Canal Seine Nord : le cha�non manquant
Bonne
nouvelle : les fleuves fran�ais, mauvais �l�ves de la classe europ�enne, ouvrent
une nouvelle page de leur histoire !
Moins touch� par la crise que ses concurrents
la route et le rail, le mode fluvial a sans
doute de beaux jours devant lui.
Son trafic a augment� de 30 � 40% au cours
des dix derni�res ann�es et son rythme de progression devrait se poursuivre
gr�ce, notamment, au Grenelle de l'Environnement
qui lui permet de franchir une �tape majeure : l'objectif a �t� en effet fix�
de doubler les parts de march� de ce mode de transport
d'ici 15 ans.
En 2011, les premiers coups de pioche de ce programme national de d�veloppement du fluvial en France devraient �tre donn�s pour le creusement d'un cha�non manquant entre la France et le Nord de l'Europe : le gigantesque canal Seine-Nord Europe (SNE).

Ce canal de grand gabarit qui comptera 7 ou 8 �cluses
reliera le bassin parisien au Nord-Pas de Calais et
au Benelux.
Il sera long de 106 kms, large de 54 m�tres ; la hauteur d'eau y sera de 4,5 m�tres.
Les atouts du fluvial.
Les
performances environnementales : une p�niche produit 4
fois moins d'�missions de gaz � effet de serre et consomme 3,7
fois moins de p�trole que le transport routier. 500 000 poids lourds en moins chaque ann�e
Des
chiffres sont �voqu�s : 13,3 � 15 millions de tonnes
de fret (soit 4,5 milliards de tonnes/Km) transiteront chaque ann�e
sur le canal Seine-Nord d'ici 2020, soit l'�quivalent de 500 000 poids lourds
!
Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'�cologie, de l'Energie, du
D�veloppement durable et de la Mer, parle par ailleurs de
25 000 nouveaux emplois dans la logistique, l'industrie, la construction,
le terrassement, l'ing�nierie et le transport qui devraient �tre cr��s d'ici
2030.
Car ce canal n'est pas qu'un canal. Il s'appuiera en effet sur quatre
plateformes d'�changes multimodales parmi les plus modernes d'Europe.
R�alis�es � Noyon, Nesles
et Peronne en Picardie et Marquion
dans le Nord, elles seront adoss�es au canal
SNE et interconnect�es aux r�seaux ferroviaires et
routiers, parfois m�me au transport a�rien.
Il s'agira de v�ritables p�les �conomiques
proposant des espaces d'implantation pour des activit�s industrielles et logistiques
et des lieux de d�veloppement de services portuaires et multimodaux rayonnant
sur un marge territoire.
Gr�ce � ces plateformes, les acteurs �conomiques pourront installer leurs centres
de distribution europ�ens au bord du canal. Le co�t de construction des plateformes
s'�l�verait � plus de 300 millions d'euros.
Deux groupements d�j� candidats
Pour r�aliser ce canal SNE, le plus grand du fluvial jamais con�u en France, deux groupements se sont port�s candidats :
Ces deux groupements sont candidats � la r�alisation et � l'exploitation. Les travaux commenceraient d'ici � 2013.
Le Havre profitera-t-il de cette manne fluviale ?
Le
canal reliera le bassin parisien et le Nord-Pas de Calais :
il permettra d'augmenter de plus de 60% le trafic
fluvial sur le corridor Nord Europe - le plus satur� d'Europe - �
l'horizon 2020 : l'�quivalent de 2 millions de camions
par an.
D�s lors, une question se pose :
Le Canal Seine-Nord-Europe (SNE) ne risque-t-il pas de devenir une simple autoroute entre la r�gion parisienne et les grands ports du Benelux, sans valeur ajout�e en France notamment pour Dunkerque et Le Havre qui seraient priv�s d'une partie du trafic ?
Au
GPMH, on positive et on voit ici un nouveau challenge � relever :
puisque le projet verra le jour, il est urgent de tout faire, dans les 5 ans,
pour en tirer profit, notamment en massifiant au maximum
le transport fluvial au Havre.
Les d�fendeurs du projet assurent pour leur part que l'enjeu est d�terminant
pour tous les ports int�rieurs et maritimes situ�s sur la zone d'influence :
ils pourront en effet appuyer leur d�veloppement sur
un hinterland �largi et maill� par un r�seau de ports int�rieurs.
Rouen, Le Havre, Rotterdam, Dunkerque, Anvers sont concern�s. " Je souhaite
que les ports de Rouen et du Havre travaillent avec les futures plateformes
du canal SNE " a d�clar� Dominique Bussereau,
secr�taire d'Etat charg� des Transports.
Un conseil de coordination interportuaire de la Seine
a �t� cr�� dans cette optique. " Les op�rateurs priv�s seront sans doute
tr�s sensibles � cette nouvelle approche de coop�ration adopt�e par les grands
ports maritimes. "
Deuxi�me incertitude : le financement
Comment
sera financ� ce projet ambitieux de pr�s de 4,5 milliards
d'euros, le plus co�teux jamais lanc� dans le fluvial et le 1er partenariat
public-priv� du secteur en France ? Outre un apport europ�en de 330
millions d'euros, l'Etat doit engager pr�s de 900
millions d'euros. Les collectivit�s locales sont sollicit�es pour
la m�me somme. Or seuls 500 millions sont, pour l'heure, assur�s par les deux
r�gions Picardie et Ile de France ; la Haute-Normandie, � ce jour, n'a pas confirm�
sa participation (pr�s de 50 millions d'euros). Manquent aussi � l'appel 300
� 400 millions d'euros des d�partements qui, pour l'heure, ne financeraient
que des travaux hors budget pour 200 millions.
Les chiffres du fluvial
3%
: c'est la part du trafic fluvial en France, tous modes confondus
contre 12% en Allemagne, 14%
en Belgique et 30% aux Pays Bas. | La question de la suppression de l'�chelon d�partemental est souvent pos�e. Vous souhaitez ? La conservation des d�partements |
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