 places), nouvelle salle multifonction, permettent daccueillir
les shows dAlain Souchon ou de Charles Aznavour comme les
rencontres sportives. Ou le café musique, lAgora,
construit en centre-ville, que la municipalité subventionne
largement. Elle a inauguré lEspace maritime et portuaire
dans le quartier des docks, rénové le musée
André-Malraux, en bord de mer. Elle a remis à neuf
le petit kiosque à musique du square Saint-Roch, modernisé
la bibliothèque municipale. Enfin, la ville a lancé
le chantier de lEcole nationale de musique, de danse et
dart dramatique, édifié entre la gare, luniversité
et lécole dart.
Ces réalisations, extraites pour la plupart
des cartons de lancienne municipalité, mobilisent
7 % du budget de fonctionnement de la ville. Résultat :
65 % des Havrais interrogés lors de notre sondage estiment
que «la vie culturelle sest améliorée».
Le souffle dune embellie culturelle sur la ville ? «Cest
une politique de sous-préfecture, sans ambitions ni projet»,
râle Pierre Thorez, universitaire. Les communistes ont hurlé
quand le maire a fermé les centres de loisirs et déchanges
culturels à ses yeux des bastions du PCF ,
lécole de théâtre, ainsi que la maison
des jeunes et de la culture. Et de regretter les festivals Juin
dans la rue, si populaire, et Coups de vents, manifestation internationale
de création de musique à vent. Depuis, rien. Et
si le musée Malraux sappuie sur des valeurs sûres
comme Braque ou Turner, il ny a plus dévénement
phare.
«Le plus intéressant se passe dans les lieux underground»,
souligne le sociologue Bernard Ramé. Des compagnies, des
théâtres, des lieux plus ou moins confidentiels,
de petites structures soutenues ou non à coups de subventions
fourmillent : le théâtre des Bains-Douches, le Métis,
lAkté, le Studio. Rappeurs (Ness & cité),
graphistes de BD (Alf, Edith, Vern, Boistelle), musiciens (Jérôme
Soligny, Dominique Comont), éditeurs, peintres
travaillent
dans leur coin.
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