Archives mensuelles : août 2014

Les conséquences du changement climatique

Le changement climatique c’est un peu comme la dette de la France : on en parle beaucooursbanquiseup, il est convenu de s’en inquiéter et à force on en oublierait presque les conséquences.
C’est dans le fascicule « changement climatique » de l’ADEME que j’ai lu les conséquences du changement climatique.

La concentration de CO2 dans l’Atmosphère est passée de 270 parties/million à 400 aujourd’hui
Hausse température :
+0,74 C°
(+1 C° T en France)  
Température moyenne planétaire entre 1906 et 2005. Les périodes caniculaires se multiplient et la surface de la Terre soumise à des températures extrêmes est passé de 1% à 10%. Si la concentration en CO2 double d’ici 2100 la hausse de T° sera de 1,5° à 4,5°.

Pour limiter la hausse des températures en dessous de 2° les émissions de gaz à effet de  serre devraient être de 50% inférieures en 2050 à celles de 1990. Afin de permettre la croissance des pays en voie de développement, l’effort des pays développés devra être non pas de 50% mais de 80 à 90% en 2050 ou de 20 à 30% en 2020.
source : conférence du Pr Yves tiberghien – 8 avril 2014-campus Europe-Asie de Sciences-Po le Havre.

Modification du régime des pluies (augmentation de l’évaporation de l’eau modifiant les précipitations dans de nombreuses régions) : plus de précipitations au Nord des Amériques, de l’Europe et de l’Asie.
Plus de période sèche sur la zone méditerranéenne, sahel, Afrique du sud et Asie du sud. La réduction du débit des fleuves est susceptible de perturber l’activité des centrales nucléaires et à charbon.

Augmentation d’événements climatiques extrêmes par la perturbation de la circulation des masses d’air modifiant le régime des vents et le climat.

 Montée du niveau des Océans :
+3,4 mm/an depuis 1993. soit 59 cm d’ici la fin du siècle (sans prise en compte de l’accélération de la fonte des calottes glacières). 1 mètre selon le scénario le plus pessimiste. La Fonte des glaciers d’altitude sur tous les continents et la fonte des glaces au Groenland et en arctique (perte de 30% de sa surface depuis les années 80) sont responsables de ce phénomène qui entraînera la disparition d’Iles du pacifique et des Maldives.

Acidification des océans :

Depuis 1750 le PH de l’océan est passé de 8,25 à 8,14 : en se chargeant de CO2, (le CO2 se dissous dans l’eau) l’eau de mer s’acidifie. La rapidité de ce phénomène est inédite. Baisse du carbonate de calcium entraînant une perte de certains végétaux, de plancton, d’animaux et de leur squelette (coraux). Leurs pertes pourraient perturber la chaîne alimentaire de nombreuses espèces.

Cycles végétatifs accélérés : vendanges de + en + tôt.
Espèces animales perturbées : pas d’adaptation de certaines espèces / modification de l’implantation de certaines espèces.

sortie de l’euro : un saut sans parachute !

euroUn récent sondage indiquait que plus de 85% des français ne font pas confiance au gouvernement pour rétablir la situation économique du pays.
Effectivement le gouvernement apparaît tétanisé par l’ampleur de la crise et prisonnier du discours économique, démagogique, du candidat Hollande et de la gauche avant 2012.
Il fait des annonces, dont certaines vont dans le bon sens, mais aucune mesure économique concrète n’est appliquée depuis 2 ans et 6 mois.
Le débat politique devient surréaliste quand des députés frondeurs demandent le changement d’une politique qui n’est qu’annoncée sans être jamais appliquée !

Face à ce désarroi  des français, à l’incapacité du gouvernement, l’extrême droite comme l’extrême gauche, jouant sur la nostalgie des français, prônent la sortie de l’Euro et le retour  au Franc. Il me semble que cette idée fait son chemin dans l’opinion.
Pour mieux réfuter cette idée,  je me fais l’écho de ce très bon article du journal le Monde de Gérard FONOUNI,  professeur d’économie, qui étudie les avantages et inconvénients d’une sortie de l’Euro.

Morceaux choisis :

Les inconvénients de l’Euro

« L’euro a ceci de particulier qu’il ne fonctionne bien que lorsque la conjoncture économique est bonne. Inversement il se fissure dès que des difficultés économiques surviennent, faute d’ajustement mutuel entre les Etats de la zone euro ».

