Archives mensuelles : novembre 2015

Air Liquide investit dans le captage de CO2 à Gravenchon

Air Liquide vient de mettre en service une installation de captage de CO2 d’une capacité de 100.000 tonnes l’an dans son usine de Port-Jérôme. Baptisé Cryocap, l’installation permet le captage de CO2 par procédé cryogénique. Ce procédé, cryogénique, « unique au monde », est moins coûteux que d’autres procédés de captage de CO2.
L’entreprise a investi 30 millions d’euros et bénéficié de soutien public au titre des « investissements d’avenir ». L’investissement réalisé permet d’extraire et de valoriser le CO2 qui était jusqu’alors rejeté dans l’atmosphère. Le CO2 est purifié et vendu à des clients de l’ouest de la France.

Latifa Ibn Ziaten et Emmanuel Macron : même combat

Je partage les analyses et les actions entreprises par le gouvernement depuis les  tragédies du bataclan et des terrasses du 11ème arrondissement de Paris vendredi 13 novembre.

J’ai toutefois, été, particulièrement, sensible à 2 propos exprimés cette semaine par :

  • Latifa Ibn Ziaten, lauréate, cette semaine, du prix de la fondation Chirac pour  son action en faveur des jeunes issus de l’immigration. Elle a expliqué au Président de la République les ravages que constitue la déscolarisation des jeunes issus (ou non) de l’immigration.
    Ce décrochage scolaire nourrit le désœuvrement, le désespoir et la délinquance et dont le remède n’est toujours pas apporté est une tâche sombre sur le blason de la France. C’est incompréhensible qu’aucune solution ne soit apportée à ce grave problème qui participe au « terreau » dénoncé samedi par le ministre de l’économie.latifa_macron
  • Emmanuel Macron, samedi 21 novembre, expliquait,  lors d’une intervention en conclusion de l’université du groupe social-démocrate baptisé « Les Gracques »,  que la société française devait assumer une « part  de responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le djihadisme a pu prospérer. voir verbatim ci-dessous.

J’écoutais, hier, une émission de radio où les intervenants évoquaient l’échec de la politique de la ville en France depuis 30 ans. Cette opinion partagée par bon nombre de nos concitoyens n’est qu’en partie exacte. Au Havre, la politique de la ville a été une réussite, il suffit de se promener dans les quartiers Nord-Ouest ou dans le quartier de l’Eure pour s’en persuader.
Alors pourquoi ce décalage ? Parce qu’améliorer l’urbanisme n’est pas la seule réponse à l’intégration  des habitants des quartiers défavorisés. Cette intégration demande une réforme de l’Education Nationale (pour éviter le décrochage scolaire) et du Code du Travail pour permettre aux employeurs de donner une chance aux jeunes qui ne sortent pas du moule scolaire français.
Pour des raisons idéologiques la France ne souhaite  pas faire ces réformes.

Les voix d’Emmanuel Macron et de Latifa Ibn Ziaten ont en commun d’être pragmatiques loin des préjugés et des vieilles rangaines surannées de l’égalitarisme républicain que les faits contre-disent tous les jours.  Je souhaiterais qu’ils soient plus souvent entendus par nos gouvernants.
voici quelques verbatims du discours d’Emmanuel Macron en conclusion de l’université du groupe social-démocrate baptisé « les Gracques ».
« Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s’installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n’y prenons pas garde, il les divisera plus encore »
, a-t-il prévenu.
« Nous avons progressivement abîmé cet élitisme ouvert républicain qui permettait à chacune et chacun de progresser. Nous avons arrêté la mobilité sociale ». 

« Je ne suis pas en train de dire que tous ces éléments sont la cause première du djihadisme. C’est la folie des hommes, et l’esprit totalitaire et manipulateur de quelques-uns. Mais il y a un terreau, ce terreau est notre responsabilité. »

« Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme se nourrit de la défiance que nous avons laissée s’installer dans la société. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n’y prenons pas garde, il les divisera plus encore », a-t-il prévenu.
M. Macron a lié les réformes qu’il a récemment défendues à la nécessité de« changer cette société en l’ouvrant ».

« Je pense que ce sont des fermetures dans notre économie, dans notre société, les pertes d’opportunité, les plafonds de verre qui sont mis, les corporatismes qui se sont construits qui à la fois se nourrissent de la frustration sur le plan individuel et créent de l’inefficacité sur le plan économique »

La France est-elle vraiment « not business friendly »

J’ai participé, aujourd’hui, à un déjeuner-débat organisé par un groupe énergétique multinational ayant une usine sur la zone industrielle  : il était question de compétitivité du territoire par rapport à d’autres territoires européens.

Les dirigeants de cette multinationale ne se sont pas plaints d’un coût du travail élevé où d’un manque de flexibilité mais d’une instabilité législative (concernant l’impôt sur les sociétés), de normes notamment environnementales appliquées avec plus de rigueur que dans les autres pays européens (pourtant soumis aux mêmes exigences) et d’une impression que les entreprises ne sont pas les bienvenues en France : « not business friendly« , citant un certain nombre de dispositions prises ou de phrases-chocs tenues par le gouvernement depuis 2012.

Les élus locaux de tout bord ont tenté de dissiper cette impression et je pense que nous avons convaincu la direction française mais serons-nous entendus de la direction centrale située à plus de 10 000 km ?

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Je crois que les dirigeants de culture anglo-saxonne ont une vision un peu erronée de l’économie française pensant que les propos du gouvernement représentent l’état d’esprit des français. En effet dans leur pays, le développement économique fait l’unanimité et les propos d’un ministre traduit le sentiment général, alors qu’en France au sein même de la majorité de gauche l’économie est un sujet de conflits permanents dont la politique économique du gouvernement est l’otage et le  reflet.

La traduction à l’étranger de cette politique est « not business friendly ».
C’est dommage car inexact quand on connait la capacité des français à entreprendre, à travailler et à prendre des risques et des initiatives.

Un grand merci à la direction de cette entreprise qui a permis à la douzaine d’élus présents de se rendre compte de l’importance du « business friendly« .