Maintenir des écoles à 3/4 vide = une mauvaise solution à un vrai problème
Par Marc Migraine le mercredi 5 novembre 2008, 11:50 - vivre ensemble au Havre - Lien permanent
Lors
du dernier conseil municipal il y eu de vives protestations
contre les regroupements d'écoles après l'annonce de la fermeture de
certaines d'entre elles. Une de ces écoles ne comptait que 32 élèves au total, une autre 6 classes alors que l'école a été conçu pour 24 classes.
Ces écoles n'ont malheureusement plus la taille critique pour offrir une pédagogie adaptée avec des élèves en nombre suffisant.
Les écoles Cargo, Kergomard et Anatole
France ont participé à l'Assemblée des Enfants que j'ai animé lors du précédent
mandat. Je me sens touché par le sort de
ces écoles.
Mes relations avec les enseignants, les directeurs ont toujours été excellentes,
et je connais leur dévouement.
Je comprends combien cela peut-être douloureux pour eux car leurs efforts sont
immanquablement attachés à leur lieu d'exercice.
Avec la fermeture de l'école ils peuvent ressentir une non-reconnaissance du
formidable travail accompli avec leurs élèves.
A ceux-là je voudrais dire que la municipalité est tout à fait consciente du
travail réalisé par les enseignants dans des conditions souvent difficiles.
Mais je pense que maintenir des écoles au ¾ vide n'est
pas défendable et constitue une mauvaise solution à un vrai problème
: celui de l'échec scolaire d'une partie non négligeable de jeunes
havrais.
C'est un phénomène d'ampleur national comme l'a rappelé
Luc FERRY lors de sa conférence
au Havre le 25 septembre mais plus aigu au Havre.
En effet le Havre compte nettement plus que le reste de la France d'écoliers (45%), ou de collégiens (63%) en ZEP. Il existe également une forte proportion d'élèves issus de catégories socio-professionnelles " défavorisées " (75% dans la ZEP) où l'accompagnement scolaire parental est souvent insuffisant. D'ailleurs les tests de connaissance des collégiens havrais en fin de 6ème sont très médiocres et souvent inférieurs à la moyenne nationale.
Le nombre d'élèves par classe (18 au 1er degré et 22 au 2ème degré) en ZEP au Havre est inférieur à la moyenne nationale (22 élèves au 1er degré).
Même si nous n'avons pas de chiffres précis sur le décrochage scolaire et l'illettrisme dans notre ville, il est très probable qu'ils sont importants.
Cet échec scolaire conduit à la déscolarisation et génére :
- Des troubles de l'ordre public que représentent des élèves en rupture de scolarité.
- Le "Noyau dur" du chômage des jeunes. Il apparait très difficile de réinscrire ces jeunes dans une dynamique d'apprentissage et de restauration de l'image de soi. C'est pourquoi il est primordial de prendre le problème en amont.
- l'Echec de la mission de l'école qui se doit de répondre à la loi "nul ne doit sortir de l'école sans qualification".
La municipalité du Havre est parfaitement consciente des difficultés scolaires de ses jeunes concitoyens, et elle agit au mieux de leurs intérêts dans la limite du possible car l'enseignement n'est pas une prérogative de la municipalité. La mairie ne devrait normalement s'occuper que de l'entretien des bâtiments des écoles or elle fait beaucoup plus :
- Financement d'un soutien scolaire fait par des associations depuis 3 ans.(avant même que le gouvernement ne s'en préoccupe)
- Accueil péri-scolaire : le matin et à la pause méridienne où les animateurs de la ville animent des ateliers avec les enfants.
- Les cantines scolaires d'une rare qualité grâce au maintien d'une cuisine dans chaque école.
De même le nombre croissant de bibliothèques et de médiathèques de quartier, inaugurées depuis 13 ans témoignent également de l'intérêt que la municipalité porte à l'instruction et à l'éducation de nos élèves.
Mais vous qu'en pensez-vous ?
Merci,
Marc Migraine
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Commentaires
Ce manque d'interet pour les études selon moi provient de l'histoire récente de la ville. Cela remonte à la génération de nos grands parents. Autrefois au Havre on trouvait du travail très facilement sans avoir fait d'études. Celui qui était courageux pouvait travailler dans n'importe quel branche d'activité (l'industrie, le portuaire etc...). Cette tradition du travail est restée dans la mentalité de beaucoup de gens...Les grands parents et les parents poussent leurs enfants à travailler le plus tôt possible. Ce qui était valable autrefois ne l'est plus aujourd'hui. Les mentalités changent doucement mais suremment.
