Ce canal de grand gabarit qui comptera 7 ou 8 écluses reliera le bassin parisien au Nord-Pas de Calais et au Benelux.

Il sera long de 106 kms, large de 54 mètres ; la hauteur d'eau y sera de 4,5 mètres.

Les atouts du fluvial.

  1. Les gains de compétitivité : un convoi fluvial de 4 400 tonnes transporte autant de marchandises que 220 camions ou quatre trains !
  2. Les performances environnementales : une péniche produit 4 fois moins d'émissions de gaz à effet de serre et consomme 3,7 fois moins de pétrole que le transport routier.
  3. Le fluvial, c'est du " juste à temps " : un mode fiable qui ne souffre ni de congestion, ni d'accidents. On le dit lent mais ses acteurs opposent que pour leurs donneurs d'ordre, l'important n'est pas d'aller vite mais d'arriver à temps.
  4. Les professionnels du fluvial assurent que ce que le camion a su faire, le fleuve le fera : s'adapter à tous les types de marchandises qu'il s'agisse de conteneur lourds, de liquide, de réfrigéré …

500 000 poids lourds en moins chaque année

Des chiffres sont évoqués : 13,3 à 15 millions de tonnes de fret (soit 4,5 milliards de tonnes/Km) transiteront chaque année sur le canal Seine-Nord d'ici 2020, soit l'équivalent de 500 000 poids lourds !
Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer, parle par ailleurs de 25 000 nouveaux emplois dans la logistique, l'industrie, la construction, le terrassement, l'ingénierie et le transport qui devraient être créés d'ici 2030.
Car ce canal n'est pas qu'un canal. Il s'appuiera en effet sur quatre plateformes d'échanges multimodales parmi les plus modernes d'Europe. Réalisées à Noyon, Nesles et Peronne en Picardie et Marquion dans le Nord, elles seront adossées au canal SNE et interconnectées aux réseaux ferroviaires et routiers, parfois même au transport aérien.
Il s'agira de véritables pôles économiques proposant des espaces d'implantation pour des activités industrielles et logistiques et des lieux de développement de services portuaires et multimodaux rayonnant sur un marge territoire.
Grâce à ces plateformes, les acteurs économiques pourront installer leurs centres de distribution européens au bord du canal. Le coût de construction des plateformes s'élèverait à plus de 300 millions d'euros.

Deux groupements déjà candidats

Pour réaliser ce canal SNE, le plus grand du fluvial jamais conçu en France, deux groupements se sont portés candidats :

  1. le premier consortium allie Bouygues, Sanef, le terrassier Nge, la Caisse des dépôts et Axa.
  2. Le second réunit à parité Vinci et Eiffage.

Ces deux groupements sont candidats à la réalisation et à l'exploitation. Les travaux commenceraient d'ici à 2013.

Le Havre profitera-t-il de cette manne fluviale ?

Le canal reliera le bassin parisien et le Nord-Pas de Calais :

  • au Benelux,
  • mais aussi aux sept ports maritimes du range Le Havre -Rotterdam
  • et aux 20 000 Km du réseau fluvial de l'Europe du nord ;

il permettra d'augmenter de plus de 60% le trafic fluvial sur le corridor Nord Europe - le plus saturé d'Europe - à l'horizon 2020 : l'équivalent de 2 millions de camions par an.
Dès lors, une question se pose :

Le Canal Seine-Nord-Europe (SNE) ne risque-t-il pas de devenir une simple autoroute entre la région parisienne et les grands ports du Benelux, sans valeur ajoutée en France notamment pour Dunkerque et Le Havre qui seraient privés d'une partie du trafic ?

Au GPMH, on positive et on voit ici un nouveau challenge à relever : puisque le projet verra le jour, il est urgent de tout faire, dans les 5 ans, pour en tirer profit, notamment en massifiant au maximum le transport fluvial au Havre.
Les défendeurs du projet assurent pour leur part que l'enjeu est déterminant pour tous les ports intérieurs et maritimes situés sur la zone d'influence : ils pourront en effet appuyer leur développement sur un hinterland élargi et maillé par un réseau de ports intérieurs. Rouen, Le Havre, Rotterdam, Dunkerque, Anvers sont concernés. " Je souhaite que les ports de Rouen et du Havre travaillent avec les futures plateformes du canal SNE " a déclaré Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports.
Un conseil de coordination interportuaire de la Seine a été créé dans cette optique. " Les opérateurs privés seront sans doute très sensibles à cette nouvelle approche de coopération adoptée par les grands ports maritimes. "

Deuxième incertitude : le financement

Comment sera financé ce projet ambitieux de près de 4,5 milliards d'euros, le plus coûteux jamais lancé dans le fluvial et le 1er partenariat public-privé du secteur en France ? Outre un apport européen de 330 millions d'euros, l'Etat doit engager près de 900 millions d'euros. Les collectivités locales sont sollicitées pour la même somme. Or seuls 500 millions sont, pour l'heure, assurés par les deux régions Picardie et Ile de France ; la Haute-Normandie, à ce jour, n'a pas confirmé sa participation (près de 50 millions d'euros). Manquent aussi à l'appel 300 à 400 millions d'euros des départements qui, pour l'heure, ne financeraient que des travaux hors budget pour 200 millions.

Les chiffres du fluvial

  • 3% : c'est la part du trafic fluvial en France, tous modes confondus contre 12% en Allemagne, 14% en Belgique et 30% aux Pays Bas.
  • 6 700 : nombre de Km de voies fluviales gérées par Voies navigables de France (VNF).
  • 38 000 : nombre de Km de voies fluviales en Europe sur lesquelles transitent 503 millions de tonnes (Mt) de marchandises.
  • 3,7 fois moins de pétrole consommé grace au fluvial par rapport au routier.
  • 12€ la tonne de marchandise transportée par voie d'eau contre 21€ par la route et 22€ par le fer.
  • 25,57 Mt de matériaux de construction, 11,78 Mt de produits agroalimentaires et 11,24 Mt de produits pétroliers et combustibles minéraux sont transportées par voies d'eau.
  • La part modale du fluvial est de 9% au Havre, 32% à Anvers, 30% à Rotterdam et de 2% à Hambourg.