Archives mensuelles : mai 2015

Quel air sort des pots d’échappement de nos voitures ?

pot_echappementAir-Normand estime la part des transports dans les émissions de PM10 et de PM2,5 respectivement à 23% et à 28% en Haute-Normandie sur l’année 2014 des émissions totales.

les pots d’échappements de nos voitures (diesel ou essence) émettent 4 polluants :

  • Des particules fines (PM10 ou 2,5).
  • des oxydes d’azote
  • du monoxyde de carbone
  • des Hydrocarbures.

Le CO2 n’est pas pris en compte car il n’affecte pas la santé. Notons que la faible consommation des moteurs diesels leur permet de moins émettre de CO2 : c’est mieux pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Ces polluants sont soumis à des normes Européennes dites « Euro » depuis 1991, numérotées de Euro 0 à Euro 6 pour les voitures particulières et de Euro I à Euro VI pour les véhicules commerciaux. La norme Euro 5 en vigueur depuis 2011 sera remplacée pour les véhicules particuliers en septembre 2015 par la norme Euro 6. Cette norme est déjà en vigueur depuis le septembre 2014 pour les véhicules utilitaires :

 selon le site argus.fr Euro IV (01/01/05) Euro V (01/01/09) Euro VI (01/09/14)
Essence Diesel Essence Diesel Essence Diesel
Oxydes d’azote(NOx) 80 250 60 180 60 80
Monoxyde de carbone(CO) 1 000 500 1 000 500 1 000 500
Hydrocarbures(HC) 100 100 100
HC + NOx 300 230 170
Particules (PM10 et 2,5)   25 5 5 4,5 5

L’analyse de ce tableau montre que, pour les moteurs diesels, la norme Euro 5 (2009-10) a divisé par 5 les émissions de particules fines et la norme Euro 6 (2014-15) divise par 3 les émissions d’oxydes d’azote et par 2 les émissions de monoxyde de carbone.
Ainsi un véhicule particulier diesel rejetait en 1960 : 1200 mg/km, contre 30 mg/km en 1998 et « moins de 1mg/km » en 2011.

Ces améliorations considérables doivent être tempérées par le temps de renouvellement du parc automobile : 25 à 30 ans en France. Ainsi les diesels les plus polluants (< l’an 2000) représente 27% du parc en circulation (19 millions de véhicules). De même ces résultats sont obtenus dans des conditions optimales de conduite probablement différentes de la conduite en ville.

Dans les villes européennes, la part de la voiture dans la concentration atmosphérique en particules fines est prépondérante et rend particulièrement efficaces les politiques visant à interdire les véhicules les plus polluants des centre-villes. Plus de 200 villes européennes ont pris de telles mesures. La France adepte depuis 2012 d’une politique écologique « non punitive » refuse d’adopter des solutions efficaces comme le dénonce le journal Le Monde du 14 decembre 2013 : « Décidée par le gouvernement de François Fillon en 2010, la création de « zones d’action prioritaires pour l’air » dans huit agglomérations avait été avortée en septembre 2012 par Delphine Batho ». « La ministre de l’écologie avait alors annoncé un « plan d’urgence », sans ambition, qui reposait principalement sur des plans locaux de protection de l’atmosphère insuffisamment contraignants. »

Canal Seine-Nord : le libéralisme non assumé du gouvernement

peniche_conteneursb_blogJ’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’interview dans la presse normande d’Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports. Il indique, non sans raison, que le canal Seine-Nord offrira une « belle opportunité » aux ports du Havre et de Rouen leur permettant de « renforcer leur compétitivité en leur donnant la possibilité d’attirer de nouveaux trafics maritimes à destination du cœur de l’Union Européenne« .

Si le gouvernement assumait cette politique vis à vis du Port du Havre et de Rouen, alors il agirait pour rendre les ports de l’axe seine plus compétitifs, certes par de nouvelles infrastructures, mais également en incitant à réduire les dépenses de fonctionnement des GPMH et GPMR, tout en introduisant de la concurrence dans les services portuaires. Ces 2 actions permettraient de réduire les frais portuaires, de gagner en compétitivité et de transformer effectivement le canal Seine-Nord en « belle opportunité » pour les ports de l’axe seine.

Il n’est pas trop tard pour agir dans ce sens et de faire des Ports de la Seine des Grands Ports Conquérants ne craignant ni la concurrence d’Anvers ni celle de Rotterdam.

Un exemple d’écologie industrielle sur la Zone Industrielle du Havre

edf_bInformation lue dans le magazine : « L’Usine Nouvelle » à propos de l’usine Sedibex, opérée par la Société pour l’élimination des déchets industriels (Semedi), une société d’économie mixte détenue par des industriels du Havre (Seine-Maritime). En plus de sa fonction de destruction de déchets, le site produit déjà de l’électricité et de la vapeur pour les industriels locaux. Prochainement, un cap va être franchi. La Semedi a confié à Veolia le soin de récupérer le CO2 des fumées d’incinération, de le purifier et de le distribuer à des industriels qui l’utilisent dans leur process.