Comme l'a dit Luc Ferry lors de sa conférence, ce problème national d'échec scolaire provient davantage des changements de société (enfant Roi à qui l'on a peur de dire "non", société permissive, familles destructurées...). A l'heure d'aujourd'hui il y a 100 fois plus de possibilités pour celui qui le souhaite, d'accéder à la connaissance (bibliothèques, médiathèques, ludothèques, Internet, CD Rom, jeux culturels, associations, soutiens scolaires, devoirs de vacances...). Mais il y a aussi 100 fois plus de tentations pour détourner l'attention de celui qui n'a pas ENVIE d'apprendre. Seuls les parents peuvent jouer le rôle capital de régulation. L'éducation nationale, même avec TROIS FOIS PLUS d'effectifs SUPPLEMENTAIRES, NE PEUT REMPLACER LES PARENTS dans leur rôle d'éducation.
Comme vous l'avez à juste titre fait remarquer, Monsieur MIGRAINE, la compétence d'un maire dans l'enseignement du premier degré se limite à la gestion des bâtiments. Il n'est pas normal de maintenir des bâtiments au 3/4 vide pour deux raisons :
1/ dans un souci d'économie des deniers publics, en raison des coûts exorbitants générés par l'entretien et la maintenance d'un établissement recevant du public ;
2/ dans un souci écologique : la production d'énergie étant une des causes principales d'émission de pollution.
je partages votre avis mr migraine
Monsieur MIGRAINE,
Tout d’abord, je répondrai ici pour les écoles CARCO et KERGOMARD en tant que représentantes des parents d’élèves. La première chose est de vous dire que ces deux écoles sont loin d’être au ¾ vide, ces chiffres sont abusifs, il faut donc rétablir la vérité.
Ensuite, en ce qui concerne notre action à la Mairie, si Monsieur le Maire avait daigné répondre à notre demande de rendez-vous faite le 2/10/2008, nous n’en serions pas arrivés là.
Mais depuis le début ce projet nous est imposé, aucune personne de la Mairie n’a pris la peine de venir discuter de ce projet avec nous parents d’élèves, nous habitants du quartier et le personnel enseignant. D’entrée de jeu, on nous a dit « ce projet n’est pas négociable ».
Certes, les écoles CARCO et KERGOMARD ne sont pas utilisées à taux plein, mais l’école n’est pas vide pour autant. Les salles sont utilisées pour permettre aux enfants de travailler en groupe, accueillir l’AREC pour l’aide aux devoirs, ce qui n’est pas négligeable quand on est en ZEP avec des enfants qui présentent parfois des difficultés.
Les chiffres sur la réussite scolaire que vous mettez en avant, nous les connaissons, mais votre raisonnement équivaut à dire que puisque la réussite n’est pas là, pourquoi faire des efforts, de toute façon ces enfants sont voués à l’échec. Sauf que là vous parlez de nos enfants. Ces enfants ont le droit comme tout à chacun d’avoir un avenir et vos projets sont en train de les anéantir. Déjà le RASED sur notre groupe scolaire a vu ses effectifs diminuer d’année en année, et au vu des projets nationaux, il disparaitra l’année prochaine.
Pour ce qui concerne les économies, en tant que citoyenne, je les comprends. Sauf que premièrement, vous oubliez de dire que ce projet va coûter (pour ces deux écoles seulement) 2 millions d’euros financés par la Mairie, c'est-à-dire par nos impôts locaux. Avant d’économiser du chauffage et des frais d’entretien, il va en falloir quelques années.
De plus, étant conscients de ces nécessités d’économie, nous avons proposé à l’équipe municipale de travailler avec eux, pour que les locaux soient utilisés au mieux, éventuellement que certains soient vidés. Nous n’avons reçu que des fins de non recevoir.
Mais si vraiment l’objectif de ce projet est l’économie, pourquoi regrouper deux écoles (création d’un groupe élémentaire de 400 enfants et d’un groupe maternelle de 325 enfants), alors même que cette récupération de locaux n’impose pas le regroupement ?
Vous nous annoncez la création d’un pôle petite enfance. Or encore vendredi en conseil d’école, Monsieur DUVAL, adjoint en charge de la ville haute, nous a indiqué la présence de l’AREC et du CIO à Kergomard, en quoi ces associations/services publics concernent la petite enfance ?
