Archives mensuelles : octobre 2015

véhicules électriques : tout le colloque du Havre résumé

Dans le but de favoriser le développement du véhicule électrique, la ville du Havre et l’association AVERE France ont organisé, en association avec la codah,  un colloque sur l’électromobilité mardi 13 octobre au Musée Malraux.

vous trouverez ci-dessous quelques éléments intéressants que j’ai récolté lors de ce colloque centré essentiellement sur la voiture électrique :

La pratique de la voiture (non électrique) en France.

  • Distance moyenne quotidienne parcourue : 31 km. 50% des automobilistes font de 5 à 29 km/jour et 13% moins de 5 km.
  • « 1,2 personnes » en moyenne dans une voiture.
  • Le rendement d’un moteur thermique est de 40% (beaucoup de déperdition de chaleur) contre 70% pour un moteur électrique. Il faut préciser que la production d’électricité est d’un rendement de 40 à 50%.
  • 95% du temps d’une voiture est à l’arrêt (voiture ventouse).
  • 11 000 stations services essence sur le territoire français.

Quelques informations générales sur la voiture électrique :

  • 250000 véhicules électriques dans le monde dont 55 000 en France.
  • Le continent le plus dynamique est l’Europe et surtout la Norvège où la voiture électrique représente 15% des ventes.
  • La France représente le deuxième marché européen en croissance de 70% entre 2014 et 2015 avec une part de marché de 0,85%.
  • Consommation électrique. La recharge d’une voiture électrique est équivalente à la consommation d’un four à induction. Si 2 millions de voitures électriques circulaient la consommation électrique représenterait 1% de la consommation totale en France. en comparaison des ordinateurs, tablettes et téléphones représentant 12%.
  • Les véhicules électriques intégreront bientôt le smart grid avec un raccordement bi-directionnel au réseau électrique. Dans un sens pour la recharge aux heures creuses et de l’autre pour écrêter les pointes de consommation. les batteries des voitures électriques constituent un stock de puissance électrique.
  • la voiture électrique n’émet pas de CO2 mais sa fabrication et la production d’électricité nécessaire à son utilisation émet des émissions de CO2 : 2Ogr/km en France, 80 gr/km en Allemagne en fonction du mode de production de l’électricité : nucléaire, charbon, éolien etc… une voiture thermique émet 130 gr/km.

Le coût d’un voiture électrique :

  • le coût à l’achat est supérieur à celui d’une voiture thermique mais revient au même prix grâce aux différentes aides.
  • Aide de l’Etat de 6300€ (10 000€ si diesel > à 15 ans) et aide de la région Haute-Normandie de 5000€. Crédit d’impôt de 30% pour l’investissement dans l’infrastructure personnelle (prise murale extérieure).
  • coût de la recharge des batteries : 2€/100 km.
  • L’entretien se résume au changement régulier des pneumatiques et des plaquettes de frein.
  • les utilisateurs privilégient la location (l’usage) à l’achat (propriété).

Les impressions du public :

  • Le public souffre d’un manque d’information sur le véhicule électrique et d’une méconnaissance des aides de l’état.
  • 2 freins à l’utilisation de la voiture électrique : le prix à l’achat et le manque d’infrastructure de recharges.
  • L’essai est très souvent déclencheur. le conducteur apprécie le silence et la totalité de la puissance du moteur dès la 1er accélération.

Les recharges :

  • L’autonomie des véhicules est au mieux de 150 km (capacité de batterie 22kwh) en usage courant et devrait passer à 300 km (48 kwh) très prochainement.
  • 3 types de recharges : lente (8 heures-3kwh), semi-rapide (2h), rapide (1/2h).
  • 90% des recharges se font à la maison. 10% dans des bornes sur l’espace public (place de stationnement ou parking).
  • l’ADEME accompagne les pouvoirs publics (50 millions pour les incitations financières)(dont la ville du Havre) pour l’installation de 15 000 bornes en France dans les années à venir. Tandis que Bolloré a un programme d’installation de 16 000 bornes (150 millions €).
  • L’interopérabilité de la borne est en voie de résolution. En effet, devant une borne vous devez activer la borne (besoin d’une carte ad’hoc), et vous devez avoir la bonne prise électrique.
  • Batterie très fiable (garantie : 8 ans).

Le Vélo à Assistance Electrique : 80 000 vélos vendus sur 1 million en 2014.
Le Scooter électrique : démonstration d’un très bon scooter électrique lors du colloque. Autonomie de 100 km, des accélérations faciles. cliquez ici

Les Bus : la RATP prévoit de s’équiper en bus électrique avec 80% de sa flotte en bus électrique en 2027. l’autonomie des bus est de l’ordre de 150 km, insuffisant pour une mise en service, c’est pourquoi des recharges rapides aux stations sont envisagées.