« Le fonctionnement de la zone euro tel qu’il a été pensé à la suite du traité de Maastricht a atteint ses limites : un taux de change unique pour tous, n’est possible que si les situations économiques des membres de la zone euro sont identiques. »

« dès l’instant où l’hétérogénéité de départ n’a pas été corrigée, il n’a jamais été possible de  mettre en œuvre des politiques monétaires expansives en cas de ralentissement de l’activité économique, ni à l’inverse, de freiner l’activité économique dans des situations de surchauffe. »

« A défaut de pouvoir utiliser le levier monétaire à leur guise pour dévaluer leur monnaie, les Etats membres de la zone euro sont contraints de recourir à des dévaluations sociales  pour améliorer leur compétitivité. De telles restrictions sociales ne font qu’aggraver les inégalités et ne font que freiner davantage la demande intérieure des Etats en question.
Elles retardent d’autant la reprise économique et accentuent la montée du chômage. L‘euro a donc une part de responsabilité tant dans la faiblesse des remèdes utilisés pour lutter contre la crise actuelle que dans la mise en œuvre de politiques de rigueur. »

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Les conséquences d’un retour  au Franc

Dévaluation immédiate ….. et successive du franc

« Sortir de l’euro provoquerait une dévaluation immédiate du franc, ce qui renchérirait le prix de tous les biens importés, ces biens qui représentent aujourd’hui plus du tiers du produit intérieur brut (PIB). »

Renchérissement des biens importés – effondrement  de la consommation – explosion du chômage

« Cela provoquerait ainsi un appauvrissement généralisé, notamment des plus modestes et la consommation s’effondrerait durablement. A défaut de consommation intérieure, les entreprises licencieraient en masse, le chômage exploserait et les inégalités sociales se creuseraient. En outre, ce retour du franc dévaloriserait considérablement l’épargne des agents économiques. »

Ruine des épargnants – chute de l’investissement dans les entreprises

« Cette ruine des épargnants pénaliserait sévèrement les investissements et les entreprises asphyxiées par le crédit crunch fermeraient en masse. Face à ce risque économique généralisé, il serait illusoire de croire que la relance des exportations pourrait sauver notre économie. La baisse des tarifs des exportations liée à la dévaluation du franc serait doublement annulée par le renchérissement du coût des matières premieres importées et par l’inflation vertigineuse à laquelle notre économie devrait faire face. »

Climat de défiance économique et  rétablissement des barrières protectionnistes

Les dévaluations successives ….. »créeraient un climat de défiance nocif pour les échanges et pour la croissance économique. Ils conduiraient rapidement au rétablissement de barrières protectionnistes entre les Etats européens ayant quitté la zone euro. »

Alourdissement de la dette – augmentation des taux d’intérêt – fuite des capitaux

« L’instabilité monétaire provoquée par la sortie de l’euro, alourdirait la dette extérieure qui est libellée en euros, et qui et de fait, n’attirerait plus les investisseurs. La crainte d’une accélération de l’inflation ferait monter les taux d’intérêt et renchérirait le coût de la dette publique. »

« La fuite des capitaux deviendrait inévitable, l’investissement s’effondrerait et la perte de confiance dans la monnaie obligerait à des augmentations drastiques des taux d’intérêt qui empêcheraient tout retour rapide de la croissance. »

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« Pourtant si quitter l’euro est une voie périlleuse pour notre économie, y rester en l’état est aussi dangereux. L’euro souffre d’un déficit « d’Europe » et d’une absence de gouvernance économique collective. Une monnaie unique, suppose de franchir les étapes de l’intégration fiscale, budgétaire et sociale. » « Ces étapes ont toujours été repoussées pour finalement ne jamais se  réaliser et ce alors même, qu’elles permettraient de renforcer l’homogénéité des pays européens et de les rapprocher. Cela n’est jamais allé au-delà des mots. La crise a révélé cet inachèvement. »

Il est donc urgent de relancer  le processus d’intégration européen.

Coup de froid sur le transport combiné

peniche_conteneursb_blogL’annonce de la baisse des aides  »au coup de pince », ces subventions versées aux opérateurs de transport combiné pour compenser des coûts d’activité élevés, a eu l’effet d’une bombe dans le milieu du transport fluvial de conteneurs.
Ramenée de 18 à 6 euros en 2013, cette aide pourrait à terme disparaître. Xavier Rose, chef de ligne pour l’activité fluviale chez Marfret, l’un des trois opérateurs fluviaux en place au Havre avec CFT et CMA CGM commente la situation , dans la presse havraise : « La situation est devenue très difficile. Nous sommes confrontés à plusieurs problèmes. En plus de la réduction de l’aide, nous n’avons encore rien touché en 2014 pour l’exercice 2013. Et nous n’avons pas de perspective sur les éventuels efforts financiers de l’État pour cette année », Les opérateurs dénoncent fermement une différence de traitement entre les modes de transport, ils dénoncent le fait de devoir supporter les coûts de manutention, à la différence du rail ou de la route.
Sur les six premiers mois de l’année, le trafic conteneurs à l’écluse de Tancarville est en recul de 9,15%.