On nous parle de faire du lien avec le multi accueil des « petits loups », or combien d’enfants du Mont-gaillard sont accueillis en crèche dans cette structure ?
Aujourd’hui, les écoles profitent de cette proximité maternelles/élémentaires pour travailler ensemble, pour habituer les enfants de moyennes et grandes sections à venir en élémentaire. Des partenariats sont mis en place comme par exemple la moyenne section et le CE1 sur des projets précis (initiation à la géométrie et à l’art grâce à des puzzles)
Nous sommes inquiets de l’effet qu’un tel regroupement aura sur nos enfants. 400 enfants de 6 à 12 ans regroupés ensemble, cela va engendrer des incivilités et de la violence. Comment un enfant de 2 à 6 ans va vivre le fait de se retrouver au milieu de 325 copains. De plus la scolarisation des 2 ans est amenée à disparaître. Or nous sommes en ZEP, et cette scolarisation des 2 ans est indispensable, elle permet à des enfants de bénéficier d’apprentissage qu’ils ne peuvent avoir à la maison, d’éviter des situations difficiles dans certaines familles.
En réponse, Madame DUFOUR nous annonce la création d’une classe passerelle, requalifiée ensuite de jardin d’enfants. Certes, ce genre de structure serait la bienvenue sur notre quartier, mais elle viendrait en complément de l’école à 2 ans pas en remplacement. Car une classe passerelle n’a pas vocation d’accueillir un grand nombre d’enfants et pas sur des journées/semaines complètes.
On nous promet pour la rentrée un maintien des 2 entités CARCO et KERGOMARD, mais tous les élus que nous avons vus nous disent qu’ils ne savent pas ce qui se passera après. Idem pour la route prévue à l’origine du projet, elle a été annulée mais pour combien de temps ?
Il faut aussi penser aux enfants de l’élémentaire qui vont vivre 2 déménagements successifs cette année pour préparer la rentrée prochaine. Pour certains d’entre eux, ces changements successifs vont être perturbants et vont les mener à un échec, sans compter les désagréments dus aux travaux (peinture, bruit, camions dans la cour, etc. etc.). De plus, l’ensemble des classes, ne pouvant pas être accueillies dans un seul bâtiment, une classe sera à la BCD, comment enseigner dans de telles conditions. De même, l’aide aux devoirs faites par l’AREC, ne pourra pas continuer, aucune salle n’étant disponible pendant cette période (qui va durer de février à juin).
Enfin, les parents ne pourront pas se trouver sur deux lieux à la fois. Les plus grands vont donc se trouver seuls pour aller à l’école et rentrer à la maison, sur des temps plus longs, puisque l’école sera plus éloignée. Que vont faire ces enfants ? L’ouverture en décalé annoncée n’est pas une solution, car elle impose de ne pas échanger avec le professeur de maternelle pour être à l’heure à l’élémentaire. Ce dialogue est pourtant important !!
Notre quartier a vécu des années difficiles, cela commençait à s’améliorer et là vous prenez le chemin à l’envers en créant une densité énorme sur des groupes scolaires alors que vous avez diminué cette densité au niveau des habitations parce que justement elle engendrait des problèmes au quotidien.
Monsieur MIGRAINE, en conclusion, nous ne sommes pas fermés à la discussion, nous demandons juste que ce projet soit mené correctement et en concertation avec nous. Nos enfants, même si nous sommes en ZEP, n’ont pas à être sacrifiés sur l’autel de la rénovation urbaine. Ce projet nous replonge 30 ans en arrière, je pensais que le but de notre société était d’améliorer les choses pas de les détériorer. Nous restons à votre disposition pour en parler de vives voix, mais quand vous faites ce genre d’article, mettez toutes les informations, pour que les gens puissent vous répondre en toute connaissance de causes et pas seulement avec les informations qui induisent la réponse que vous attendez.
Marjorie DUBOC
www.sauvezcarcokergomard.unblog.fr
sauvezcarcokergomard@yahoo.fr
Pourquoi, M Migraine, n'avez vous pas apporté ces réflexions, certes discutables, mais avisées et argumentées, lors du Conseil municipal, véritable organe de notre démocratie locale ? Pourquoi avoir cautionné ce mépris de vos alliés politiques ? Pourquoi n'avez vous pas ouvert un vrai débat ? Parents, enseignants, usagers de nos écoles ne souhaitaient que cela. De par votre attitude pleine de mépris, vous avez véhiculé une image déplorable de votre équipe municipale auprès de notre population néophyte de la vie politique au sens noble du terme . Et je préfère ignorer l'idée farfelue du complot socialo-communiste brandie par notre maire quelque peu dépassé et tellement décevant.