Le Groupe Bolloré : Ce groupe de 11 milliards de chiffre d’affaire a des activités dans 3 domaines : le transport, les médias, le stockage d’énergie. Le groupe Bolloré vend des voitures, minibus et bus électriques et investit dans un réseau de 16000 bornes de recharges semi-rapide (indispensable pour rouler en bluecar !).

 

ADWEN confirme la création de deux usines au Havre

areva_eolien_dEn effet, La société Adwen (éoliennes en mer) a indiqué mardi à l’AFP que les permis de construire pour les deux usines qu’elle doit construire au Havre seront déposés au cours du premier semestre 2016.

Luis ALVARES,  Directeur Général d’ADWEN*s’exprimait ainsi les 6 et 7 octobre au salon normand des Energies Marines Renouvelables qui s’est tenu au Stade Océane du Havre :

« Dès la création d’Adwen, en mars dernier, nous avons repris les engagements contractés par AREVA lors des 2 appels d’offres en France.

Ces engagements concernent deux volets :

  • Le volet industriel, avec la création d’un cluster industriel au Havre, et le développement d’une filière sur le territoire pour les composants d’une éolienne Made in France,
  • Le volet R&D, avec un centre d’ingénierie et de R&D à Rouen. »

……. »notre objectif est d’être prêt à produire les éoliennes à partir de 2018 pour le champ de Saint-Brieuc dont la mise en service est toujours prévue en 2020, mais avec des machines de 8 MW. »

areva_eolien_b« Concrètement après avoir mené les études géotechniques sur le quai Joannès Couvert, nous avons sélectionné un consortium pour la maîtrise d’œuvre de nos deux usines havraises (pour la fabrication de pales et de nacelles). »

……..Cette étape est importante à double titre :

  • Ce consortium préparera l’implantation détaillée des usines et les dossiers des permis de construire
  • Ce projet de maîtrise d’œuvre que nous engageons, ce sont plusieurs millions. Nous signerons sa première phase dans les prochains jours et nous la signerons avec un consortium composé d’Egis, Auxitec et Enia Architecte.

En ce moment même nos équipes industrielles sont ici au Havre et rencontrent le GPMH pour avancer avec la maîtrise d’œuvre.

 Côté R&D, nous avons développé de premiers outils de modélisation dynamique ARDEMA avec le CORIA et l’INSA. Début octobre, nos équipes Ingénierie et R&D seront pour 2 jours à l’INSA à Rouen, dans les laboratoires du technopole du Madrillet afin de creuser d’autres opportunités de collaboration pour les années à venir.

[…]

Voilà l’état des dernières avancées de notre développement en Normandie. Je sais que certains trouvent le temps de l’industriel long mais c’est en prenant le temps de bâtir les bonnes usines au bon endroit que nous pourrons assurer leur pérennité. Les 750 emplois qui seront mobilisés ici au Havre sur le cluster industriel, comme la centaine de postes de recherche  visés à terme sur le centre de Rouen doivent s’inscrire dans la durée.

* Adwen est une co-entreprise, créé en mars 2015,  détenue à parts égales par AREVA et Gamesa (le spécialiste espagnol de l’éolien), spécialisée dans l’éolien en mer (ou offshore).Pour en savoir plus cliquez ici

Exemple concret d’écologie industrielle sur la zone économique du Havre

 

L’objectif de l’écologie industrielle est de favoriser l’émergence de synergies entre les entreprises de sorte qu’elles réutilisent entre-elles, ou avec les collectivités, leurs résidus de production (vapeurs, eau, déchets…) ou encore que leur consommation d’énergie soit plus intelligente (gestion intelligente de leur potentiel électrique).

C’est se qui se passe entre l’usine de retraitement des déchets de la CODAH (Ecostu’air) et l’entreprise sucrière Tereos.

Le réseau de vapeur reliant les usines Ecostu’air et Tereos en fonctionnement début juillet est un bon exemple de cette écologie industrielle. Ainsi un pipeline transporte sur trois kilomètres la vapeur produite par l’usine de traitements de déchets située à Saint-Jean-de-Folleville vers l’entreprise sucrière située à Lillebonne où elle est transformée pour être utilisée comme énergie pour la production d’éthanol et d’amidon.
La production de vapeur (330 000 MWh) permettra de couvrir les deux tiers des besoins énergétiques de Tereos.Ce projet de valorisation, d’un coût de 18 millions d’euros, a pour objectifs de réduire les émissions de gaz à effet de serre, c’est également « un exemple concret d’économie circulaire à l’échelle d’un territoire ».
Ecostu’air produit également par cogénération 27 500 MWh d’électricité pour sa propre consommation.