La raffinerie Total de Gonfreville l'Orcher - 1 260 salariés, le plus important des six sites français - affiche sa solidarité avec Dunkerque : 20 unités sont arrêtées et 18 fonctionnent en "débit minimum" de sécurité, les travaux de construction et de maintenance sont stoppés et les expéditions ne sont plus assurées.
Selon la fédération chimie de la CGT, le mouvement pourrait même s'étendre mardi aux deux raffineries d'Exxon Mobil (Port-Jérôme-Gravenchon et Fos-sur-Mer). Les négociations ultra-tendues n'ont en effet pas donné satisfaction et les propos de Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, n'ont pas rassuré.
Nicolas Sarkozy a discrètement reçu ce lundi le président du conseil d'administration du groupe, Thierry Desmarest, mais rien n'a filtré de l'entretien.

Côté Direction de Total, l'entreprise s'est engagée à ne fermer aucune raffinerie en France et à ne procéder à aucun licenciement sur le site des Flandres et ce, malgré la crise européenne que connait le raffinage en raison la surcapacité de la production par rapport à la demande.
La Direction vient par ailleurs d'annoncer sa volonté d'avancer au 8 mars le comité central d'entreprise consacré à la raffinerie des Flandres. Cette annonce a été qualifiée d'"avancée" par la CFDT qui a appelé les salariés à suspendre le mouvement, sans effet pour l'heure.

Côté syndicats grévistes, on s'inquiète des risques de fermeture du site de Dunkerque, mais aussi des délocalisations des activités de raffinage "vers les pays moins regardants sur le plan social et environnemental" ; pour preuve, la construction par le groupe Total d'une très grosse raffinerie en Arabie Saoudite (dont les produits finis sont destinés à l'Europe) et d'un dépot pétrolier à Fos-sur-Mer pour accueillir les produits ainsi fabriqués à l'étranger.

Côté approvisionnement en carburant, Lundi après-midi, les salariés ont voté en assemblée générale la poursuite de la grève illimitée et les syndicats n'écartent pas la possibilité d'une pénurie de carburant en France. La Direction de Total a assuré quant à elle que si des stations-service du groupe peuvent manquer de certains "produits", des réapprovisionnements se font au fur et à mesure des commandes.