Port du Havre : Etre multimodal… ou ne pas être ?
"
L'avenir des grands ports se joue aussi à terre " déclarait
Nicolas Sarkozy le 16 juillet 2009 lors de sa visite au Havre.
Message reçu par le GPMH qui a pris le 25 juin
2010, deux décisions importantes :
Quelques éléments de réponse :
Dans son projet stratégique, le Grand Port Maritime du Havre rappelle que "
la compétitivité d'un port sera fonction de sa capacité à traiter dans un temps
court un nombre très élevé de mouvements, […], de la capacité d'évacuation adaptée
à ces grandes quantités et de la connexion avec un hinterland suffisamment vaste.
".
En un mot, les grands ports de demain seront multimodaux
ou ne seront pas…
Deux
chiffres montrent notre retard :
Il y a urgence à passer à la vitesse supérieure et à fluidifier les trafics des marchandises portuaires au Havre pour au moins trois raisons :
La
montée en puissance progressive de Port 2000, qui s'apprête à lancer
sa troisième phase de construction de quais, impose le développement des modes
massifiés. La route, parfois congestionnée, ne suffira plus. Le Havre lance le plus grand chantier multimodal de France :
L'un
des leviers choisis par Le Havre pour fluidifier ses trafics portuaires est
de jouer la carte du " multimodal ".
Il s'agit d'associer successivement différents modes de transport :
L'intérêt est double :
Objectifs : 4 fois mieux
Le
Havre a ainsi décidé la construction du plus grand chantier multimodal de France.
Ce projet consiste à implanter sur la zone industrielle portuaire, en marge
du Grand Canal, une vaste plateforme pour trains et
barges fluviales, une sorte de grand centre de collecte-distribution
de conteneurs acheminés depuis ou vers les différents
terminaux par des navettes ferroviaires.
Il y aura dans un premier temps :
Le chantier est conçu pour permettre un échange rapide entre les navettes de collecte et de distribution des conteneurs vers les terminaux maritimes d'une part, et les barges et trains de ligne d'autre part.
Cet outil permettra d'atteindre les objectifs du Grenelle de l'environnement : au Havre, cela représenterait 1 million d'EVP acheminés en 2020 par transport massifié, soit 4 fois plus qu'aujourd'hui.
Les atouts de la plateforme multimodale
Elle
est sans doute le premier étage de la fusée "transports massifiés " : elle offrira
à tous les opérateurs longue distance, fluviaux comme ferroviaires, un accès
performant, fiable et économique.
Elle sera accessible à l'ensemble des terminaux maritimes,
mais également aux activités industrielles de la zone,
y compris pour les deux Normandie. Grâce à ce nouvel outil, les clients chargeurs
bénéficieront de nouveaux services logistiques. L'horizon de l'hinterland s'élargira.
Du côté du GPMH, on estime que l'apport en terme de
trafic maritime supplémentaire directement lié à la réalisation de
ce chantier serait de l'ordre de 100 Kevp en 2013, avec une croissance continue
jusqu'à 200 Kevp en 2018.
Un site retenu
Le chantier mutimodal s'établira
à l'Est de l'A29 sur la rive nord du grand canal.
La plateforme traitera entre 300
et 500 000 EVP/an avec une extension
possible à 850 000.
A terme, 50% du trafic massifié sera traité
par ce terminal multimodal et l'autre moitié
en transport direct.
Le montage " public-privé" du projet repose sur deux sociétés :
Combien
ça coûte ?
Calendrier de la plateforme multimodale :
Conclusion :
Le projet de chantier multimodal constitue l'une des actions fondamentales
engagées apr le GPMH.
En développant ainsi du côté terrestre le trafic de conteneurs par voies fluviales
et ferroviaires, il permettra d'élargir son hinterland
et contribuera à développer sa compétitivité
internationale et profiter pleinement du canal Seine
nord (pour des infos concernant le canal seine nord cliquez
ici).
Jamais sans le Grand Canal !
Ce chantier multimodal est lié au prolongement
du Grand canal vers le canal de Tancarville, ce qui permettra de simplifier
les mouvements fluviaux à l'intérieur de la zone portuaire.
Le GPMH vient donc de décider de poursuivre les études autour de ce projet
: des études détaillées sont engagées autour de
4 options dont le coût oscille entre 150 et 250 millions €.
Ce canal doit permettre de doubler celui de Tancarville qui assure déjà
une desserte de la Seine.
Parmi les opposants au projet, les écologistes proposent une solution,
la plus onéreuse, permettant l'aménagement d'ouvrages d'art au
dessus du canal de Tancarville pour intensifier le trafic fluvial tout en évitant
le prolongement du Grand Canal.
L'échéance de réalisation du prolongement pourrait être fixée
vers 2014.
A un horizon plus lointain, citons un autre dossier : la construction éventuelle de l'écluse fluviale de Port 2000…
billet écrit sur mon blog en decembre 2009. Remis à jour le 30 juin 2010
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