Chère Marjorie Duboc,
Je crois que l'article initial de Monsieur Migraine ne vise pas en particulier le cas des écoles du Mont-Gaillard. Je pense que son but est de soulever une question pour lancer le débat (ce qui est l'objet de blog). Effectivement, dans les projets annoncés de fermetures d'écoles havraises pour cause de réduction d'effectifs. Le cas du Mont-Gaillard semble le plus défendable (ceci, vu par le citoyen havrais qui ne connaît pas les dossiers dans leur totalité). D'autres exemples havrais affichent des effectifs qui laissent à penser qu'il n'est pas nécessaire de maintenir ces établissement. Maintenant pour une prise de position, il faudrait connaître les vrais chiffres en terme d'effectifs actuels, de potentialité des locaux et les réels projets de reconversion présentés par l'équipe municipale. Mais toute cette affaire ayant désormais pris une tournure politique, il est difficile d'avoir une vision objective. En effet, on entend beaucoup de brouhaha, ici et là, des articles sont parus dans la presse locale (et sur lehavrais.fr), un blog a été créé, l'opposition s'est emparée du dossier, mais malgré tout cela il n'est pas possible d'avoir une vision claire sur cette affaire.
Pour avoir une vision claire, il aurait fallu déjà que la Mairie agisse de façon transparente, ce qui n'est pas le cas.
En effet, les projets changent à chaque fois qu'on rencontre des élus.
Pour ce qui est de l'opposition, Monsieur RUFENACHT, n'ayant rien à dire d'autre, nous a accusés d'être manipulés. Un droit de réponse a été publié pour A FRANCE et devrait l'être pour nous (ce qui avait été refusé dans un 1er temps par la Presse havraise).
Nous n'avons jamais été manipulés, nous sommes ouverts au dialogue avec tous, la preuve en est, je propose à Monsieur MIGRAINE de le rencontrer.
Il faut aussi se dire que si le cas du Mont Gaillard est le plus défendable, il va concerner d'autres écoles bientôt puisque Monsieur DUVAL lui même a annoncé d'autres regroupements sur la ville prochainement.
Certes nous ne comprenons toujours pas l'intérêt de ce regroupement sur notre quartier, car même si des locaux sont récupérés, cela peut se faire sans créer des usines scolaires.
Mais la ville, enfin je dirais ses représentants politiques actuels, ne semblent pas voir le danger de regrouper ces enfants aussi massivement. Nous voulons juste être écoutés, et ainsi nous pourrons travailler en collaboration pour prendre en compte les réalités actuelles mais aussi et surtout préserver l'avenir de nos enfants.
Citation de Marc Migraine sur ce blog : "La carte scolaire : des voix à droite et à gauche se sont exprimées pour la suppression de la carte scolaire. J'y suis opposé dans l'état actuel de l'enseignement car cela aggraverait sévèrement la ghettoïsation de l'école.
En revanche, ce débat pose la question de la fuite d'élèves qui partent dans un établissement privé ou qui obtiennent une dérogation pour aller étudier dans un autre établissement public.
Pour éviter cette fuite, il faut que l'école de quartier réponde à la demande des parents, c'est à dire qu'elle s'adapte au niveau de l'élève."
Comme tout politique du MODEM, un coup à gauche, un coup à droite pour tenter de rester au centre. Navrant...
on attend toujours une réponse Monsieur MIGRAINE
Ce qui est navrant c'est de voir la réalité avec une grille politique ! et encore plus navrant quand cette grille est périmée.
Lorsque j'ai écris ce texte je ne me situe pas par rapport à des idées politiques. Je suis guidé par ce qui me semble bien pour les enfants.
En effet je pense que si l'école de quartier s'adaptait mieux au niveau de chaque élève ce serait plus profitable pour eux, les enseignants et la société. Je suis en faveur de classe de niveaux car c'est plus facile pour les enseignants d'enseigner dans des classes homogènes. Peu importe si certains élèves feront en 3 ans ce que d'autres font en 2 ans mais il faut à tout prix éviter que les élèves soient exclus du système scolaire car il sera trés difficile pour eux de s'en sortir dans la vie autrement.
Que vous pensiez que je puisse sur un sujet aussi grave que l'échec scolaire avoir des arrières pensées politiques me vexe profondément.
Marc Migraine